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L’inflation a dépassé 4% en octobre

En Belgique, comme chez ses partenaires européens, l’inflation continue d’accélérer. Mais cette flambée des prix devrait rester temporaire, estiment la Banque centrale européenne et la Banque nationale.

Infographie - Journaliste au service Economie Temps de lecture: 4 min

Le rythme de hausse des prix à la consommation continue d’accélérer : il a atteint 4,16 % en octobre (contre 2,86 % en septembre et 2,73 % en août), selon le SPF Economie. Largement la faute à la flambée des prix du pétrole, du gaz et de l’électricité. « La forte augmentation de l’inflation ce mois-ci est due à la forte hausse des prix de l’énergie », confirme le SPF Economie, qui précise que « l’inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte de l’évolution des prix des produits énergétiques et des produits alimentaires non transformés, s’établissait à 1,95 % en octobre, contre 1,61 % en septembre ».

Cette accélération de l’inflation n’est pas une particularité belge, mais concerne également nos partenaires européens, comme le confirme l’évolution des indices des prix à la consommation harmonisés, publiés par Eurostat.

Ainsi, en moyenne, au sein de la zone euro, l’inflation des prix à la consommation a atteint 3,4 % en septembre (contre 3 % en août et 2,8 % en juillet), un rythme à peine inférieur aux 3,8 % mesurés par Eurostat en Belgique.

Une flambée temporaire

Tant la Belgique que la zone euro n’avaient plus connu une inflation à ce niveau depuis le milieu de l’année 2008, peu avant le climax de la crise financière. Cette poussée de l’inflation n’inquiète cependant pas la Banque centrale européenne (BCE), dont on rappellera que la mission première est d’assurer la stabilité des prix – qu’elle a elle-même définie comme un taux d’inflation (moyen au sein de la zone euro) de 2 % à moyen terme.

Ce jeudi, sa présidente, Christine Lagarde, a précisé s’attendre à ce que le rythme d’inflation s’accroisse encore durant les derniers mois de l’année, avant de se replier dans le courant de 2022. « La reprise de l’inflation reflète en grande partie une combinaison de trois facteurs », a-t-elle expliqué, citant la forte hausse des prix de l’énergie, mais aussi la reprise de la demande liée à la réouverture des économies. « Cette dynamique est particulièrement visible dans les prix des services à la consommation, ainsi que les prix des biens les plus touchés par les pénuries d’approvisionnement. »

La présidente de la BCE a également pointé « les effets de base liés à la fin de la baisse de la TVA en Allemagne » – qui dope artificiellement le taux d’inflation outre-Rhin. « Nous prévoyons que l’influence de ces trois facteurs s’atténuera au cours de 2022 ou disparaîtra (pour ce qui concerne le troisième facteur) du calcul de l’inflation en glissement annuel. »

Plus longue que prévu

Néanmoins, la présidente de la BCE a précisé que « la phase actuelle de hausse de l’inflation durera plus longtemps que prévu initialement ». Mais cela, a-t-elle insisté, ne remet pas en cause, pour le moment, la prévision d’un taux d’inflation légèrement inférieur à 2 % à moyen terme – dont légèrement sous l’objectif que s’est fixé la BCE. Ni la poursuite de la reprise économique.

Christine Lagarde a écarté le risque de stagflation – cette combinaison de stagnation de l’activité et d’inflation élevée que le monde industrialisé avait connue dans les années septante dans la foulée du premier choc pétrolier. La reprise est forte, même si son momentum a un peu faibli, en raison des pénuries d’approvisionnement, a-t-elle expliqué.

Ce léger ralentissement du dynamisme économique n’est pas apparent pour le moment en Belgique. Selon la première estimation de l’Institut des comptes nationaux, le PIB aurait en effet progressé de 1,8 % au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, un rythme équivalent à celui du deuxième trimestre (1,7 %).

« Si des goulets d’étranglement persistants se traduisent par des augmentations de salaires plus élevées que prévu ou si l’économie revient plus rapidement à pleine capacité, les pressions sur les prix pourraient devenir plus fortes », a admis la présidente de la BCE.

Mais elle a précisé ne pas s’attendre à l’apparition d’une spirale prix-salaires – ce que les économistes et banquiers centraux nomment « effets de second tour ». La Banque nationale de Belgique (BNB), rappelons-le, partage la même analyse.

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