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Les radios francophones ont perdu 15% d’auditeurs depuis 2018

Les derniers chiffres du CIM Radio donnent toujours Nostalgie numéro 1 sur le marché francophones, devant Radio Contact.

Infographie - Journaliste au service Culture Temps de lecture: 4 min

Qui a gagné, qui a perdu ? Au grand jeu de l’interprétation des audiences radio du Centre d’information sur les médias (CIM), selon l’endroit où on se place, toutes les lectures des chiffres sont possibles, surtout celles qui permettent de fanfaronner et de s’attribuer le premier rôle, ou le meilleur, ou un meilleur rôle. Pour cette vague de résultats, qui couvre la période mai-août 2021, il y en a à nouveau pour tous les goûts, et des gagnants partout.

Les résultats

Pour le CIM, du côté francophone, pas de grand bouleversement à épingler sur le podium. On y retrouve Radio Nostalgie sur la plus haute marche avec 14,42 % de parts de marché. Radio Contact ravit la deuxième position à Vivacité, avec 14,04 % de parts de marché, contre 13,93 % pour sa concurrente.

Frédéric Herbays, directeur des programmes de Nostalgie s’est dit « très heureux que Nostalgie demeure la radio numéro 1 en Belgique francophone ! Ce leadership incontesté depuis plus de 3 ans démontre qu’être à l’écoute de son public en offrant un contenu qui lui ressemble est la recette qui plaît. En parallèle, épinglons également le résultat de Nostalgie+ qui, en totale complémentarité avec Nostalgie, s’installe dans la durée et fidélise un public senior de plus en plus nombreux. »

A côté de cette hiérarchie officielle, c’est Radio Contact qui compte le plus d’auditeurs, 484.400 selon les derniers chiffres, pour 467.770 à Nostalgie et 478.180 pour Vivacité. Autre vision, autre podium, qui permet à la radio au dauphin de se présenter comme radio numéro 1 en Wallonie et Bruxelles. Rien d’incohérent ni d’illogique dans cette présentation : en nombre d’auditeurs, Contact a bien l’avantage, qui appartenait dans les dernières vagues de résultats à Vivacité. Sauf que le CIM calcule les parts de marché en tenant compte aussi de la durée d’écoute quotidienne des radios. Après pondération, c’est bien Nostalgie qui domine le marché : ses auditeurs y sont rivés 159 minutes par jour, pour 149 à Contact.

Dans la suite du classement, on pointe Bel RTL (13,04 %) en quatrième place devant Classic 21 (10,89 %). Viennent ensuite La Première (5,26 %), NRJ (4,30 %), Fun Radio (2,74 %), Tipik (2,71 %) et Musiq’3 (1,77 %).

Du côté de la RTBF, la satisfaction est de mise aussi, avec une part d’audience pour toutes les radios de 35.5 %. « Un résultat légèrement en baisse par rapport à la vague précédente (mars-juin 36.2 %), mais en nette hausse par rapport à la dernière période comparable, soit mai-août 2019 (33.6 %) », selon le communiqué de la chaîne.

Le nombre d’auditeurs en chute

Si individuellement, chacun trouve des motifs de réjouissance à la lecture des résultats du CIM, on constate, globalement, que le nombre d’auditeurs des radios francophones est en forte baisse depuis 2018 – les données disponibles ne permettent pas de retourner plus loin dans le passé. Le nombre d’auditeurs des radios apparaît en baisse de plus de 15 % depuis la période mai-août 2018, selon les calculs du Soir (en tenant compte des audiences des 13 principales radios). Alors qu’elles cumulaient 3.717.230 d’auditeurs en 2018, elles n’en comptent désormais plus que 3.129.420, observe-t-on, soit 15,8 % d’auditeurs en moins en trois ans.

Sur les deux dernières années, en comparaison avec l’année 2019, les radios ont perdu 10 % de leur audience. Les pertes sont considérables pour NRJ, qui compte 100.000 auditeurs de moins (-31 %). Dans une moindre mesure, elles ne sont pas minces non plus pour Nostalgie (-14 %) et pour Contact (-12,7 %), qui perdent toutes les deux plus de 70.000 auditeurs. A épingler : Tipik revendique 40.340 auditeurs de moins que sa prédécesseuse PureFM. Bel RTL perd également des plumes, tandis que, fait notable, La Première (+3,5 %), Musiq’3 et Fun Radio comptaitent, au cours de cet été, plus d’auditeurs qu’il y a deux ans.

Un effet covid ? C’est la première explication avancée par les responsables de chaînes, mais pas seulement dans le sens où l’épidémie aurait éloigné les Francophones des chaînes de radio. Le « hic » serait surtout méthodologique, pointé lors des publications des derniers résultats : on rappellera que les chiffres du CIM ne sont pas des mesures réelles du nombre d’auditeurs, mais sont extrapolés sur base des réponses à des enquêtes de terrain. Or, ces enquêtes ont subi de grosses perturbations pendant les périodes les plus aigues de l’épidémie, et n’ont toujours pas retrouvé leur « rythme » habituel. Cela expliquerait en partie, nous précise-t-on, les différences observées dans la mesure du nombre d’auditeurs, notamment pour les plus jeunes. Le retour à la normale devrait/pourrait être constaté dans la prochaine vague.

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