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Expulsion d’un étudiant congolais: la procédure se poursuit, affirme l’Office des étrangers

Selon l’administration, les conditions d’entrée sur le territoire de l’étudiant congolais de l’UCLouvain n’étaient pas remplies lors de son arrivée à l’aéroport national.

Temps de lecture: 4 min

La procédure d’expulsion de Junior Masudi Wasso se poursuivra dans les prochains jours, a indiqué dimanche l’Office des étrangers (OE). Selon cette administration, les conditions d’entrée sur le territoire de l’étudiant congolais de l’UCLouvain n’étaient pas remplies lors de son arrivée à l’aéroport national.

Une première tentative d’expulsion a échoué jeudi. Il en a été de même dimanche. Une vingtaine de membres du comité de soutien étaient présents à l’aéroport pour sensibiliser les autres passagers à la situation de l’étudiant.

M. Wasso est enfermé depuis le 18 septembre. Son recours devant le Conseil du contentieux des étrangers a été rejeté. Il disposait d’un passeport et d’un visa en règle délivré par l’ambassade belge à Kinshasa mais la police a mis en doute les motifs de son voyage car il n’était pas en possession d’une preuve d’inscription effective à l’université, ni de la preuve qu’il disposait des moyens financiers pour séjourner en Belgique, a expliqué un porte-parole de l’Office. Un discours battu en brèche par la famille.

« Nous dénonçons une situation dramatique et un acharnement à l’égard d’un jeune qui dispose d’un visa étudiant parfaitement en règle », témoigne une membre du collectif de soutien à Junior.

Il s’agit de la deuxième tentative d’expulsion après un premier essai jeudi. En fin de matinée dimanche, le jeune homme a été ramené au Centre de transit Caricole où il est détenu depuis le 18 septembre. Une manifestation en son soutien est prévue lundi à 12h30 devant l’Office des Etrangers à Bruxelles.

L’UCLouvain a déjà dénoncé le sort réservé à Junior Masudi Wasso. Les recteurs et rectrices des universités francophones ont fait de même dimanche par voie de communiqué.

« Ils s’insurgent contre la volonté d’expulsion de cet étudiant et espèrent vivement que le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration (Sammy Mahdi, NDLR) fera usage de son pouvoir discrétionnaire pour permettre à Junior Masudi Wasso de poursuivre sereinement ses études en Belgique », a fait savoir le Conseil des recteurs (CRef)

Junior Masudi Wasso avait été admis à s’inscrire à l’UCLouvain. Manifestement en possession d’un passeport en règle et d’un titre de séjour valable, il a pourtant été interpellé par la police des frontières lors de son arrivée en Belgique et est retenu depuis dans un centre fermé en vue d’être expulsé du territoire. Les policiers qui l’ont interrogé ont jugé ses connaissances académiques insuffisantes, estimant dès lors le motif de son voyage suspect, rappelle le CRef.

Le Collectif de soutien à Junior précise que la sœur de l’étudiant réside et travaille en Belgique après y avoir fait ses études.

L’affaire a aussi été évoquée par le gouvernement congolais, rapportait Le Soir samedi. Le président Félix Tshisekedi a notamment condamné un « acte déplorable », exigeant la libération immédiate du jeune homme. Le président « insiste sur la nécessité de rappeler aux autorités belges d’assurer, par devoir de réciprocité, un meilleur traitement aux citoyens congolais qui arrivent sur leur sol, comme la République démocratique du Congo le fait pour les citoyens belges », a-t-il indiqué en conseil des ministres.

Dans l’opposition, Défi demande à M. Mahdi, de faire la lumière sur cette situation. Le député et président, François De Smet, interrogera le secrétaire d’Etat mardi en commission de l’Intérieur de la Chambre.

« S’il est exact qu’un visa ne donne pas d’accès automatique au territoire, ce cas pose question sur la manière dont la police aéroportuaire peut réduire à néant en quelques questions des documents aussi charpentés qu’un visa et une inscription universitaire », a-t-il souligné dans un communiqué.

Le PS bruxellois s’étonne également des motifs allégués par l’administration pour refuser l’entrée de l’étudiant en Belgique.

« Les raisons ’d’incohérences’ invoquées par l’Office des étrangers pour cette arrestation dans les réponses qu’il aurait apportées lors de son interrogatoire ne peuvent en aucune manière justifier la situation de détention actuelle et la deuxième tentative d’expulsion de ce jour », ont souligné les socialistes qui se joignent à l’appel des recteurs.

A la Chambre, le chef de groupe Ahmed Laaouej interrogera lui aussi M. Mahdi. Martin Casier s’adressera pour sa part à la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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11 Commentaires

  • Posté par Theys Jos, dimanche 3 octobre 2021, 19:18

    Les policiers, l'administration, le secretaire d'état et les autorités de recours se tromperaient. Je conseille aux activistes manipulateurs d'en faire une question raciste ou communautaire, et si cela ne fonctionne toujours pas, une manifestation des droit de l'hommistes peut aider.

  • Posté par J.-M. Tameyre, lundi 4 octobre 2021, 3:47

    Pour certains pays comme l'Algerie, seul l'OE est habilité à émettre des visas. Les demandes et les acceptations ou les refus passent par la valise diplomatique. Les représentations d'autres pays (dont la RDC ?), sans doute pour éviter les échanges de courrier trop fréquents ou accélérer les réponses aux locaux, ont le pouvoir d'émettre ou de refuser les visas localement mais l'OE garde le pouvoir discrétionnaire de s'opposer ensuite au visa émis. Compte tenu de la position constante l'OE sur ce dossier particulier et des vérifications pointues (un examen des connaissances académiques de l'étudiant et une vérification des pièces) effectuées à Zaventem, je présume que c'est ce qui se passe ici. Les agitateurs et les empêcheurs de tourner en rond me semblent, une fois de plus, tenir un bien mauvais rôle.

  • Posté par EGGERMONT LOUIS, dimanche 3 octobre 2021, 22:40

    L'ambassade qui a délivré le visa et l'université qui a accepté l'inscription se tromperaient? Vous mettez aussi le doute sur des institutions...

  • Posté par Delpierre Bernard, dimanche 3 octobre 2021, 19:17

    C'est effectivement ahurissant si on met ce cas spécifique en liaison avec les centaines de dossiers d'illégaux concluant au rapatriement ou à tout le moins au départ du territoire et qui ne sont eux jamais suivis d'effet

  • Posté par Schoonbroodt Hubert, dimanche 3 octobre 2021, 18:46

    A Dossou yovo Sandrine. Vous pouvez dire et cela ne coûte pas plus cher " taisez-vous" svpl, plutôt que fermé la, qui fait preuve d’un manque évident de la plus primaire des politesses. De plus cela engage à plus de respect envers vous. Je vous souhaite une bonne fin de dimanche.

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