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Infiltration de l’extrême droite dans l’armée: les politiques et experts tirent la sonnette d’alarme

La semaine dernière plusieurs perquisitions visant des militaires francophones suspectés de sympathies pour l’extrême droite avaient été menées. Ce lundi, le président du Comité R livrait plus d’informations aux députés de la Chambre. Depuis, plusieurs politiques et experts ont réagi à ce sujet.

Temps de lecture: 3 min

Lundi, le président du Comité Renseignement (Comité R) présentait devant la Chambre à huis clos son rapport au sujet de l’infiltration des structures de l’état par l’extrême droite. Les informations livrées par Serge Lipszyc lundi sont « pétrifiantes », selon Denis Ducarme, député fédéral MR, interrogé sur LN24 mardi matin. Tandis que le numéro 2 de la sûreté de l’Etat, Pascal Pétry, indiquait « une montée claire de l’extrême droite en Belgique » sur les ondes de La Première. De son côté, Ahmed Laaouej (PS) interviewé sur Bel RTL pointe du doigt un « réel danger avéré ».

Un rapport « pétrifiant »

« Il faut garder une certaine prudence mais ce que je peux vous dire c’est que les informations qu’on a eues hier sont assez pétrifiantes », a-t-il expliqué. « Il y a des suspicions d’actions extrémistes chez plusieurs militaires. On parle évidemment d’une minorité mais pas non plus d’un phénomène isolé. (…) Il faut donc une vigilance accrue dans ce domaine ». « Oui, il y a une nostalgie du 3e Reich. La justice et les services de renseignement ont du travail à faire ». Pour le député MR, ce n’est pas parce que le dossier Conings est clos que l’extrémisme de droite l’est aussi.

Pour Pascal Pétry, administrateur général adjoint de la Sûreté de l’Etat, « il y a une montée de l’extrême-droite en Belgique. Quant à dire qu’elle a une volonté de s’insérer au sein de nos institutions et de les mettre en péril, je ne suis pas en mesure de vous le confirmer maintenant. Nous travaillons sur des situations concrètes de radicalisme politique, mais nous ne pouvons pas à l’heure actuelle confirmer cette information ».

Un manque de moyens ?

Denis Ducarme, tout comme Pascal Pétry, souligne le manque d’effectifs pour traiter l’ensemble des dossiers ouverts à la Sûreté. Seuls 20 % d’entre eux peuvent être traités à cause du manque de moyens. « On ne sait pas tout suivre, on doit mettre des priorités. On travaille sur le radicalisme religieux, politique », souligne Pascal Pétry. « Au niveau de la sûreté, il n’y a pas assez de capacité à suivre les dossiers jusqu’au bout », indique Denis Ducarme. Mais le député MR est ferme : « Il est clair que j’attends des déclarations et des actes. Quand on a accès a des armes, à des renseignements, il faut être plus vigilent encore ». Un avis partagé par le chef de groupe parlementaire PS Ahmed Laaouej : « C’est un réel danger, qui est avéré. Il ne peut pas y avoir de place pour l’extrême droite dans les services qui assurent notre sécurité. (…) Il faut prendre le problème à bras le corps. »

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1 Commentaire

  • Posté par Racham John, mardi 9 novembre 2021, 13:11

    Quelques précisions Cf. Actualité Parlement européen du 23-08-2021 : Le rapport 2021 d'Interpol sur la menace terroriste dans l'UE dénombre 57 tentatives d'attaque dans l'Union européenne en 2020 (cela inclut les attaques ayant réellement eu lieu et celles ayant échoué), contre 55 en 2019. Parmi ces 57 tentatives : 1. 10 ont été attribuées au terrorisme djihadiste (attaques en Autriche, en France et en Allemagne). Même si elles ne représentent qu'un sixième des attaques dans l'UE, les attaques djihadistes furent responsables de plus de la moitié des décès (12) et de la quasi totalité des blessés (47). Le nombre total de décès et de blessés dans l'UE est passé de 10 morts et 27 blessés en 2019 à 21 morts et 54 blessés en 2020. 2. 14 attaques à caractère ethno-nationaliste ou séparatiste ont été perpétrées en France et en Espagne 3. 24 attentats ont été menés par des organisations terroristes ou des individus d'extrême gauche ou anarchistes, tous en Italie. Dans la majorité des cas, ces attaques visaient des institutions financières ou des bâtiments du gouvernement. En 2020 : 1. trois pays membres de l'Union européenne (Allemagne, Belgique et France) ont été frappés par quatre (4) attaques terroristes d'extrême droite. Cependant, trois d'entre elles ont été déjouées. 2 . près de deux fois plus d'attaques djihadistes ont été perpétrées que déjouées. Le terrorisme djihadiste reste la menace la plus importante pour l'UE.

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