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Les Diables rouges affrontent les Bleus pour la 75e fois en 117 ans: notre sélection des 10 matches les plus marquants (vidéos)

Quelle que soit leur déclinaison (match amical, qualification pour un grand tournoi, phase finale d’une Coupe du monde ou d’un Euro ou désormais la Nations League), les rencontres entre la France et la Belgique attisent toujours la rivalité entre deux voisins. A fortiori quand le contexte du match de ce jeudi à Turin oppose le champion du monde au numéro 1 du ranking FIFA. Des 74 précédentes confrontations, voici notre sélection des 10 plus marquantes, y compris la première (en 1904 !) et la dernière (en 2018 à Saint-Pétersbourg).

Temps de lecture: 10 min

1er mai 1904 : Belgique-France 3-3

> Le premier match officiel de l’équipe nationale

Les buts : 7e Queritet (1-0), 12e Mesnier (1-1), 13e Royet (1-2), 50e Queritet (2-2), 65e Destrebecq (3-2), 87e Cyprès (3-3)

Belgique : Verdyck ; Friling, Poelmans, Van den Eynde, Cambier, Van Hoorden, Tobias, Wigand, Queritet, Destrebecq, Van der Stappen.

France : Guichard ; Canelle, Verlet, G. Bilot, Davy, C. Bilot, Mesnier, Royet, Garnier, Cyprès, Filez.

Arbitre : M. Keene (G-B)

A l’époque, on ne parlait pas encore des Diables rouges et les équipements étaient loin d’être aussi « design » que maintenant (tricot aux couleurs nationales, bermudas jusqu’aux genoux. Pour l’occasion, on avait fait venir un arbitre d’Angleterre qui avait aussi arbitré un match de championnat de Belgique. 1500 spectateurs avaient fait le déplacement au Vivier d’Oie à Uccle pour le premier match officiel entre deux nations d’Europe continentale. Les Français Canelle et Mesnier ont dû jouer sous un faux nom parce qu’ils n’avaient pas reçu l’autorisation de leur employeur ! 6 buts et un partage de « frères » pour un match dont le ticket coûtait 1,5 FB en place assise et… 80 centimes en place debout !

5 juin 1938 : France – Belgique 3-1

>Première rencontre en Coupe du Monde

Les buts : 1re Veinante (1-0), 11e Nicolas (2-0), 19e Isemborghs (2-1), 69e Nicolas (3-1)

France : Di Lorto ; Cazenave, Mattler, Bastien, Jordan, Diagne, Aston, Heisserer, Nicolas, Delfour, Veinante.

Belgique : Badjou ; Paverick, Seys, Van Alphen, Stijnen, De Winter, Van de Wouwer, Voorhoof, Isemborghs, Braine, Buyle.

Arbitre : M. Wuethrich (Sui)

Jusqu’ici confinée aux rencontres amicales, la rivalité France-Belgique prend un premier tournant avec la Coupe du monde organisée en 1938 sur le sol français. Pas question à l’époque de phases de poules alambiquées, les matches se jouent par élimination directe et la Belgique défie la France au stade de Colombes en 8es de finale. Malgré la présence d’attaquants réputés comme Raymond Braine et Bernard Voorhoof (longtemps recordman des buts marqués en équipe national avec Paul Van Himst… avant l’avènement de Romelu Lukaku), le tournoi se termine après un match pour la Belgique. Les Français se préparaient depuis un mois, les Belges étaient arrivés à Paris en train… la veille du match.

11 Novembre 1966 : Belgique – France 2-1

>Le 4e essai a été le bon

Les buts : 51e et 54e Van Himst (2-0), 67e Lech (2-1)

Belgique : Nicolay ; Heylens, Hanon, Plaskie, Baré, Van Moer, Jurion, Thio, Lmabert, Van Himst, Puis.

France : Carnus ; Djorkaeff, Chorda, Suaudeau, Budzinski, Robin, Simon, Rivelli, Lech, Blanchet, Hausser.

Arbitre : M. Taylor (G-B)

Si Pol Anoul est devenu pour toute une génération « l’homme de Colombes » en 1950 après un but d’anthologie à Paris, Paul van Himst a contribué avec son doublé à franchir un palier face aux Bleus. Après 1938 et les qualifications pour le Mondial 1958, la Belgique est enfin parvenue à vaincre les Bleus dans le cadre d’un match à enjeu, cette fois les qualifications pour l’Euro 68. La France sortait de sa participation au Mondial en Angleterre, même si elle n’y avait pas passé le cap du 1er tour. Cette victoire, en partie confirmée par un partage 1-1 au retour, n’a pourtant pas suffi pour passer le cap de la poule. En rééditant cette victoire sur le même score en 1974 (toujours avec Van Himst mais plus dans le rôle du buteur), la Belgique prendra sa revanche en laissant la France en rade dans la poule.

9 septembre 1981 : Belgique-France 2-0

En route pour le Mundial 1982

Les buts : 24e Czerniatynski, 83e Vandenbergh.

Belgique : Pfaff ; Renquin, L. Millecamps, Meeuws, Baecke, Vercauteren, Coeck, Van Moer (51e M. Millecamps), Ceulemans, Czerniatynski, Vandenbergh.

France : Hiard ; Janvion, Mahut, Lopez, Bossis, Moizan (60e Stopyra), Giresse, Larios, Zimako, Platini, Six.

Cartes jaunes : Coeck et Baecke.

Arbitre : M. Palotai (Hon)

Pour la première fois depuis 1970, la Belgique entrevoit une qualification pour une Coupe du monde. Un sentiment de revanche est dans l’air alors que les Bleus ont infligé aux Diables leur seule défaite jusqu’alors en avril 1981 à Paris (3-2). La donne est simple : en cas de victoire dans un stade du Heysel à guichets fermés (une première depuis des lustres), le ticket pour le Mundial est dans la poche, peu importe le résultat du derby des Plats Pays quelques semaines plus tard. Guy Thys lance d’emblée un jeune attaquant qui éclate à l’Antwerp : Alex Czerniatynski. Le pari est gagnant pour le sélectionneur puisque le Carolo ouvre son compteur international. Vandenbergh parachève le boulot dans le money time et tout le stade peut chanter « E Viva Espana »

16 juin 1984 : France-Belgique 5-0

Platini sur le toit de l’Europe

Les buts : 4e Platini, 31e Giresse, 44e Fernandez, 74e sur pen. et 89e Platini

France : Bats ; Domergue, Bossis, Battiston, Fernandez, Genghini (79e Tusseau), Platini, Giresse, Tigana, Six, Lacombe (65e Rocheteau).

Belgique : Pfaff ; Grün, Lambrichts, De Greef, De Wolf, Vercauteren, Vandereycken (46e Coeck), Scifo (51e Verheyen), Ceulemans, Claesen, Vandenbergh.

Cartes jaunes : Claesen, Tigana

Arbitre : M. Valentine (Eco)

La France avait rendez-vous avec la gloire durant ce mois de juin 1984 avec un Michel Platini au sommet de son art (et fit à 100%, ce qu’il n’a pas été lors des Mundial 1982 et 1986). Avant le match, les commentateurs français se méfiaient pourtant de cette équipe belge expérimentale, décimée suite aux suspensions dans le cadre de l’Affaire Standard-Waterschei. Les craintes hexagonales étaient centrées sur le jeune Scifo, étincelant lors du premier match contre la Yougoslavie. Les minces certitudes défensives belges ont volé en éclat sous les coups de génie de Platini, tête de gondole d’un carré magique… qui a fait tourner en rond l’axe central Lambrichts-De Greef. Le score de forfait sur la pelouse nantaise n’est même pas forcé…

28 juin 1986 : Belgique – France 2-4 (ap)

Le match de trop pour les héros de Mexico

Les buts : 11e Ceulemans (1-0), 27e Ferreri (1-1), 43e Papin (1-2), 73e Claesen (2-2), 104e Genghini (2-3), 111e Amoros sur pen. (2-4).

Belgique : Pfaff ; Gerets, Grün, Renquin (45e F. Vander Elst), Demol, Vervoort, Scifo (63e L. Van der Elst), Ceulemans, Mommens, Claesen, Veyt,

France : Rust ; Amoros, Le Roux (56e Bossis), Battiston, Bibard, Ferreri, Genghini, Tigana (84e Tusseau), Vercruysse, Bellone, Papin.

Carte jaune : Pfaff

Arbitre : M. Courtney (Ang)

Comme en 1982, le France dispute la finale de consolation. Ou plutôt de la déception puisque les Bleus visaient le titre majeur et ont à nouveau été barrés par la RFA. A l’inverse de son homologue Henri Michel qui aligne son équipe des « coiffeurs », Guy Thys a posé la question de confiance à ses troupes fatiguées où seul Mommens entre dans le onze de base des tours précédents à la place de Vercauteren. Les Diables poussent le vice jusqu’à forcer une… troisième prolongation sur leurs quatre derniers matches. 3 prolongations qui pèsent dans les jambes comme un 8e match mais qui n’empêche pas l’euphorie au retour à Bruxelles avec la chanson du Grand Jojo comme nouvel hymne national. Une 4e place mondiale qui sera seulement améliorée 32 ans plus tard…

25 mars 1992 : France-Belgique 3-3

Les Diables qui portent malheur – épisode 1

Les buts : 27e Albert (0-1), 40e Papin sur pen. (1-1), 44e Scifo sur pen. (1-2), 45e Vahirua (2-2), 47e Wilmots (2-3), 85e Papin (3-3).

France : Martini ; Angloma, Sauzée (63e Amoros), Boli, Petit (46e Fernandez), Casoni, Deschamps, Perez, Papin, Vahirua (46e Durand), Cantona

Belgique : Preud’homme ; Crasson, Grün, Vander Elst, Albert, Borkelmans, Walem, Scifo, Boffin (59e Versavel), Degryse (89e Dauwen), Nilis (46e Wilmots)

Arbitre : M. Don (Ang)

A cette époque-là, un gouffre semble séparer les deux équipes. La Belgique se reconstruit une nouvelle identité sous la conduite de Paul van Himst qui a pris la relève de Guy Thys ; la France est une des grandes favorites de l’Euro 92 en Suède alors que les hommes du sélectionneur Michel Platini ont gagné leur 8 mois de qualification. En attaque, plus que Cantona qui a entamé timidement son ascension anglaise, il y a surtout Jean-Pierre Papin, récemment élu Ballon d’Or, qui gratifie d’une papinade pour mystifier Michel Preud’homme et arracher le partage. Côté belge, c’est l’extérieir du pieg gauche de Philippe Albert et la « demi-papinade » de Marc Wilmots, à peine entré au jeu, qui marque les esprits. Déjà battus en Angleterre, les Bleus ne savent pas que le partage contre la Belgique n’est qu’une étape de plus sur la route de l’échec en fait…

18 mai 2002 : France – Belgique 1-2

Les Diables qui portent malheur – épisode 2

Les buts : 20e De Boeck (0-1), 40e Simons csc (1-1), 90e+1 Wilmots (1-2).

France : Ramé ; Thuram (46e Sagnol), Leboeuf, Desailly, Lizarazu (46e Candela), Vieira, Petit, Djorkaeff (46e Micoud), Wiltord (80e Boghossian), Dugarry, Trezeguet (46e Cissé)

Belgique : De Vlieger ; Peeters (63e Deflandre), Van Buyten, De Boeck, Van Kerckhoven, Verheyen, Simons (75e Vanderhaeghe), Walem (80e Englebert), Wilmots, Goor (46e Boffin), M. Mpenza (46e Sonck).

Cartes jaunes : Lizarazu, Leboeuf, Dugarry, Peeters, Wilmots

Arbitre : M. Ivanov (Rus)

Même Sans sa star Zinédine Zidane (qui doit encore disputer la finale de la Ligue des Champions avec le Real Madrid), la dernière sortie amicale en Europe des champions du monde en titre doit les placer sur une rampe de lancement pour décrocher une 2e étoile. L’après-match (personne n’imaginait un résultat défavorable aux Bleus) est un énorme show –laser pour permettre au public parisien d’acclamer ses favoris avant le départ en Corée du Sud. Mais comme 10 ans auparavant, ce n’est pas le scénario attendu par le Stade de France. Bien servi par Verheyen, Wilmots « gâche » la fête des Français avec une patate dont il a le secret dans les files du pauvre Ramé, offrant cette fois la victoire aux Diables. Et comme en 1992 en Suède, ce sera la bérézina quelques semaines plus tard sur le sol coréen.

7 Juin 2015 : France-Belgique 3-4

Qui a pris son ticket pour la finale ?

Les buts : 17e et 42e Fellaini (0-2), 50e Nainggolan (0-3), 53e Valbuena sur pen. (1-3), 54e E. Hazard sur pen. (1-4), 89e Fékir (2-4), 90e Payet (3-4)

France : Lloris ; Sagna, Koscielny, Varane, Tremoulinas, Cabaye (46e Payet), Sissoko, Matuidi, Valbuena (73e Fékir), Giroud (80e Ntep), Griezmann (46e Lacazette).

Belgique : Courtois ; Alderweireld, Denayer (85e Dendoncker), Vertonghen, Lombaerts, Nainggolan, Witsel (81e Dembélé), Fellaini (77e Chadli), E. Hazard, Benteke (59e R. Lukaku), Mertens (59e Carrasco).

Carte jaune : Cabaye

Arbitre : M. Strahonja (Cro)

En l’absence de Vincent Kompany (suspendu pour le match au pays de galles et non retenu pour ce match amical), Marc Wilmots donne le brassard de capitaine à Eden Hazard. Au-delà de la victoire, c’est avant tout la prestation des Diables rouges qui a impressionné. A un an de l’Euro sur son territoire, la France semble avoir moins de certitudes que ces Diables-là. « On est chez nous : Paris, chante avec nous », scandent les supporters belges qui ont fait le déplacement avec une spéciale dédicace pour le sélectionneur national. « Allez Willie, reste avec nous ». Radja Nainggolan, auteur d’une frappe imprenable pour Lloris est élu homme du match après avoir mangé l’entrejeu des Bleus et Didier Deschamps adoube la Belgique comme favorite pour le titre à l’Euro 2016. L’euphorie retombera quelques jours plus tard avec la défaite à Cardiff. Quant à l’Euro, on sait comment il a fini…

10 juillet 2018 : France-Belgique 1-0

La naissance du « seum »

Le but : 51e Umtiti.

France : Lloris ; Pavard, Umtiti, Varane, Hernandez, Pogba, Kanté, Matuidi (86e Tolisso), Griezmann, Giroud (85e Nzonzi), Mbappé.

Belgique : Courtois ; Alderweireld, Kompany, Vertonghen, Dembélé (60e Mertens), Witsel, Fellaini (80e Carrasco), De Bruyne, Chadli (90e Batshuayi), E. Hazard, R. Lukaku.

Cartes jaunes : E. Hazard, Alderweireld, Kanté, Mbappé, Vertonghen.

Arbitre : M. Cunha (Por)

Après l’exploit en quarts de finale contre le Brésil, toute la Belgique se voit déjà en finale. Cependant, la suspension de Thomas Meunier s’avère une perte que la titularisation de Mousa Dembélé ne parvient pas à compenser. Et dans la guerre d’usure qu’imposent les Bleus durant 90 minutes, c’est la Belgique qui craque sur un corner en début de 2e mi-temps avec cette tête d’Umtiti plus prompt que Toby Alderweireld. Une double légende commence : « Casse la démarche comme Samuel Umiti » et surtout la vague du « seum » venue des réseaux sociaux de France pour qualifier la réaction de mauvais perdants des Belges. Comme en 2014, la Belgique brise son rêve sur une frustration même si cette fois il y a la 3e place à la clé. Les Diables ne sont pas restés sur une mauvaise note de Saint-Pétersbourg en battant l’Angleterre une seconde dans le tournoi.

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