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«Se préparer à affronter une quatrième vague»: les experts et politiques réagissent à l'appel de Frank Vandenbroucke

Face à l’augmentation des indicateurs du virus, plusieurs personnalités réagissent et mettent en garde contre une quatrième vague. Pour Elio Di Rupo, « on sous-estime le danger du virus ».

Temps de lecture: 4 min

Selon les chiffres de l’Institut de santé publique Sciensano publiés jeudi, entre le 11 et le 17 octobre, une moyenne de 3.249 personnes ont été contaminées chaque jour par le covid. Il s’agit d’une hausse de 53 % par rapport à la semaine précédente. Du côté des admissions quotidiennes à l’hôpital, on enregistre également une augmentation de 53 %. Au total, 997 personnes infectées sont hospitalisées (+27 %), dont 240 traitées en soins intensifs (+19 %). Quant aux décès, ils sont en hausse également avec près de 12 personnes décédées par jour en moyenne.

Les craintes de Frank Vandenbroucke

Face à l’augmentation de ces indicateurs, plusieurs personnalités politiques et experts réagissent et mettent en garde contre une quatrième vague. C’est le cas notamment de Frank Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé (Vooruit) qui a fait part de ses craintes mercredi soir sur Canvas. « Nous devrons tous nous serrer les coudes pour contenir la quatrième vague de la pandémie de covid », a-t-il affirmé.

Frank Vandenbroucke a dit s’attendre à une forte augmentation du nombre d’infections et à une forte hausse des admissions à l’hôpital dans les prochains jours. Selon lui, il n’y a aucune raison de paniquer, mais les chiffres doivent servir de signal d’alarme. « Nous devons utiliser tout ce que nous avons à notre disposition. Il s’agit de renforcer la vaccination, il existe encore des communes où la couverture vaccinale est faible, mais aussi de porter le masque. »

Le ministre fédéral de la Santé a par ailleurs demandé au gouvernement flamand d’être prêt à autoriser les bourgmestres des communes du nord du pays qui le souhaitent à recourir à un usage plus étendu du CST.

Le ministre Vandenbroucke espère que la Chambre donnera le feu vert avant Noël à son projet de loi visant à rendre la vaccination obligatoire dans les soins de santé, sous peine de sanction. Le texte doit encore passer sur la table du gouvernement mais, selon le vice-Premier ministre socialiste, il est inacceptable qu’une personne qui travaille avec des malades ou des personnes âgées vulnérables refuse de se faire vacciner.

« On sous-estime le danger du virus »

Jeudi matin, c’était au tour du ministre-président wallon Elio Di Rupo, de prendre la parole sur Bel RTL et de commenter les indicateurs du virus. Pour le socialiste, « on sous-estime le danger du virus ». Il a également affirmé partager les craintes du ministre de la Santé. « Je partage ce qu’a dit le ministre fédéral de la Santé », a dit Elio Di Rupo.

Il y a quelques jours, Emmanuel André alertait également sur la possibilité de remontée des chiffres dans les prochains jours. En effet, l’entrée dans la période hivernale favorise grandement le développement et la transmission des virus. « Rien de sorcier : il fait froid, donc on se retrouve à l’intérieur et on ferme les fenêtres. Ces petits détails du quotidien ont, comme on le sait, un impact », a-t-il expliqué.

« La réduction partielle du risque de transmission qu’offre le vaccin ne peut pas compenser totalement l’augmentation du risque de transmission lié à nos activités sociales plus intenses à l’intérieur. », poursuit-il. Le microbiologiste avertit aussi sur l’éventualité d’une nouvelle adaptation des règles de « vivre ensemble » d’ici quelques semaines.

Comité de concertation

Pour Marc Van Ranst, abandonner la phase fédérale maintenant est prématuré. « Nous devrons attendre et voir comment cela se traduit dans les hôpitaux et les unités de soins intensifs », estime le virologue. En effet, un Comité de concertation est prévu la semaine prochaine. « D’ici là, nous devrions avoir une idée de la direction à prendre ». Marc Van Ranst préconise donc d’attendre pour comprendre où les chiffres en hausse actuellement vont nous mener. Par ailleurs, il faudra évaluer la proportion de personnes vaccinées qui se retrouveront à l’hôpital. « Avec la campagne de vaccination que nous avons menée, cela devrait représenter une très faible proportion de personnes vaccinées. Aujourd’hui, il est trop tôt pour tirer des conclusions. »

À lire aussi Décès covid: «Aucun vaccin n’est efficace à 100%»

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18 Commentaires

  • Posté par Staquet Jean-Marie, jeudi 21 octobre 2021, 13:01

    Vaccination obligatoire? Ah non... on n'ose pas prendre ses responsabilités. Il faut toujours se ménager une porte de sortie pour pouvoir dire que c'est de la faute d'un complot ourdi par de mystérieux "covidiots".

  • Posté par Martin Roland, jeudi 21 octobre 2021, 12:42

    < Interview sur Mediapart duProf. Mahmoud Zureik , directeur de Epi-Phare, pharmaco épidémiologiste: c'est lui qui avait pu chiffrer le nombre de décès liés au Mediator ... "Les vaccins Pfizer, Moderna et AstraZeneca se révèlent efficaces contre les formes graves du Covid à 93 % dans la cohorte de 75 ans et plus, à 92 % dans la cohorte des 50 à 74 ans. L’efficacité du vaccin se maintient à 5 mois. Mais notre étude a une limite, due au retard de 2 à 3 mois dans la remontée des données hospitalières : elle s’arrête au 20 juillet, avant que le variant Delta ne soit majoritaire. Il faut donc la poursuivre dans les prochains mois. Nous allons aussi étudier l’efficacité du vaccin Janssen." Mais encore: "À l’heure actuelle, la balance bénéfice-risque de ces vaccins est extrêmement positive, sans aucun doute possible." Et enfin: "Il ne faut pas se leurrer sur les chiffres : 10 % des personnes vaccinées ne sont pas protégées contre les formes graves, soit 6 millions de personnes. Et il y a toujours 7 millions de Français de plus de 12 ans non vaccinés. On a donc un vivier très important de personnes qui peuvent être contaminées et certaines d’entre elles peuvent développer des formes graves. Contre l’infection, l’efficacité des vaccins est bien moins grande, aux alentours de 40 % et diminue en plus avec le temps. Un grand nombre de Français peut encore attraper et transmettre le virus, l’épidémie va donc se poursuivre cet hiver. Et nous ne sommes pas à l’abri d’un variant plus transmissible ou plus virulent. Mais je reste optimiste : avec les vaccins et les gestes barrières, qu’il faut absolument maintenir, on peut limiter les dégâts."

  • Posté par Baeyens Remi, jeudi 21 octobre 2021, 12:23

    En regardant le site de Sciensano, c'est surtout le variant delta qui a pris le dessus., les autres variants disparaissant. Si nous voyons un pic, il n'a pas l'importance des 2 premiers pics, ce qui montre tout de même l'importance de la vaccination. Les contraintes sont quand même faciles à respecter et svp vaccinez vous au lieu de vainement ergoter sur la validité de la vaccination.

  • Posté par El Cabron Nicolas, jeudi 21 octobre 2021, 11:14

    Apparemment si tout le monde s'était comporter comme les commentateurs du forum du Soir, on n'en serait pas là. Dont acte! Quelle chance pour la Rédaction du Soir d'être lue par des modèles.

  • Posté par Martin Roland, jeudi 21 octobre 2021, 12:18

    Qué cabron' ! Jajajaja

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