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L’IRM la plus puissante du monde pour observer le corps humain

C’est une prouesse, une IRM qui permet d’atteindre une résolution très fine des structures spatiales du cerveau. Les créateurs français livrent ses premières images.

Temps de lecture: 2 min

L’IRM le plus puissant au monde pour observer le corps humain, et plus particulièrement le cerveau, a livré près de Paris ses premières images… d’un potimarron.

« Iseult » est l’aboutissement de plus de 20 ans de recherche. Le projet a été réalisé par des équipes françaises et est installé au CEA, en région parisienne.

La machine est hors norme, avec une puissance de 11,7 Tesla, soit 230.000 fois celle du champ magnétique terrestre. La fabrication de son aimant a demandé six ans de travail, pour assembler les milliers de kilomètres d’un alliage rare, du nobium-titane, qui composent l’énorme bobine de 45 tonnes.

L’aimant lui-même est maintenu à une température proche du zéro absolu, à -271 degrés Celsius. L’ensemble, abrité dans un cylindre de 5 mètres de long et autant de haut, est « une prouesse technologique, car on a poussé au maximum de leurs limites différentes techniques et matériaux » explique Lionel Quettier, ingénieur et chef de projet pour la partie aimant de l’IRM.

Soumis à un champ magnétique intense, les noyaux des molécules sont polarisés, un peu comme le serait une aiguille de boussole par le champ magnétique terrestre. L’émission de champs plus faibles va bousculer cet ordre et, selon la fréquence du signal, permettre de caractériser et localiser le genre de tissus observés. De savants calculs transforment ensuite ces données en images.

Pourquoi un potimarron ?

Rien de trivial, mais avant le feu vert des autorités sanitaires pour l’examen de sujets humains, la machine va demander quelques mois de réglage et l’intégration de nouveaux instruments. Et quoi de mieux adapté qu’un potimarron : « il a un diamètre identique au cerveau, une structure interne intéressante, complexe, avec des grains et des parties fibreuses – et puis il est de saison », justifie Mme Lerman.

Un bond qui va permettre d’« aller beaucoup plus finement dans la résolution des structures spatiales » du cerveau, pour mieux comprendre son anatomie mais aussi son fonctionnement lors des tâches cognitives, ou face à des pathologies neuro-dégénératives (Parkinson et Alzheimer), des affections psychiatriques (troubles bi-polaires) ou vasculaires.

Iseult doit permettre de voir « ces atteintes au cerveau à un stade plus précoce, pour comprendre comment ces maladies vont démarrer », et permettre ainsi peut-être à des groupes pharmaceutiques de proposer des traitements.

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