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Tizanidine: l’équipe Bahrain Victorious dans la tourmente

Des traces d’un relaxant musculaire, qui ne se trouve pas sur la liste des substances interdites par l’Agence mondiale antidopage, ont été retrouvées sur les cheveux de trois coureurs lors « d’une course professionnelle de trois semaines disputée en France ». Perquisitionnée avant la 18e étape du dernier Tour de France, la formation Bahrain Victorious dément être concernée.

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D’abord, il y a les faits. Irréfutables. La formation Bahrain Victorious, dans laquelle évoluent notamment le Belge Dylan Teuns, le champion d’Europe, Sonny Colbrelli, ou le double vainqueur d’étape sur la Grande Bouche, Matej Mohoric, a été perquisitionnée, avant la dix-huitième étape du dernier Tour de France, par une cinquante de gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Depuis, plus rien. Aucun commentaire officiel, d’un côté comme de l’autre.

Ces derniers jours, alors que la saison cycliste referme son chapitre annuel, le dossier revient pourtant sur le devant de la scène. En cause, le quotidien Ouest-France qui cite une étude menée par des scientifiques strasbourgeois sur demande de la police, et que Le Soir a pu consulter. « Lors d’une course cycliste internationale de trois semaines en France, une division spéciale de la police a contrôlé toute une équipe », explique-t-elle. « En plus du contrôle des chambres et des dispositifs et produits médicaux, il a été demandé à un pathologiste de prélever des cheveux de sept cyclistes (…) Des tests de Tizanidine ont été spécifiquement demandés. Il s’agissait d’une demande ciblée du juge basée sur la suspicion, car de nombreuses boîtes de Tizanidine avaient été trouvées dans la chambre du médecin de l’équipe (…) Trois des sept échantillons prélevés sur des cyclistes se sont révélés positifs à la Tizanidine. » Les auteurs de l’étude ne nomment pas explicitement Bahrain Victorious, mais comme le rappelle Ouest-France, elle est la seule équipe à avoir été perquisitionnée sur la Grande Boucle.

« Un effet relaxant sur les muscles »

Précision importante : la Tizanidine, largement utilisée en cas de sclérose en plaques, de lésion de la moelle épinière ou de lésion cérébrale, n’est pas interdite par l’Agence mondiale antidopage, comme le rappelle Pascal Kintz, professeur à l’université de Strasbourg et l’un des auteurs de l’étude. De facto, même si l’affaire était officielle et avérée, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle, il ne s’agirait donc pas d’un manquement aux règles antidopage. L’étude précise toutefois que le médicament « semble présenter des propriétés intéressantes pour les athlètes » et qu’il est « possible d’utiliser ce médicament pour éviter les crampes, car il a un effet relaxant sur les muscles ».

Ce vendredi, la formation WorldTour a réagi par le biais d’un communiqué. « L’équipe Bahrain Victorious et aucun de ses coureurs n’ont été officiellement ou officieusement informés de toute découverte liée à la Tizanidine ou à d’autres substances », indique-t-elle dans ces quelques lignes. « L’équipe tient à souligner que les auteurs de l’article scientifique auquel se réfèrent toutes les allégations ont indiqué sans ambiguïté que la Tizanidine n’est pas une substance interdite dans le sport. L’équipe consulte des conseils juridiques sur la façon dont cette information a été publiée pendant une enquête en cours sans que l’équipe en soit informée, ce qui a eu un impact sur sa réputation. Pour le moment, l’équipe n’a pas d’autres commentaires. »

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