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Paris-Roubaix: chaos redouté sur les pavés de l’Enfer du Nord

Deux ans et demi plus tard, les forçats de la route retrouvent le pavé froid et humide de Paris-Roubaix. Cette version automnale de la reine des classiques risque de marquer le peloton au fer rouge.

Temps de lecture: 3 min

Près de 1.000 jours se sont écoulés depuis le sacre de Philippe Gilbert sur le Vélodrome de Roubaix. Le temps a parfois semblé se figer, au creux d’une crise sanitaire aux reflets étranges et inquiétants. La nature, elle, a heureusement continué à rythmer nos saisons, verdissant la pierre du nord, se répandant dans les interstices avec une générosité que les pluies d’un été pourri ont surmultipliée. Malgré les efforts consentis par ASO et Les Amis de Paris-Roubaix pour rendre les tronçons carrossables, la version automnale de la reine des classiques s’annonce dantesque. Les dernières éditions boueuses de la course remontent au début du millénaire (2001, succès de Servais Knaven, et 2002, victoire de Johan Museeuw), l’actuelle génération des forçats de la route n’a jamais connu de bagarre sous la pluie et dans la gadoue. Ce dimanche, elle sera à coup sûr servie, projetée à cinquante à l’heure sur un pavé gras et humide, rendu encore plus gluant qu’à l’habitude par les tracteurs qui arpentent les champs de betteraves. Paris-Roubaix en automne, c’est inédit, et cela change forcément les choses, a fortiori lorsque Dame Météo choisit de ne pas rester paisiblement le long du parcours.

Avant de quitter Compiègne ce dimanche, les 200 coureurs sauront déjà qu’ils devront affronter des routes copieusement arrosées par les pluies de la nuit précédente. Ils seront en outre poussés dans le dos par un fort vent du sud-ouest qui pourrait rendre la course encore plus folle, avant le premier tronçon de Troisvilles. « S’il pleut, ce sera le chaos », prévient Philippe Gilbert, qui est donc resté tenant du titre pendant deux ans et demi (édition 2020 annulée à cause de la pandémie, édition 2021 repoussée du printemps à l’automne pour les mêmes raisons sanitaires). Plus que jamais, il faudra tenir le haut du pavé, le seul segment à peu près acceptable, et tout faire pour éviter ces ornières boueuses et piégeuses à souhait. Dans ces circonstances exceptionnelles, voire extrêmes, les favoris auront besoin d’un solide instinct et d’un coup de pouce du destin pour sublimer leurs sensations athlétiques. Les qualités de pilotage seront vraisemblablement aussi déterminantes, ce qui renforce de facto les chances de deux champions hors-norme, dont on imagine mal qu’ils referment leur carrière respective, dans quelques années, sans avoir levé les bras sur le béton rosé de Roubaix. Difficilement dissociables, dans leur parcours en cyclo-cross puis dans cette quête de monuments des classiques, Wout van Aert et Mathieu van der Poel sont les favoris de cette 188e livrée de la course nordiste. S’il est tombé avec les honneurs, et sans dérobade, dimanche dernier au championnat du monde, le Campinois ne sait trop ce que ses jambes lui réservent, au bout d’une saison sans répit. Son pic de forme est-il irrémédiablement dépassé ? Possible mais le champion de Belgique, piqué au vif par les critiques de Remco Evenepoel cette semaine, veut partir en vacances sur une bonne note, au bout de sa classique préférée. Mathieu van der Poel sera, lui, en pays de découverte mais le talent, l’agilité et la grinta du Néerlandais sont tels que rien ne lui est impossible. Il leur faudra briser la puissante équipe Deceuninck – Quick Step (Sénéchal, Stybar, Asgreen, Lampaert), vaincre les Sagan, Van Baarle, Colbrelli, Stuyven, Pedersen, Kragh Andersen, Van Avermaet, Politt ou Mohoric, aux portes de l’Enfer.

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