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Affaire Jürgen Conings: le patron du comité R met en cause l’extrême droite au sein de l’Etat

Jürgen Conings, un caporal aux idées d’extrême droite, membre un temps du Vlaams Belang, avait disparu le 17 mai après avoir volé des armes lourdes à la caserne de Bourg-Léopold.

Temps de lecture: 2 min

Le président du comité de suivi des services de renseignement, dit « comité R », Serge Lipszyc, met en cause la volonté de favoriser des mouvements extrémistes, notamment d’extrême droite, dans certaines strates de l’Etat. Il n’identifie personne mais, dans un entretien accordé au magazine Wilfried, il s’interroge sur la façon dont le dossier Jürgen Conings a été suivi et se demande si certains n’avaient pas intérêt à ce que le militaire ne soit jamais retrouvé.

Jürgen Conings, un caporal aux idées d’extrême droite, membre un temps du Vlaams Belang, avait disparu le 17 mai après avoir volé des armes lourdes à la caserne de Bourg-Léopold (Limbourg). Une lettre avait ensuite été retrouvée où il menaçait le gouvernement, son employeur et des virologues. Il avait aussi été repéré rôdant autour de l’habitation du virologue Marc Van Ranst. Un mois après sa disparition, il avait finalement été retrouvé mort dans un bois de Dilsen-Stokkem. La cause de son décès serait un suicide.

Selon M. Lypszyc, la ligne du temps de son dossier et les moyens considérables déployés par la police et l’armée pour le retrouver – en vain – posent de nombreuses questions. Malgré les indices manifestes de menace qu’il présentait, notamment d’avoir rôdé autour du domicile de M. Van Ranst, il n’est pas interpellé ou perquisitionné. Idem à propos de la traque du fugitif, à laquelle collaborent activement la Défense et le SGRS, service de renseignement militaire dont les manquements sont manifestes dans ce dossier, qui procure au patron du comité R une « sensation désagréable ».

« N’y avait-il pas des gens au sein même de la structure de l’Etat qui avaient intérêt à ce qu’on ne le retrouve jamais ? Depuis, le dossier Jürgen Conings n’avance pas alors qu’il est tellement important », souligne M. Lipszyc.

« Si Jürgen Conings s’était appelé Mustafa, je pense que les choses se seraient déroulées autrement. Un certain nombre d’éléments permettent de croire que dans les différentes strates de l’Etat belge, il y a une volonté de favoriser les mouvements extrémistes, notamment d’extrême droite », dit-il encore.

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6 Commentaires

  • Posté par Delikovic Dogan, vendredi 22 octobre 2021, 18:57

    La Belgique possède une longue tradition de mouvements et de groupuscules d'extrême-droite. TAK, VMO, Front de la jeunesse, Cepic et son baron, Westland New Post... et d'affaires nébuleuses jamais résolue pour certaines (tueries du B-Wallon, assassinat de Bakounine à la Frégate ainsi que celui de Patrice Lumumba avec le concours de notre bon Roi Baudoin et de la C.I.A, incendie du journal ''Pour'', l'affaire des Ballets Roses, l'infiltration de la Sûreté d'État par le W.N.P et le rôle de son chef, Paul Latinus au sein de l'appareil d'état... rien que de petites affaires qui ne méritent pas l'attention du citoyen soucieux de préserver ce qui reste de démocratie dans ce pauvre pays. Cette complaisance et le laisser-faire systématique d'une grande partie de l'état s'explique très certainement par la mainmise de l'Otan sur le pays. Souvenons-nous avec émotion, comme aurait dit Mobutu, des cellules dormantes (Stay Behind de l'organisation Gladio présentes au sein de chaque pays européen...

  • Posté par Debrabander Jean, vendredi 22 octobre 2021, 15:55

    L'extrême droite ? Celle qui avait commandité les attentats des tueurs du Brabant wallon pour permettre de coincer les CCC ?

  • Posté par Bastin Eric, vendredi 22 octobre 2021, 15:42

    C'est quand même un peu étrange comme déclaration, avec des relents légèrement complotistes. S'il y avait eu intérêt (et lequel ?) à ce qu'on ne retrouve jamais Conings, on n'aurait pas déployé pendant des semaines des moyens aussi considérables, pour finalement retrouver son corps à quelques centaines de mètres du lieu des recherches, ce qui ajoute encore une couche au fiasco de toute cette affaire. Peut-être la patron du Comité R a-t-il des éléments sérieux à l'appui de ses graves accusations. Si ce n'est pas le cas, il devrait peut-être méditer cette réflexion de Michel Rocard, que rappelle souvent Alain Bauer : "Toujours préférer l'hypothèse de la connerie à celle du complot. La connerie est courante. Le complot exige un esprit rare. "

  • Posté par Pillois Martine, vendredi 22 octobre 2021, 16:30

    En ligne avec vous. Ce "patron" est-il the right man in the right place ? Une déclaration qui devrait au moins être étayée. A défaut, nous avons un hâbleur de comptoir à la tête du comité R. Inquiétant.

  • Posté par HERMAN Romuald, vendredi 22 octobre 2021, 15:16

    S’il s’était appelé Mustafa, une pléiade d’associations auraient pris sa défense, les politicards de tous bords n’auraient pas craché dessus comme ils l’ont fait avec Conings, ses frères d’Islam auraient menacé de mettre des bombes pour qu’on ne lui tire pas dessus, les Droits de l’homme nous auraient traité de racistes et une cohorte de sans-papiers auraient fait grève de la faim dans une église pour le soutenir.

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