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Coronavirus: une reprise économique vigoureuse mais de plus en plus entravée par les contraintes d’offre

Le dernier rapport de l’ERMG fait état d’une reprise solide pour les entreprises belges, mais pas dans tous les secteurs. Mais les problèmes d’approvisionnement en matières premières et la pénurie de main-d’œuvre représentent des freins.

Temps de lecture: 5 min

Les entreprises belges font état d’une solide reprise de leur chiffre d’affaires après la crise du coronavirus, celui du mois dernier dépassant de 9 % celui d’octobre 2019, ressort-il lundi d’une enquête auprès de plus de 2.200 entreprises et indépendants menée par l’Economic Risk Management Group (ERMG), créé pour guider le pays à travers la crise économique. Mauvaise nouvelle cependant : les contraintes d’offre que représentent les problèmes d’approvisionnement, la hausse des coûts des intrants et la pénurie de main-d’œuvre pèsent à l’heure actuelle sur cette reprise. La plupart des entreprises s’attendent d’ailleurs à ce que ces problèmes d’approvisionnement se prolongent jusqu’à la mi- ou la fin 2022 et à ce que l’augmentation sensible des prix de vente se poursuive au cours des six prochains mois.

La Banque nationale (BNB) et les fédérations d’entreprises et d’indépendants (Beci, SNI, UCM, Unizo, UWE, Voka et FEB) qui ont mené cette enquête (fin octobre) constatent une hétérogénéité plus grande que d’habitude : la reprise n’est pas aussi forte dans tous les secteurs et même au sein des secteurs, il existe de grandes différences.

De manière générale, les catégories qui avaient été plus touchées pendant la crise du Covid-19 – c’est-à-dire les indépendants, les plus petites structures et les secteurs pour lesquels les contacts sociaux sont au cœur de l’activité – indiquent que leur chiffre d’affaires reste actuellement inférieur à celui d’il y a deux ans, sans doute parce que le rebond est toujours entravé par les changements dans les habitudes ou les craintes des consommateurs. Il s’agit en particulier des agences de voyages (– 49 %) et de l’horeca (– 32 %). En revanche, la reprise s’est avérée très vigoureuse pour le secteur de l’information et de la communication (+38 %) ainsi que pour les activités immobilières (+ 33 %).

Digestion plus rapide

« Les petites entreprises restent encore concernées par une reprise moins dynamique, voire par une baisse de leur chiffre d’affaires par rapport à la période d’avant-crise », observe Geoffrey Minne, économiste à la BNB. « Nous sommes maintenant dans une nouvelle phase », complète Geert Langenus, macro-économiste à la Banque nationale. « La reprise est désormais plafonnée par des problèmes d’approvisionnement, il n’y a pas assez de matières premières ou le transport fait défaut. Il y a aussi la pénurie sur le marché du travail ».

Selon les entreprises interrogées, cette pénurie de main-d’œuvre et les problèmes d’approvisionnement ont réduit la production ou la prestation de services respectivement de 5 et 4 % ce mois-ci. Sans ces contraintes d’offre, l’économie aurait été en mesure de digérer la crise beaucoup plus facilement et elle aurait déjà retrouvé ou dépassé la trajectoire de croissance escomptée auparavant, suggère l’ERMG.

Globalement, tous les secteurs d’activité se disent négativement impactés par les contraintes d’offre, avec des problèmes d’approvisionnement qui touchent davantage la vente en gros, la vente au détail non alimentaire ou la construction. La pénurie de main-d’œuvre a, elle, un impact plus important sur la construction, l’agriculture et, étonnamment, certains secteurs fortement impactés par la crise du covid comme l’horeca, les agences de voyages ou les professions de contact non médicales.

La pénurie de main-d’œuvre s’est en outre accentuée et près de six entreprises sur dix (indépendants exclus) y sont confrontées. Pour 17 % d’entre elles, il s’agit d’une forte pénurie et d’un manque modéré pour 22 %.

Départs volontaires plus nombreux

Au-delà de la vigueur de la reprise et de la demande accrue, ce phénomène est également dû à des départs volontaires plus nombreux et aux problèmes de recrutement de nouveaux employés. Il apparaît aussi que de nombreux travailleurs des secteurs les plus touchés ont cherché et trouvé un autre emploi.

Tout cela exerce une pression sur les salaires, surtout en Flandre où le taux d’emploi est plus élevé qu’ailleurs dans le pays, observent encore la BNB et les fédérations d’entreprises et d’indépendants. Le salaire est, par contre, moins considéré comme étant la cause de problèmes de recrutement en Région wallonne.

Pour Piet Vanthemsche, l’ancien président du Boerenbond qui a coprésidé l’ERMG avec le gouverneur de la BNB Pierre Wunsch, une « partie de la réponse » à la pénurie de personnel réside probablement dans l’arrivée de travailleurs étrangers. Geert Langenus a, pour sa part, souligné l’importance de porter le taux d’emploi à 80 % pour contrebalancer le vieillissement croissant de la population.

La plupart des entreprises interrogées s’attendent à ce que les problèmes d’approvisionnement persistent jusque mi- ou fin 2022. Au sein des structures dont l’activité dépend des approvisionnements et qui rencontrent des problèmes à ce niveau, seules 13 % s’attendent à ce que ces perturbations soient résolues d’ici la fin de 2021, alors que trois quarts prévoient une résolution dans le courant de 2022 et 11 % à une date encore ultérieure.

Hausse des intrants

Les problèmes d’approvisionnement combinés à une hausse des prix énergétiques ont été associés à une vive augmentation du coût des intrants (c’est-à-dire les produits énergétiques, les produits intermédiaires, les matières premières, le transport, l’emballage, etc.), note encore l’ERMG.

Les entreprises interrogées font ainsi état d’une majoration moyenne de 6 % de leurs prix de vente au cours des six derniers mois et elles s’attendent à une hausse d’une ampleur similaire au cours du prochain semestre. L’augmentation des prix devrait être plus marquée encore dans les secteurs dont l’activité dépend fondamentalement des intrants, comme celui de la vente en gros (+30 % sur un an). Des hausses de prix qui seraient inévitablement ressenties par les consommateurs, prévient l’Economic Risk Management Group.

Après une croissance nominale moyenne de 9 % entre octobre 2019 et octobre 2021, les entreprises interrogées s’attendent à une hausse de leur chiffre d’affaires de 8 % d’ici à octobre 2022. Une croissance nominale qui peut aussi refléter des hausses de prix.

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2 Commentaires

  • Posté par Moriaux Raymond, lundi 8 novembre 2021, 17:34

    On est donc et heureusement loin de la catastrophe annoncée par d'aucuns à l'aube du Grand Confinement de l'année passée ...

  • Posté par dercq jul, lundi 8 novembre 2021, 15:20

    une « partie de la réponse » à la pénurie de personnel réside probablement dans l’arrivée de travailleurs étrangers . Comme dans Germinal de Zola ?....en tout cas ça va faire plaisir à la NVA etVB

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