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Congés payés: le gouvernement sollicité pour compenser le chômage économique

Les jours chômés à cause de la crise du covid sont assimilés à des prestations. Ils donnent droit à une cotisation pour le pécule de vacances de l’année suivante. Comme l’an dernier, patrons et syndicats demandent au gouvernement de prendre en charge ce coût.

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Le gouvernement fédéral va-t-il, comme l’an dernier, y aller de sa poche pour préserver le pécule de vacances des salariés (et les finances de leurs employeurs) ? La question sera posée ce mardi par la députée Nadia Moscufo (PTB) au ministre Dermagne, en commission de l’Emploi de la Chambre.

Elle est loin d’être anodine. Car si depuis quelques mois, l’activité économique a repris en force, certains secteurs restent encore impactés par la crise du covid. Ainsi 147.818 travailleurs ont connu du chômage économique « corona » en juillet, dont 9.870 durant tout le mois. Les chiffres pour les sept premiers mois de l’année sont certes moins alarmants qu’en 2020 à la même époque – ils ont baissé de 50 % –, mais ils restent élevés. Depuis le début de 2021, on recense près de 22 millions de jours chômés. A titre de comparaison, fin juillet 2020, on en enregistrait 44,4 millions, pour un total de 60,5 millions à la fin de cette même année.

L’an dernier, le gouvernement fédéral avait décrété que ce chômage corona serait assimilé à des jours prestés afin que les salariés, dont le pouvoir d’achat était déjà impacté par la perte de revenus, ne soient pas en plus pénalisés lors de leurs congés payés. Et répondant favorablement à la demande des employeurs et des syndicats, la Vivaldi avait accepté de compenser cette somme auprès de l’Office national des vacances annuelles (ONVA, pour les ouvriers) et des employeurs d’employés. L’opération avait coûté 187 millions d’euros. Soit deux enveloppes de 93,5 millions d’euros pour les ouvriers et les employés, alors que les premiers étaient concernés par 60 % des jours chômés en 2020.

Coût : environ 150 millions

Le 23 septembre dernier, les interlocuteurs sociaux ont formulé la même demande à l’adresse du gouvernement. Ils l’ont transmise au ministre fédéral du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS). Ce dernier s’est engagé à relayer la requête qui sera examinée lors du conclave budgétaire en cours. Une enveloppe de 72 millions serait nécessaire ou, à tout le moins, octroyée pour les employeurs d’employés. A charge pour patrons et syndicats de s’accorder sur la ventilation des moyens alloués d’ici au 15 octobre. Pour les ouvriers, aucun chiffre n’est encore fixé. Sera-ce un copier-coller du montant destiné aux employés ou un montant adapté à la situation ? A la fin du mois de juillet, les ouvriers accaparaient deux tiers des jours chômés en 2021, pour un peu moins de 60 % un an plus tôt à la même époque.

Il se pourrait également que le gouvernement refuse ce geste, au nom de l’assainissement budgétaire. Mais le montant (150 millions environ) et le précédent créé l’an dernier, ainsi que le caractère unanime (patrons et syndicats) de la demande, plaident en faveur d’une réponse positive au moment où le chômage corona et le droit-passerelle des indépendants viennent d’être prolongés. Si c’est le cas, le montant du pécule de vacances versé à l’été prochain ne devrait donc pas pâtir du covid.

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