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Bande dessinée: Blake et Mortimer de A à Z, 75 ans d’aventure racontés dans un Hors-Série

Un Hors-Série du « Soir » et du « Monde » vous livre les clés de l’aventure éternelle d’Edgar P. Jacobs à l’occasion des 75 ans de Blake et Mortimer.

Chef du service Culture Temps de lecture: 4 min

De « A » comme Atlantide, à « Z » comme Z’ong, le savant fou au service de l’empereur mégalomane Basam Damdu, en passant par « O » comme Olrik et Opéra, ou « M » comme Marque jaune, le Hors-Série anniversaire du Soir et du Monde célèbre les 75 ans de Blake et Mortimer au travers des aventures des deux héros et de leur créateur belge, Edgar P. Jacobs.

Quand l’auteur crée Blake et Mortimer, en 1946, la Grande-Bretagne incarne, aux yeux des Belges, la résistance acharnée à la barbarie. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Blake et Mortimer se posent en défenseurs de la liberté et des valeurs humanistes de l’Occident. Mais pour mettre des visages sur ses héros, Edgar P. Jacobs ne prend pas pour modèles de vrais Anglais. Il trouve l’inspiration parmi ses proches.

Philip Mortimer a le visage de « l’Ami Jacques », son copain de l’Ecole nº1 devenu, en 1946, le premier rédacteur en chef du journal Tintin . L’ami en question, Jacques Van Melkebeke, n’a pourtant rien d’un exemple de moralité. Sous l’Occupation, il s’est compromis en signant dans un journal emboché. Edgar, dont le frère, André, a été tué par les Allemands dans la bataille du fort d’Eben Emael, lui a pardonné ce moment d’égarement, tant la violence de la guerre comme de l’épuration lui répugnent. Francis Blake épouse le visage d’un autre fidèle, Jacques Laudy, rencontré à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles et pionnier, lui aussi, du journal Tintin . Quant à Olrik, colonel apatride et ennemi héréditaire de Blake et Mortimer, il n’est autre qu’un double de papier de l’auteur, dont l’œuvre tout entière sera placée sous le signe de la damnation de Faust…

Pouvoir d’anticipation

Pour la forme, Edgar P. Jacobs prétendra avoir choisi pour héros des sujets de « Sa Gracieuse Majesté » en raison du légendaire humour anglais, qui « détend et fait passer plus aisément les moments dramatiques ». D’humour, il y en aura cependant fort peu de traits dans Le Secret de l’Espadon , à l’exception de la scène où Blake et Mortimer épuisent les réserves de gin et de whisky de l’Aile rouge subtilisée au colonel Olrik…

Ce qui distingue Edgar P. Jacobs de ses contemporains, c’est son pouvoir d’anticipation. Nourri de littérature anglo-saxonne, de H.G. Wells et de Conan Doyle en particulier, c’est un maître dans l’art de percer les secrets de la science et du futur. En 1946, l’Espadon, le sous-marin volant dont il a fait une arme absolue de la lutte contre la dictature, n’a rien d’un gadget de space opera. C’est une épure de technologie parfaitement crédible. Au point que l’U.S. Navy organisera, vingt ans plus tard, un concours doté de 100.000 dollars de prix, entre 44 constructeurs, en vue de la création d’un semblable sous-marin volant. Tel que l’auteur l’a défini, l’Espadon est « un avion supersonique télécommandé opérant à partir d’une base sous-marine, armé de fusées nucléaires tactiques » : une préfiguration du drone…

Après l’aventure fondatrice du Secret de l’Espadon , Blake et Mortimer vont s’intéresser avec la même prescience à l’archéologie dans Le Mystère de la Grande Pyramide , au contrôle du cerveau et de la pensée dans La Marque jaune , au destin interplanétaire de l’humanité dans L’Enigme de l’Atlantide , aux menaces du changement climatique dans S.O.S. Météores , à la relativité dans Le Piège diabolique , ou encore au clonage avec Les 3 Formules du professeur Sato

Septante-cinq ans après leur naissance dans le journal Tintin , le succès des héros d’Edgar P. Jacobs ne faiblit pas. Sous la plume de nouveaux scénaristes et dessinateurs belges, français ou hollandais, ils continuent de décrypter le monde pour tenter de le rendre meilleur. Leur créateur a quitté la scène en 1987 mais l’aventure qu’il a initiée est éternelle. Le Hors-Série du Soir vous en livre les clés.

Blake et Mortimer de A à Z, 75 ans d’aventures, Le Soir/Le Monde, 116 p.,  9,9 euros
Blake et Mortimer de A à Z, 75 ans d’aventures, Le Soir/Le Monde, 116 p., 9,9 euros

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3 Commentaires

  • Posté par Peeters Emile, samedi 2 octobre 2021, 15:30

    Bonjour, Je ne parviens pas à trouver un exemplaire de Blake et Mortimer de A à Z dans ma région. Pourriez-vous m'en envoyer un exemplaire ? Emile Peeters emile.peeters@skynet.be

  • Posté par Lespagnard Frans, jeudi 30 septembre 2021, 9:19

    De vrais héros ? Non, Blake n’a jamais dépassé le grade de commandant , un grade subalterne. Mortimer, même pas prix Nobel malgré tout ce qu’on lui attribue....Le seul vrai héros dans cette manipulation est l’agent introduit au sein du commandement impérial et qui avertit l’imminence d’une attaque mondiale...au prix de sa vie. Le seul vrai héros...Sans lui, pas d’Espadon, pas de résistance et pas d’aventures de nos deux protagonistes. Saluons bien haut cette figure !

  • Posté par Raymond Leruth, jeudi 30 septembre 2021, 8:46

    Bonjour !!! Jusqu'en 2014, Le Soir a assuré l'édition d'une série spéciale "Blake et Mortimer" (livres cartonnés avec tranche en toile rouge) reprenant toutes les aventures parues antérieurement . Peut-on espérer que cette série sera poursuivie pour les BD éditées depuis 2014 ? Cette question a peut-être été déjà posée . Merci d'avance . Bonne journée !

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