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Le débat sur la sortie du nucléaire s’enflamme à nouveau

Lundi matin, le Conseil supérieur de la santé a rendu public un rapport fouillé dont la conclusion est sans appel : l’utilisation actuelle de l’énergie nucléaire ne tend pas à satisfaire les principes de développement durable. De quoi relancer le débat.

Temps de lecture: 4 min

Le Conseil supérieur de la santé (CSS) a publié lundi matin un rapport soulignant les effets néfastes de l’énergie nucléaire. Le CSS estime notamment que « sur le plan environnemental, éthique et sanitaire, l’énergie nucléaire de fission, telle que déployée actuellement, ne peut pas prétendre satisfaire aux principes du développement durable ».

Depuis lundi matin, de nombreux politiques ont pris la parole. Certains vont dans le sens du rapport, tandis que pour d’autres, le son de cloche est différent. Voici les réactions.

Une position saluée par Groen et Ecolo

Après la publication du rapport, la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen) et celle du Climat, l’Ecolo Zakia Khattabi, ont toutes deux réagi positivement.

« La crise du covid nous a appris à prendre au sérieux le point de vue des experts et à mener une politique basée sur les preuves. L’avis du CSS a d’autant plus de valeur qu’il est rédigé par un groupe diversifié d’experts du nucléaire, d’ingénieurs, de toxicologues et de philosophes », a souligné la ministre de l’Energie. « La politique énergétique fédérale est basée sur des faits et des chiffres. Cet avis nous permettra de l’objectiver davantage », a-t-elle ajouté.

Quant à la ministre du Climat, Zakia Khattabi, l’avis du Conseil supérieur de la santé (CSS) sur l’enjeu du nucléaire est « extrêmement précieux et éclairant dans le débat sur la transition énergétique de notre pays », selon elle. « La Belgique est particulièrement vulnérable en raison des caractéristiques des sites concernés : proximité des grandes villes et des artères internationales, réseau routier encombré et forte densité de population », a ajouté la ministre.

« Le débat sur l’énergie nucléaire a été erronément réduit à l’enjeu climatique en faisant de facto l’impasse sur les très nombreux effets pervers et dangereux d’une telle technologie. L’énergie nucléaire présente de sérieux inconvénients soulignés par les universitaires du Conseil de la santé qui concluent qu’elle n’est pas conforme aux principes du développement durable, seuls à même de garantir un avenir aux générations d’aujourd’hui et de demain », a-t-elle poursuivi.

Du côté des libéraux, le son de cloche est différent

« L’avis du CSS repose sur des erreurs d’analyse, comme en ce qui concerne la part de l’électricité dans notre production énergétique, en ignorant son accroissement dans les prochaines années, entre autres, par l’électrification de notre parc automobile », a ainsi réagi le président du MR.

« Ce rapport n’objective rien du tout. Et ce serait une faute politique de le croire et de décider sur cette base. Le niveau d’émissions de CO2 doit rester notre première préoccupation. La COP26 doit réellement servir à quelque chose », a-t-il ajouté.

« L’avis du CSS sur le nucléaire ne compare pas cette énergie au gaz. Personne n’a indiqué que le nucléaire était sans contrainte mais on peut indiquer qu’aujourd’hui, face au défi climatique, c’est certainement une solution utile du mix pour réduire les émissions de CO2  », a encore souligné Georges-Louis Bouchez.

Toujours dans les rangs du MR, l’ancienne ministre de l’Energie, Marie Christine Marghem, n’a pas non plus mâché ses mots. « Ce rapport tombe à point nommé pour les anti-nucléaires primitifs jouant sur les peurs. Sa qualité scientifique est d’autant plus branlante que trois experts l’on désapprouvé et qu’on n’a même pas la force morale de citer leurs noms », a-t-elle écrit sur le réseau social en retweetant le spécialiste de l’ULiège, Damien Ernst.

Selon ce dernier, le CSS « s’est couvert de disgrâce aujourd’hui en publiant un énième rapport à charge du nucléaire dont la qualité scientifique est au mieux indigente ».

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30 Commentaires

  • Posté par Lete Catherine , lundi 25 octobre 2021, 19:13

    C'est Marie Curie qui se retourne dans sa tombe! Aujourd'hui, ce n'est pas nos moulins à vent (ie éoliennes) ni nos miroirs aux alouettes (ie panneaux photovoltaïques) qui nous assurent suffisamment d'énergie pour nous chauffer l'hiver, nous éclairer la nuit, nous facebooker (çà se dit?) tout au long de la journée. Dès qu'on aura trouvé une (vraie) solution efficace et durable à notre demande d'énergie toujours croissante, ... alors oui, on pourra éteindre les grosses marmites à vapeur.

  • Posté par Ballez Guy, lundi 25 octobre 2021, 18:15

    Sans nucléaire pas de vie! Le soleil, les étoiles. Même la Terre qui sans la radioactivité du noyau ne serait pas habitable ... En tout de la nuance et du discernement. Et en matière de sécurité, méfiez-vous de l'environnement domestique, c'est là, statistiquement, que le risque d'accidents même létaux est le plus élevé.

  • Posté par Esquenet Alexandre, lundi 25 octobre 2021, 18:40

    Allez faire un tour sur le soleil, ça vous fera le plus grand bien...

  • Posté par Bouko Christian, lundi 25 octobre 2021, 17:34

    quadrature du cercle , schizophrénie écolo et défi cornélien ; mourir par le nucléaire ou par le dérèglement climatique dû au CO2 ?

  • Posté par Linard Robert, lundi 25 octobre 2021, 20:12

    Les bobos écolos vont faire un troisième choix : le retour au Moyen-Âge

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