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Mena: l’Etat réplique aux associations de terrain

Plaidoiries devant le tribunal du travail de Bruxelles entre l’Etat et huit associations de terrain et de défense des droits humains, qui avaient mis en demeure le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Sammy Mahdi d’accueillir les mineurs étrangers non accompagnés qui se présentent à Fedasil jusqu’à 22h.

Temps de lecture: 2 min

En dehors des heures de bureau, soit après 15h et jusqu’à 22h, seuls les mineurs étrangers non accompagnés (Mena) présentant des « critères de vulnérabilité », dont les filles, les garçons jusqu’à 15 ans inclus ou les Mena victimes potentielles de la traite des êtres humains, peuvent être hébergés dans les centres de Fedasil ou redirigés vers d’autres centres comme SOS Jeunes. Des critères jugés discriminatoires par huit associations de terrain et de défense des droits humains qui avaient mis en demeure le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Sammy Mahdi (CD&V) en septembre dernier. Lundi, ont eu lieu les débats devant le tribunal du travail de Bruxelles quant à la recevabilité de l’action en référé.

Et pour l’Etat, « les associations sont au courant de ces critères depuis longtemps ». « Ils ont été formulés en janvier 2020 et formalisés en mars 2020 », ont plaidé les avocats. « Pourquoi décide-t-on en septembre de réagir ? Quelle est l’urgence 18 mois plus tard ? Avant mars 2020, la situation était la même, les critères n’étaient juste pas formalisés, on procédait à l’analyse du jeune. »

Mais pour les avocates des associations, il y a « clairement une dégradation de l’accueil » et une systématisation des catégories. « Avec un but précis et pas caché de limiter le nombre de places pour les Mena », précise Mieke Van Den Broeck, avocate au sein du Progress Lawyers Network. « Sammy Mahdi voulait les diminuer et a dit dans une réponse parlementaire que c’était le but. »

Ce que souhaitent aujourd’hui les associations, dont Médecins du Monde, Association pour le Droit Des Etrangers et Plateforme de soutien aux réfugiés, c’est que le tribunal reconnaisse là une « pratique paralégale » et que n’importe quel mineur soit accueilli jusque 22h, sans aucune distinction. « Sur la route migratoire, ces jeunes ont été exploités, battus à la frontière, par les forces de l’ordre bien souvent », explique le président de Défense des Enfants International Benoît Van Keirsbilck à la sortie d’audience. « Ils ont subi travail forcé, esclavage, viols, violences physiques et ont parfois été séparés de leurs parents, morts ou disparus. Ils ont besoin de pouvoir se poser, d’un endroit où dormir, manger, charger leur gsm et après, peuvent être pris en charge. »

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2 Commentaires

  • Posté par collin liliane, lundi 8 novembre 2021, 23:27

    "Sammy Mahdi voulait les diminuer et a dit dans une réponse parlementaire que c’était le but". Heureusement qu'il est là.

  • Posté par lambert viviane, lundi 8 novembre 2021, 21:22

    Ils ont besoin d'être remis à leur pays , à défaut de leurs parents. On parlait déjà de la problématique des MENA il y a 15 ans ! RIEN n'a été fait.

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