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Un centre d’accueil pour Mena ouvre à Auderghem

Soixante places destinées aux mineurs étrangers non accompagnés sont disponibles depuis ce lundi alors que de plus en plus d’enfants vivent seuls en rue à Bruxelles et que le nombre de demandes d’asile est en hausse.

Temps de lecture: 3 min

Le nouveau centre d’accueil pour mineurs étrangers non accompagnés (Mena) d’Auderghem est opérationnel depuis lundi. Fedasil, l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile, pourra héberger soixante jeunes dans cette ancienne maison de repos située dans le quartier Transvaal.

En Belgique, les demandes d’asile sont en hausse, en particulier venant de Mena depuis cet été, fait savoir Benoît Mansy, porte-parole de Fedasil. Et dans la capitale, si on ignore combien ils sont exactement, la crise sanitaire a rendu ces enfants en errance beaucoup plus visibles auprès des associations de terrain. En 2020, le service des Tutelles a identifié entre 600 à 700 Mena en provenance du Maghreb, tous n’étant pas en situation de rue.

Ce centre, le troisième à Bruxelles après Neder-Over-Heembeek (80 places) et Woluwe-Saint-Pierre (64) et le sixième en Belgique, se veut de premier accueil. Il s’agit d’un centre d’observation et d’orientation (COO), dans lequel le jeune reste quelques semaines, le temps de répondre à ses besoins, de dresser un premier rapport social et médical, et de lui désigner un tuteur chargé de défendre ses intérêts, avant d’être redirigé vers un centre plus adéquat. « L’équipe d’accompagnement est plus importante que dans un centre pour adultes, avec 36 personnes dont un psychologue d’office présent sur le site et des accompagnateurs sociaux », précise Benoît Mansy. « Il s’agit d’une équipe mixte avec de nouveaux travailleurs et des anciens venant de Woluwe, Overijse et Neder-Over-Heembeek. »

« Déposer leurs valises et souffler »

Déjà destiné à l’accueil collectif de personnes, le bâtiment a demandé quelques petits aménagements, comme la mise en conformité par rapport aux normes incendie. Quatre jeunes maximum seront hébergés par chambre. Et les arrivées seront progressives, histoire de « laisser le temps à l’équipe et aux jeunes de trouver leur place dans le bâtiment », ajoute le porte-parole.

Aux riverains peut-être aussi pour s’habituer… Une réunion d’information a eu lieu fin septembre. « Il y avait quelques peurs – sur la perte de valeur immobilière ou les dangers que représenteraient ces jeunes – qu’on devait entendre, mais, globalement, le besoin de solidarité a primé », a souligné le bourgmestre Didier Gosuin (Défi). « C’est la décision de Fedasil qui a loué un bien en toute légalité à la mi-août. La commune pouvait soit s’offusquer et compliquer la nécessaire intégration de ces jeunes, soit travailler aux côtés de Fedasil en mettant à disposition ses centres sportifs, ses éducateurs, etc. pour leur permettre d’avoir la vie la plus intégrée possible. On ne peut pas regretter ce qu’il se passe en Afghanistan et ne rien faire ici. Ces jeunes n’ont pas besoin de tensions et de conflits mais de solidarité, d’amour, de sentir qu’ils peuvent déposer leurs valises et souffler. C’est plus sécurisant de loger et accompagner ces jeunes que de les savoir à la rue en proie à toutes les tentations et tous les malfaiteurs. »

Parfois âgés d’à peine neuf ans, ces mineurs vivent généralement hors des radars, dans des squats ou sous un pont, inconnus de l’administration, par peur d’être renvoyés dans leur pays d’origine ou emprisonnés. Pour parvenir à les aider au mieux, les associations comme SOS Jeunes, Médecins du monde ou Caritas gare du Midi et gare du Nord travaillent pour gagner leur confiance et tenter de les convaincre de se signaler, de faire une demande de tutelle afin de pouvoir être hébergés.

Mais, dénoncent les acteurs sociaux, la Belgique manque de structures d’accueil adaptées aux enfants et aux adolescents. A la mi-septembre, onze associations de terrain et de défense des droits de l’homme ont mis en demeure le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Sammy Mahdi (CD&V) d’accueillir tous les Mena qui se présentent à Fedasil.

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7 Commentaires

  • Posté par Dupont Vincienne, lundi 4 octobre 2021, 23:58

    Qu'on les ramène plutôt chez leurs parents.

  • Posté par LIENARD NORBERT, lundi 4 octobre 2021, 22:31

    Pourquoi ne pas les ramener chez leurs parents ,l automne y est doux et leurs pays ne sont pas en guerre

  • Posté par c006E95, lundi 4 octobre 2021, 20:32

    Venez à nous les petits migrants! Les riverains n'ont qu'à s'adapter. Merci le PS, LES VERTS et le PTB!

  • Posté par Moriaux Raymond, lundi 4 octobre 2021, 23:59

    @c00etc. C'est quoi ce nom ? Celui d'un additif toxique probablement ...

  • Posté par Bauduin Dominique, lundi 4 octobre 2021, 20:30

    Pourquoi ne pas essayer de les intégrer. Avec l'automne il est mauvais de les laisser dehors.

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