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Coup d’Etat au Soudan: le chef de l’armée retient le Premier ministre, le peuple descend la rue

Le chef de l’armée a assuré avoir enlevé le Premier ministre parce qu’il était « en danger ».

Temps de lecture: 2 min

Des Soudanais en colère continuent de protester mardi contre un coup d’Etat militaire la veille, largement condamné au niveau international et sur lequel le général aux commandes de ce pays pauvre d’Afrique de l’Est s’est exprimé publiquement pour la première fois.

Sous le feu des critiques qui l’accusent d’avoir «trahi» la «révolution» de 2019 au Soudan ayant chassé du pouvoir l’autocrate Omar el-Béchir, le général Abdel Fattah al-Burhane a expliqué mardi avoir dissous toutes les autorités de transition composées de civils et de militaires car «certains attaquaient l’armée et incitaient contre cette composante essentielle de la transition».

Il s’est aussi exprimé sur le sort du Premier ministre Abdallah Hamdok, dont la communauté internationale réclame la libération depuis son arrestation la veille: il est «chez moi», a assuré le chef de l’armée.

Les explications de l’armée

Economiste de l’ONU devenu le visage civil d’une transition post-dictature partagée avec les militaires, M. Hamdok a été enlevé avec son épouse, nombre de ses ministres et les autres dirigeants civils de la transition lundi à l’aube.

«Oui, on a arrêté des ministres et des politiciens, mais pas tous», a ajouté le général Burhane lors d’une conférence de presse de près d’une heure en forme de monologue. Quant à M. Hamdok, il était «en danger», a été «mis à l’abri» et «rentrera chez lui quand la crise sera finie», a-t-il ajouté.

Mais pour les manifestants dont la désobéissance civile a transformé Khartoum en ville morte depuis lundi, pas question de renoncer pour autant. Même si l’on sait maintenant où est le chef du gouvernement, «on ne quittera la rue qu’une fois le gouvernement civil réinstallé», assure à l’AFP Hocham al-Amine, ingénieur de 32 ans. Et après le fiasco de la coopération entre militaires et civils qui a explosé en vol lundi, «on n’acceptera plus jamais de partenariat avec l’armée», poursuit-il.

Les ambassadeurs soudanais de trois pays en Europe - France, Belgique et Suisse - ont déjà proclamé leurs ambassades comme celles du «peuple et de sa révolution». Et parce que pour manifestants et experts, la perspective d’un retour au règne sans partage des militaires est désormais de plus en plus réaliste, le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra mardi après-midi une réunion d’urgence à huis clos.

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