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Pénurie d’essence au Royaume-Uni: le gouvernement appelle l’armée à se tenir prête

Les Britanniques, inquiets, se sont rués dans les stations-service.

Temps de lecture: 4 min

Le Royaume-Uni a demandé lundi à son armée d’être prête à venir en aide dans la crise des carburants en cours dans le pays, après un week-end où les Britanniques inquiets se sont rués dans les stations-service, en en laissant beaucoup à sec.

« Un nombre limité de chauffeurs de camions-citernes militaires doit être prêt à intervenir et déployés si nécessaires pour stabiliser l’approvisionnement en carburant », a déclaré dans la soirée le ministère de l’Energie dans un communiqué.

Les pénuries d’essence au Royaume-Uni se sont encore aggravées lundi, toujours sous l’effet d’« achats de panique » d’automobilistes inquiets.

Partout à travers le pays, les panneaux « plus d’essence » ou « hors service » se multiplient près des pompes à essence, avec notamment environ 30 % des stations du géant BP touchées par des pénuries de carburant.

Certains médias britanniques ont publié des vidéos de conducteurs à cran en venant aux mains près des pompes, par peur de tomber en panne ou de ne pouvoir aller travailler.

Si les organisations médicales sonnent l’alarme sur les difficultés des soignants à se déplacer pour aller voir leurs patients, certaines écoles envisagent de repasser en enseignement à distance si le problème persiste.

Selon la PRA, l’une des associations de distributeurs de carburants, jusqu’aux deux tiers de ses membres (5.500 sites indépendants sur un total de 8.000 stations dans le pays), étaient à court de carburant dimanche, « les autres presque à sec ». Mais l’association dit s’attendre à « un possible relâchement de la demande et une normalisation des stocks dans les jours à venir ».

Lundi, les représentants du secteur ont de nouveau voulu rassurer en affirmant qu’il y a « plein de carburant dans les raffineries britanniques ».

La situation rappelle des rationnements d’essence pendant la crise énergétique des années 70, ou un blocage des raffineries qui a paralysé l’activité du pays pendant des semaines au début des années 2000.

La crise a démarré en milieu de semaine dernière après qu’un rapport confidentiel de BP au gouvernement a fuité, décrivant quelques dizaines de stations-service qui fermaient par manque de carburant, comme l’a regretté un représentant de la PRA.

Des achats de panique se sont aussitôt emballés à travers le pays et une majorité de stations-service sont à présent concernées.

Les pénuries d’essence ou diesel sont initialement dues au manque de chauffeurs de camions pour l’acheminer des terminaux de stockages vers les pompes.

Le problème touche aussi les rayons des supermarchés, les fast-foods, les pubs, les marchands de vélos, entre autres, qui déplorent des retards de livraisons et stocks épuisés sur certains produits.

Visas provisoires

Le manque de chauffeurs routiers dure depuis plusieurs mois à cause de la pandémie et du Brexit combinés, le parti travailliste accusant le gouvernement conservateur de Boris Johnson de s’être « endormi au volant » et ne pas être intervenu avant.

Les confinements ont incité certains conducteurs européens à rentrer dans leur pays, et des dizaines de milliers d’autres n’ont pu passer leur permis poids lourds à cause des centres d’examens fermés pendant des mois.

Le Brexit complique par ailleurs les procédures migratoires là où les travailleurs européens circulaient auparavant librement.

Le gouvernement nie toutefois l’impact du Brexit dans la crise actuelle, affirmant que les pays européens aussi font face à des pénuries de chauffeurs, mais la fédération britannique du transport routier en fait l’une des causes principales du problème, d’après un rapport publié le mois dernier.

En quête de solutions, Londres s’est résolu samedi à amender sa politique d’immigration post-Brexit et à accorder jusqu’à 10.500 visas de travail de trois mois pour pallier le manque de conducteurs de camions mais aussi de personnel dans des secteurs clés de l’économie comme les élevages de volailles.

La fédération British Poultry Council salue ces mesures mais espère que ce ne sera pas « trop peu trop tard ».

BP pour sa part avertit qu’il faudra « du temps au secteur pour renforcer les livraisons et reconstituer les stocks ».

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6 Commentaires

  • Posté par Bauduin Dominique, mardi 28 septembre 2021, 14:02

    Les Anglais vont sentir les effets du Brexit de plus en plus fort. Plus ils s'enfermeront sur leur île, plus ils vont souffir et c'est à la limite tant mieux pour l'Europe des 27 qui va enfin comprendre l'intéret de rester ensemble! Un autre souci est l'Irlande du Nord dont certains party unionistes demandent la remise en place de la frontière entre les deux irlandes, malgré le fait qu'il n'y a pas de files de voitures devant des pompes à essence vides en Irlande... Aussi la City de Londres qui a perdu son accès au marché juteux de l'Europe Continentale... Sans parler des importations et exportations de produits frais entre l'Europe Continentale et l'UK, fortement ralentie... Mais l'Angleterre en a vu d'autres (la guerre...) mais à quel prix cette fois-ci? C'est le petit peuple qui va payer pour les folies des reveurs de l'ex Empire Britannique.

  • Posté par Van Wemmel Thierry, mardi 28 septembre 2021, 0:49

    Le Brexit va faire plus pour l'UE-27 que 40 ans de pubs de la Commission ... Le Brexit est une véritable catastrophe et depuis Mai, la question est de savoir sur quel écueil la barque folle du gouvernement va se briser. Sera-ce celui-ci ? J'approuve en tout cas la politique de modération européenne en la matière. Les "Brexiteurs" ont tout tenté pour détourner l'attention de la vraie cause : l'UE (of course), les Remainders, les patrons britanniques (si si), le Covid (évidemment), Theresa May et même une décision prise en 1999 par Tony Blair (alors qu'ils sont au pouvoir depuis 10 ans !).

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