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Coup d’Etat au Soudan: les forces armées détiennent le Premier ministre et la télévision d’Etat

Les militaires sont allés arrêter les dirigeants à leurs domiciles. Des forces armées détiennent Abdallah Hamdok, le Premier ministre. Internet a été coupé. Les Etas-Unis se disent « profondément inquiets ».

Temps de lecture: 3 min

Les forces armées au Soudan ont arrêté lundi les dirigeants civils, notamment le Premier ministre en raison de son refus de soutenir leur « coup d’Etat », a déclaré le ministère de l’Information après des semaines de tensions entre militaires et civils se partageant le pouvoir depuis 2019.

C’est un « coup d’Etat militaire », dénonce l’Association des professionnels, l’un des fers de lance de la révolte de 2019 qui a mis fin à 30 années de dictature d’Omar el-Béchir dans ce pays d’Afrique de l’Est, l’un des plus pauvre au monde.

Internet coupé

Ces annonces d’une prise de pouvoir par les militaires vont « à l’encontre de la déclaration constitutionnelle » qui régit la transition dans le pays « et des aspirations démocratiques du peuple soudanais », a tweeté l’émissaire américain pour la corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman.

Dans un pays où internet a été coupé et où les télécommunications sont de plus en plus aléatoires, seul un canal subsiste : des communiqués du ministère de l’Information mis en ligne sur Facebook.

« La plupart des ministres et les membres civils du conseil de souveraineté ont été arrêtés » et ce « par des forces militaires », a-t-il d’abord annoncé.

Puis, a-t-il ajouté, « après qu’il a refusé de soutenir le coup d’Etat, des forces armées ont arrêté le Premier ministre Abdallah Hamdok et l’ont emmené vers un lieu non identifié ».

Les Etats-Unis sont inquiets

Les Etats-Unis se sont dits lundi « profondément inquiets » par les annonces d’arrestations de dirigeants civils au Soudan par des forces militaires.

Ces annonces d’une prise de pouvoir par les militaires vont « à l’encontre de la déclaration constitutionnelle (qui régit la transition dans le pays) et des aspirations démocratiques du peuple soudanais », a tweeté l’émissaire américain pour la corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman.

Moitié civils, moitié militaires

Le Soudan connaît une transition précaire entachée de divisions politiques et de luttes de pouvoir depuis que l’armée a poussé au départ l’ancien président Omar el-Béchir en avril 2019 après trois décennies de pouvoir sous la pression d’une énorme mobilisation populaire. Depuis août de la même année, le pays est dirigé par un conseil de souveraineté composé pour moitié de civils et pour moitié de militaires.

Mais ces derniers jours, la tension est montée entre les deux camps. Le 16 octobre, des pro-armée ont planté leurs tentes devant le palais présidentiel où siègent les autorités de transition, partagées entre civils et militaires selon la transition qui devait s’achever en 2023.

En réponse, le 21 octobre, des pro-civils sont descendus par dizaines de milliers dans les rues des différentes villes du pays, dans un joyeux festival pour, disaient-ils, « sauver » leur « révolution », le soulèvement qui a mis fin en 2019 à 30 années de dictature d’Omar el-Béchir.

Depuis, le sit-in des pro-armée a débordé ailleurs dans Khartoum. Dimanche matin, premier jour de la semaine, ils ont bloqué un des principaux ponts de la ville, créant des embouteillages monstres. Et le soir, ils sont de nouveau ressortis, brûlant des pneus en travers de routes.

Face à eux, l’Association des professionnels, l’un des fers de lance de la révolte de 2019, a appelé les partisans d’un pouvoir civil à la « désobéissance civile » face à un « coup d’Etat militaire violent ».

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