Accueil Opinions Chroniques

Zemmour-Mélenchon: quand l’extrémisme devient la normalité

La campagne présidentielle de 2022 est bel et bien lancée. Et pour l’heure, Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon occupent une place démesurée dans l’espace médiatique.

Article réservé aux abonnés
Chroniqueur Temps de lecture: 3 min

Imaginez cela : en prélude aux élections législatives belges, une chaîne de télévision en Belgique organise deux heures et demie de débat entre un néo-bolchevique et un néofasciste, à l’exclusion de toutes les tendances plus modérées du spectre politique. Le scandale serait considérable et les protestations tonitruantes.

Or nous venons, en France, de vivre un tel événement sans, qu’apparemment, cela ne choque qui que ce soit. Eric Zemmour y affrontait Jean-Luc Mélenchon. L’un qui est structurellement candidat à la présidence de la République, l’autre qui l’est potentiellement. L’un qui se réclame de Charles Maurras, l’autre de Léon Trotski. La modernité en marche. L’un, Mélenchon, qui s’insurge contre le système dont il est devenu un pilier, l’autre qui stigmatise une pensée unique dont il est en train de devenir l’un des omniprésents représentants.

Cet article est réservé aux abonnés

Découvrez la suite, 1€ pour 1 mois (sans engagement)

J'en profite

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

31 Commentaires

  • Posté par CLAUDINE SOHIER -STUAERT , jeudi 30 septembre 2021, 21:29

    Il me semble, très modestement, n'étant pas politologue mais une personne qui suit la politique avec intérêt, que le fait de mettre Zemmour en évidence fait le jeu de la droite classique, de Macron ou des Républicains. Car Zemmour divisera l'extrême droite, un point positif selon moi, et donc nous aurons au second tour soit une Marine Le Pen affaiblie, soit un Xavier Bertrand (LR) ragaillardi face à Macron qui a absorbé les socialistes, maintenant devenus hélas quasi inexistants. Et donc, la République sera de toute façon dans les mains de la droite. Mélanchon a déçu dès le second tour dernier, laissant planer le doute quant à sa position pour ou contre Marine Le Pen. Zemmour fait donc le jeu de la droite classique. C'est sans doute la raison d'un tel écho pour Zemmour dans les médias en France, ceux-ci étant quasi tous du côté conservateur.

  • Posté par Beckers Jean, mercredi 29 septembre 2021, 16:07

    Jean-François Kahn, vous qui avez très souvent un point de vue à la fois sortant du commun et intéressan-décapant, là pour le coup vous êtes décevant. Mettre sur le même pied d'extrémisme ce clown fasciste de Zemmour, d'une part, et Mélenchon d'autre part, que vous qualifiez de "trotskyste", c'est inepte. D'abord parce que Mélenchon a rompu avec le trotskisme depuis bien longtemps càd depuis 1976. Et qu'être trotskyste dans sa jeunesse n'est pas une "faute" irréparable. Jean Gol (vice-premier libéral de droite) fut marxiste, Lionel Jospin aussi... Mélenchon est par ailleurs adhérent aux valeurs humanistes (démocratie, égalité hommes-femmes, anti-racisme, etc). Je trouve qu'il n'y a pas photo entre un homme qui veut expulser-déporter de France des millions de musulmans, et un homme qui nous parle de la créolisation de la France et du monde, vue comme un plus pour nos sociétés.

  • Posté par Surmont Willy, jeudi 30 septembre 2021, 11:29

    Je n'aime pas prendre position dans ce genre de débat. Mais je me suis rendu à Molenbeek la semaine passée, et, tout à fait par hasard, j'y ai assisté à une arrivée de patrouille de police aussitôt repérée et caillassée par des individus dont je ne citerai pas l'origine. Alors, de deux choses l'une, ou on fait cesser ce genre de dérive de non droit par des forces de l'ordre plus fermes et incisives, ou on épouse les idées d'un Zemmour faute de mieux!

  • Posté par collin liliane, mercredi 29 septembre 2021, 12:12

    Pour tenter de comprendre (et ce n'est pas facile) qui est Mélenchon: "La République laïque de Jean‑Luc Mélenchon : un débat qui fracture la gauche et bien plus encore"

  • Posté par Leiva Castro Yvan, mercredi 29 septembre 2021, 10:53

    Monsieur Kahn. Je pense que vous prenez le problème à l'envers. Ce n'est pas leur omniprésence qui est problématique, mais plutôt le fait que si on leur a confié un tels quasi-monopole, c'est parce qu'il y a de plus en plus de gens qui partagent leurs opinions. On ne met pas à un débat politique à une heure de grande audience si on est certain de faire un flop ; d'ailleurs l'audimat a été démentiel pour assister aux échanges de Mélenchon et de Zemmour. Et l'autre problématique, c'est que si ces gens se tournent vers ces deux hommes politiques, c'est parce que l'alternative, plus politiquement polissée, est absolument molle et insipide. Il y avait un autre débat politique sur une chaîne concurrente au même moment que le débat Mélenchon/Zemmour : on aurait dit une discussion de comptables autour de sujets a mille lieues d'enflammer les foules. A vrai dire, la présence médiatique de Mélenchon et Zemmour ne sont pas le problème, ils ne sont qu'un symptôme du problème.

Plus de commentaires

Aussi en Chroniques

Chronique Carta Academica sur l’ouverture du droit et de la justice: où en est-on? Où va-t-on?

Tous les samedis, « Le Soir » publie la chronique d’un ou plusieurs membres de Carta Academica. Cette semaine : si la France commence à digitaliser ses décisions de justice, la Belgique est à la traîne. Pourtant, depuis 2007, la banque de données juriDict offre un accès gratuit et ouvert à la jurisprudence du Conseil d’Etat, en ayant recours à des logiciels libres qui garantissent l’indépendance de la juridiction vis-à-vis des tiers. Cet exemple illustre quelques enjeux essentiels pour nos démocraties.

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs