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«Je ne répondrai pas à votre réquisitoire»: l’audition tendue de Hervé Jamar sur les inondations

Hervé Jamar, gouverneur de la province de Liège a rappelé qu’il n’était pas là « en tant que prévenu ».

Temps de lecture: 3 min

Après une série d’auditions techniques plutôt paisibles, le ton est monté, ce vendredi matin, en commission d’enquête parlementaire sur les inondations. Sur le grill : Hervé Jamar, le gouverneur de la province de Liège, pointé du doigt par plusieurs députés pour avoir laissé, dans un premier temps, la gestion de la crise à sa remplaçante, Catherine Delcourt.

« Je suis ici, devant vous, en tant que témoin, pas en tant que prévenu. Je ne répondrai pas à votre réquisitoire », a ainsi sèchement rétorqué le gouverneur au député cdH François Desquesnes qui lui reprochait, outre ses « réponses confuses », de ne pas avoir repris les rênes de la gestion de crise dès son retour de vacances.

Il se défend

« J’entends vos reproches. Je veux bien être dans l’abstrait, l’intellectuel, la responsabilisation, le judiciaire, le réquisitoire… Je veux bien que l’on ergote mais je suis parfaitement clair en termes de responsabilité personnelle sur cette décision. On était le nez dans le guidon, on a continué à gérer dans la continuité. Est-ce que j’aurais dû reprendre les commandes dès le 15 au matin au détriment des sinistrés ? », a ajouté Hervé Jamar.

Ce dernier s’est également défendu d’un manque de communication avec les autorités locales, alors que plusieurs bourgmestres ont assuré ne pas avoir été prévenus du déclenchement de la phase de crise provinciale. « En 2019, le centre de crise wallon a mis à jour les adresses email et GSM. En province de Liège, la moitié des communes ont répondu », a-t-il expliqué. « Je ne vois pas la moindre erreur dans la communication de mes services. Et je ne suis pas responsable du fait que certains mails sont arrivés dans les spams des boîtes mails des communes », a asséné le gouverneur, en réponse au député PTB Julien Liradelfo.

Une histoire de mails ?

« Je ne peux pas entendre que des gens sont morts parce que des mails ont été envoyés aux mauvaises adresses ou sont tombés dans les spams », avait auparavant remarqué le député d’extrême gauche. « On ne peut pas reprocher aux communes de ne pas avoir lu leurs mails le 14 juillet alors que certaines d’entre elles étaient déjà sous eau », s’était pour sa part agacé le socialiste André Frédéric.

Interrogé par Marie-Martine Schyns (cdH) et Stéphane Hazée (Ecolo), Hervé Jamar est par ailleurs revenu sur les ordres d’évacuation à partir du 14 juillet. Des ordres trop tardifs, pour plusieurs députés. « Rien n’empêche qu’un ordre d’évacuation soit émis par une quelconque autorité locale. Le gouverneur a la mainmise sur la gestion, mais les bourgmestres ont le devoir d’assurer l’absolue nécessité si l’arrêté du gouverneur n’arrive pas », a-t-il affirmé en évoquant enfin la « difficulté » d’estimer la gravité des alertes émises et la levée prématurée, selon lui, de la phase fédérale de gestion de crise.

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4 Commentaires

  • Posté par Otte Gérard, samedi 16 octobre 2021, 2:23

    Il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

  • Posté par Patrick Schroeven, vendredi 15 octobre 2021, 17:31

    C´est peut être l´opportunité de se poser la question sur la raison d´être de ces provinces, un échelon de pouvoir de plus qui prouve son inutilité en rejettant les responsabilités sur les autres. Beaucoup d´argent à économiser....

  • Posté par Otte Gérard, vendredi 15 octobre 2021, 19:31

    Très bien vu. Si on s'interroge sur l'utilité de la pléthore de pseudo pouvoirs appuyés par une armée mexicaine de machins en tout genre, il y a matière à nettoyage. La clarté quant aux responsabilités sera gagnante.

  • Posté par Moriaux Raymond, vendredi 15 octobre 2021, 17:25

    Ces auditions, c'est surtout le moyen pour quelques députés en mal de visibilité de "faire le malin". A chaque fois, c'est pareil, ils se croient investis d'une mission de justiciers au service de la vox populi qui, évidemment, n'acceptant jamais qu'on puisse n'être victime de personne, cherche toujours des têtes à couper. Des petits Fouquier-Tinville sans foi ni loi qui condamnent sans procès, la guillotine à la main et les pleureuses aux pieds. Quand donc mettront ils eux-mêmes en question leurs propres choix dans l'attribution des moyens de prévention ? Sans doute jamais ...

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