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La lanceuse d’alerte de Facebook fustige la nouvelle stratégie du groupe «Meta»

Ce changement de nom est interprété comme une manoeuvre de distraction par les critiques du groupe californien.

Temps de lecture: 3 min

Pour son retour en présentiel, le Web Summit a offert à Frances Haugen une tribune de choix dans son combat contre Facebook : la lanceuse d’alerte a pressé lundi l’entreprise américaine d’investir davantage sur la « sécurité » avant le « métavers », nouvelle priorité du groupe désormais baptisé Meta.

« Encore et encore, Facebook choisit l’expansion dans de nouveaux domaines plutôt que de s’en tenir à ce qu’il a déjà fait. Je trouve cela inadmissible… Il faut consacrer plus de ressources aux systèmes de sécurité de base », a déclaré l’ancienne employée du géant des réseaux sociaux, en ouverture du Web Summit, grand-messe de l’économie numérique de retour dans sa version en chair et en os à Lisbonne.

« Au lieu d’investir pour s’assurer que leurs plateformes sont un minimum sûres, ils sont sur le point d’(engager) 10.000 ingénieurs » en Europe dans le développement du « métavers », a-t-elle ajouté à propos du monde parallèle numérique qui représente, selon le patron de Facebook, l’avenir d’internet. « Je ne peux imaginer que cela puisse avoir du sens » «, a-t-elle encore dit.

Après avoir présenté le concept de « métavers », Mark Zuckerberg a annoncé jeudi que la maison mère du géant des réseaux sociaux s’appelait désormais « Meta ».

Les noms des différents services (Instagram, WhatsApp, Messenger…) resteront toutefois inchangés.

Ce changement de nom est interprété comme une manoeuvre de distraction par les critiques du groupe californien, empêtré dans les scandales et controverses, de la désinformation à la confidentialité des données en passant par le respect du droit de la concurrence.

Facebook dans la tourmente

Depuis plus d’un mois, les « Facebook papers », des milliers de documents internes remis à l’autorité boursière américaine (SEC) par Frances Haugen, montrent comment le groupe californien était conscient du potentiel de nuisance de ses réseaux sociaux mais a choisi, en partie, de les ignorer, par souci de préserver ses profits.

« J’ai la foi que Facebook peut changer. (Mark Zuckerberg) a un beau rêve : il veut connecter les gens, faire du monde un meilleur endroit… Cela ne fait pas de lui une mauvaise personne d’avoir fait des erreurs », a insisté lundi Frances Haugen. « Mais il est inacceptable de continuer à faire les mêmes erreurs après avoir su qu’il s’agissait d’erreurs. »

Frances Haugen a déjà témoigné devant les législateurs américains et britanniques, mais le Web Summit marque sa première apparition devant un public plus large.

La lanceuse d’alerte sera entendue par une commission du Parlement européen le 8 novembre, avant d’être auditionnée par les parlementaires français le 10 novembre.

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2 Commentaires

  • Posté par Durlet Anne-Marie, lundi 15 novembre 2021, 13:38

    Je n'ai plus messenger ! Comprends pas !

  • Posté par J.-M. Tameyre, mardi 2 novembre 2021, 7:38

    La première fois c'est une erreur. La seconde fois c'est une faute. Pour moi, Facebook est, fondamentalement, une société subversive et abrutissante qui sape nos democraties. Il est grand temps de démanteler cet empire : les américains l'ont déjà fait autrefois avec AT&T.

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