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Grève de la faim: les négociateurs dénoncent une trahison de Sammy Mahdi

D’après les négociateurs, Sammy Mahdi aurait pris une série d’engagements, en juillet, laissant entrevoir une possibilité de régularisation pour une partie des grévistes qui présentaient des caractéristiques démontrant leur bonne intégration dans la société belge.

Temps de lecture: 2 min

Les quatre négociateurs qui ont contribué, au mois de juillet, à la sortie de crise provoquée par la grève de la faim des sans-papiers ont appelé mercredi le gouvernement à reprendre le dossier des demandes de régularisation des grévistes. Ils estiment avoir été trahis par le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V).

Le 21 juillet, les quelque 400 personnes en grève de la faim à l’église du Béguinage, à Bruxelles, et sur les sites de l’ULB et de la VUB avaient suspendu leur action en cours depuis le 23 mai, à la suite d’une médiation opérée par le commissaire général aux réfugiés et apatrides, Dirk Van den Bulck, à la demande du gouvernement. Dans la discrétion, quatre négociateurs avaient représenté les sans-papiers : les avocats Marie-Pierre de Buisseret et Alexis Deswaef, le coordinateur de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, Mehdi Kassou, et le père Daniel Alliet, curé de l’église du Béguinage.

Mercredi, ils ont pris la parole pour dénoncer ce qu’ils qualifient de trahison de la part de Sammy Mahdi. Celui-ci a participé à la dernière phase de la discussion – qu’il s’est toujours refusé de qualifier de négociation – et aurait pris une série d’engagements laissant entrevoir une possibilité de régularisation pour une partie des grévistes qui présentaient des caractéristiques démontrant leur bonne intégration dans la société belge.

Or, à voir les premières décisions prises et qui concernent de « bons » dossiers, il n’en serait rien, selon ces quatre négociateurs. Ils ont décidé de révéler le contenu de ces discussions qui devaient rester confidentielles. « Si nous rendons aujourd’hui cela public, c’est qu’il y a un non-respect de la parole d’un membre du gouvernement chargé de gérer la crise », a affirmé Me Deswaef. « Nous demandons que le gouvernement reprenne le dossier. Le secrétaire d’Etat a montré qu’il ne voulait ou ne pouvait pas le faire. »

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15 Commentaires

  • Posté par Moriaux Raymond, mercredi 3 novembre 2021, 17:03

    Etre Belge par sa naissance ne constitue pas un mérite particulier qui donne le droit de refuser à d'autres de le devenir. C'est pour ça que nous soumettons, par la loi, l'obtention et l'exercice de ce droit au respect d'une série de conditions. Ce principe est parfaitement légitime. Cependant, dans un état de droit (précisément !), la transparence, la prévisibilité et la sécurité juridiques sont aussi des principes fondamentaux. Tout comme d'ailleurs l'effectivité des possibilités de recours contre les décisions rendues. Or, là, les choses sont nettement moins établies. Le pouvoir discrétionnaire laissé aux décideurs est beaucoup trop systématiquement exercé en défaveur des demandeurs tant l'actuel dispositif réglementaire le leur permet, voire les y encourage implicitement. Et la longueur des procédures, de même que la multiplicité des procédures de recours, à l'autopsie purement formelles, ne sauraient tenir lieu de garanties du respect des droits de chacun.

  • Posté par collin liliane, mercredi 3 novembre 2021, 18:03

    Etre né quelque part confère un droit particulier à ceux qui y sont nés. Et notamment le droit d'interdire l'accès de leur territoire à ceux dont ils ne veulent pas et qui tentent de forcer l'entrée. C'est le cas partout, dans tous les pays du monde, et il n'y a aucune raison pour que cela change. Sinon, c'est la porte ouverte à toutes les invasions et à force d'accueillir sans cesse, nous (ou nous enfants) risquons un jour de nous retrouver réfugiés à notre tour lorsque nos lois auront été "déclinées en fonction de la démographie" (Haouach). Certains ont déjà été contraints de quitter certains endroits ou communes devenus difficiles à vivre, il faut que cela cesse. Nous voulons toujours nous montrer les plus nobles, nous sommes surtout les plus couillons. Ou si on préfère une formulation plus formelle "l'homme n'est ni ange ni bête et le malheur veut que celui qui veut faire l'ange fasse la bête" (Pascal).

  • Posté par collin liliane, mercredi 3 novembre 2021, 16:40

    Bravo à Mahdi: il n'y a aucune raison de céder au chantage. Si on s'engage sur cette voie, demain ils seront des dizaines de milliers d'illégaux à faire pareil.

  • Posté par J.-M. Tameyre, mercredi 3 novembre 2021, 14:35

    Je connais personnellement 3 réfugiés. 1 seul a sa vie réellement menacée mais il envoie assez d'argent pour se faire construire une maison et rêve de pouvoir retourner au pays dès qu'il sera naturalisé. 1 autre à décidé de s'installer en Belgique et fait beaucoup d'efforts pour s'intégrer mais il est réfugié économique. On a beau jeu de lui faire comprendre que son dossier a peu de chance d'aboutir, il s'incruste. Le dernier a prétendu avoir sa vie menacée, il est retourné dans sa famille tous les ans ou quasi pendant sa période de protection sans que personne ne s'interroge, s'y est fait construire une villa avec piscine et travaillait en noir. Il n'a jamais été inquiété. Je pense que l'office des étrangers a toutes les raisons du monde de faire un tri soigneux des demandes et donc de refuser les dossiers qui doivent l'être.

  • Posté par Heymbeeck Joseph, mercredi 3 novembre 2021, 12:54

    "Première revendication : accepter toutes nos revendications".... Pirette

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