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Plan taxi à Bruxelles: sortons de l’impasse par le haut

Le secteur des taxis doit être modernisé et l’ordonnance taxi réformée. Cette réforme doit se faire au service des chauffeurs et des usagers, être créatrice d’emploi et accompagnée d’une vision mobilité.

Carte blanche - Temps de lecture: 3 min

Il est urgent de mettre fin au conflit permanent entre le secteur des taxis et Uber/Heetch et d’apporter enfin de la sérénité à ce secteur. L’attentisme n’est pas une option. Depuis plusieurs années, les tensions sont vives entre les différents acteurs. Le secteur des taxis traditionnels a vu arriver de nouveaux acteurs qui proposent un service comparable sans pourtant être soumis aux mêmes règles, ce qui crée une concurrence déloyale.

A ceux qui défendent aujourd’hui une position monopolistique du secteur des taxis traditionnels, nous répondons qu’il y a de la place pour tout le monde, à condition que le cadre légal soit clair, adapté et respecté par tous. Les modèles économiques évoluent. Le secteur doit évoluer, sans pour autant dégrader les conditions de travail des chauffeurs et la qualité de services aux usagers. Pour ce faire, nos décisions doivent être prises dans l’intérêt général et fondées sur les expériences de terrain, ainsi que sur les études menées sur le sujet.

L’heure est à l’objectivation

A la suite du premier projet déposé sur la table du gouvernement bruxellois en 2017, tant le secteur des taxis que le conseil économique et social avaient demandé une étude socio-économique. Il est regrettable que certains la remettent aujourd’hui en cause parce qu’ils ne sont pas d’accord avec ses conclusions et suspectent le prestataire, Deloitte, d’accointances avec Uber pour le discréditer. Pour rappel, Deloitte est un bureau indépendant, mandaté par le gouvernement ! Si nous souhaitons réellement réformer le secteur, il est essentiel de fonder nos décisions sur des bases objectives et cesser toute politisation.

Transparence et indépendance

L’un des enjeux sera celui de la fixation du numerus clausus et des prix minimum et maximum des courses. Pour DéFI, si Deloitte a déjà fait des propositions de fixation d’un numerus clausus pour le secteur unifié composé de deux catégories, les taxis de station (taxis traditionnels) et les taxis de rue (VLC, dont Uber, Heetch…), il revient à une structure indépendante du Gouvernement de périodiquement fixer les prix et faire évoluer le numerus clausus pour faire correspondre l’offre et la demande, veiller à la rentabilité du secteur, à des prix attractifs pour les clients et à une rémunération décente des chauffeurs.

La réforme des taxis devra enfin répondre à la vision de la mobilité que l’on veut pour demain. Les taxis, les Uber, les Heetch doivent participer au modèle de mobilité de demain. Avec des taxis plus attractifs, certains automobilistes feront leurs comptes et choisiront peut-être de renoncer à leur voiture si leurs besoins sont bien rencontrés. À la Région à booster ce secteur pour en faire un acteur plus important de la mobilité à Bruxelles.

Co-construire le nouveau cadre des taxis

Un des leitmotivs du gouvernement, c’est la participation. Le projet de réforme attendu par tout le secteur doit respecter cet engagement. Si le gouvernement consultera les organes institutionnels (Conseil d’Etat, Brupartners, Conseil consultatif des taxis…), nous plaidons pour qu’il consulte au-delà en intégrant toutes les parties prenantes. Il s’agit là, encore une fois, de ne laisser personne sur le bord de la route et veiller à présenter, dans la sérénité, une réforme clairement plus juste.

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