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Tensions à la COP26 entre les pays du Nord et du Sud

Les pays en développement reprochent aux pays les plus riches leurs engagements insuffisants.

Temps de lecture: 4 min

A mi-parcours de la COP26, les pays en développement ont fustigé lundi les engagements selon eux insuffisants des pays les plus riches, accusés de sacrifier les vies de milliards d’habitants de la planète en première ligne du réchauffement climatique.

Lors de la session plénière faisant le bilan de la première semaine de négociations, les groupes représentant les pays en développement et émergents n’ont pas mâché leurs mots, malgré les nouvelles promesses d’ambition et de financement engrangées ces derniers jours.

« Le groupe des Pays les moins avancés est préoccupé par le fait que les actions de certains pays ne sont pas en ligne avec les déclarations, il y a une déconnexion entre les déclarations publiques et ce qui se passe dans les négociations », a dénoncé son président Sonam Phuntsho Wangdi.

Il s’est notamment inquiété de la façon dont l’objectif de limitation du réchauffement à +1,5ºC par rapport à l’ère préindustrielle – objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris devenu de facto le plafond à ne pas dépasser pour éviter les pires impacts – serait reflété dans la décision finale de cette COP26.

« Tout compromis » sur ce point « voudrait dire négocier avec la vie de milliards de personnes dans les pays les plus vulnérables comme les nôtres », a-t-il insisté.

Avant cette COP, les engagements de réduction de CO2 des Etats pour 2030 menaient vers un réchauffement « catastrophique » de 2,7ºC, au mieux 2,2ºC en ajoutant les objectifs de neutralité carbone pour le milieu du siècle, selon le rapport de référence de l’ONU-Environnement.

Des annonces tous azimuts

Depuis, la première semaine a vu une série d’annonces tous azimuts, depuis le renforcement des objectifs de réduction des émissions de l’Inde, du Brésil ou de l’Argentine, jusqu’à l’engagement d’une centaine de pays à réduire les émissions de méthane en passant par des promesses de sortie du charbon et de lutte contre la déforestation.

L’ONU-Environnement n’a pas encore mis à jour ses prévisions de hausse de température, mais selon diverses analyses préliminaires d’autres experts, si et seulement si toutes les nouvelles promesses étaient effectivement remplies, on pourrait limiter le réchauffement un peu en dessous de +2ºC.

Mais, alors que chaque dixième de degré supplémentaire entraîne son lot de nouvelles catastrophes, le plafond de +1,5ºC serait toujours dépassé. Et la requête des pays les plus vulnérables de soumettre chaque année des engagements plus ambitieux devrait rester lettre morte, selon les observateurs.

« Il y a deux vérités ici », note Helen Mountford, du centre de réflexion World Resources Institute. « Nous avons fait beaucoup de progrès dans certains domaines, que nous n’aurions jamais imaginés il y a deux ans, mais en même temps, ce n’est pas assez ».

Pas assez en termes d’ambition, mais aussi sur la question explosive du financement, insistent en chœur les pays en développement, estimant que leurs « préoccupations » ne sont pas prises en compte.

« Il y a une mauvaise foi des pays développés qui demandent toujours aux pays vulnérables de faire davantage », mais sans avoir mis les fameux « 100 milliards » promis sur la table, insiste Ahmadou Sebory Touré, qui préside le Groupe77+Chine rassemblant 134 pays en développement ou émergents.

En 2009, à Copenhague (COP15), les pays développés avaient promis de porter à 100 milliards de dollars par an en 2020 leur aide aux pays en développement pour réduire leurs émissions et s’adapter aux impacts. Mais il manquait encore plus de 20 milliards en 2019 et le Nord espère désormais y parvenir en 2023.

« Arrêtons les paroles en l’air sur l’accès aux financements », a dénoncé Lia Nicholson, au nom de l’Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), déplorant que les populations en première ligne « soient prises en otage d’une charité aléatoire ».

Au tour des ministres

Après une première semaine où groupes de négociations et observateurs ont dénoncé les restrictions d’accès liées au Covid-19 malgré les promesses d’une COP « inclusive », les ministres entrent en piste pour tenter de trouver des compromis sur les grandes orientations politiques mais aussi sur les articles en suspens depuis trois ans concernant les règles d’application de l’accord de Paris, notamment le fonctionnement des marchés carbone, le fameux article 6 du traité.

Et il y a encore beaucoup de pain sur la planche, avec des sessions de négociations déjà envisagées tard chaque nuit.

« Pour assurer une clôture de la conférence ce vendredi, nous devons changer de braquet », a insisté le président britannique de la COP26 Alok Sharma, alors que les observateurs parient sur un dépassement au moins jusqu’à samedi. Il faut dire que les dernières COP ont pris la fâcheuse habitude de jouer les prolongations jusqu’au samedi voire jusqu’au dimanche, comme ce fut le cas en 2019 à Madrid (COP25).

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1 Commentaire

  • Posté par D Marc, mardi 9 novembre 2021, 10:25

    Les "accords" obtenus à ce jour sont tous insuffisants et illusoires : réduction des émissions de méthane, promesses de sortie du charbon et lutte contre la déforestation. Maintenant on va s'attaquer "au gras" : combien de milliards les pays occidentaux vont donner aux pays en développement. Comment motiver les populations à respecter l'environnement après un tel cirque?

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