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Accord à la COP26: le patron de l’ONU déçu par les mesures, du «bla, bla, bla» pour Greta Thunberg

Si un accord a bien été trouvé à l’issue de la COP26, plusieurs voix s’élèvent face au manque d’ambition des mesures proposées.

Temps de lecture: 5 min

La catastrophe climatique frappe toujours à la porte », malgré la conclusion d’un accord samedi à la COP26 de Glasgow, a averti le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. La conférence mondiale sur le climat a débouché sur « des pas en avant bienvenus, mais ce n’est pas assez », a estimé dans un communiqué le patron des Nations unies, qui avait quitté Glasgow et se trouvait en route pour le siège de l’organisation à New York.

Listant les objectifs « que nous n’avons pas atteints lors de cette conférence », il évoque notamment « la fin des subventions aux énergies fossiles, la sortie du charbon, mettre un prix sur le carbone » et l’aide financière aux pays les plus pauvres.

« Les textes adoptés sont un compromis. Ils reflètent les intérêts, la situation, les contradictions et l’état de la volonté politique actuelle dans le monde. (…) Malheureusement la volonté politique collective n’a pas été suffisante pour surmonter de profondes contradictions », écrit-il.

« Il est temps de passer en mode ‘urgence’», poursuit-il, en relevant que les engagements de réductions d’émissions actuels ne permettent pas de tenir l’objectif de l’accord de Paris de contenir le réchauffement « bien en deçà » de 2ºC par rapport à l’ère pré-industrielle, et encore moins l’objectif idéal de +1,5ºC.

Quelques raisons d’être sastifaits, pour Khattabi

«Il y a beaucoup à dire sur l’accord. Des déceptions, mais également de notables motifs de satisfaction. A nous désormais de tirer le meilleur parti des différents éléments de l’accord», a réagi samedi soir la ministre belge du Climat, Zakia Khattabi, depuis Glasgow.

Cette dernière se réjouit notamment que l’objectif de 1,5°C inscrit dans l’accord de Paris ait été bétonné et que les règles de collaboration au niveau international aient été définies. «Ces règles, fixées après six ans de discussion, contribueront à garantir la transparence et la responsabilité des parties et par là contribuer à une plus grande confiance réciproque dans le processus», a-t-elle souligné.

La ministre salue également la référence à la transition juste; la reconnaissance de l’importance de l’intégrité de tous les écosystèmes et celle du rôle que jouent les peuples indigènes, les jeunes, les femmes ou plus généralement la société civile. «Cet accord est imparfait. Il s’agit d’un compromis entre 197 Etats. Mais il contient les fondations de politiques plus ambitieuses. Il appartient désormais à toutes les régions et à tous les États d’assumer leurs responsabilités. Je choisis pour ma part de me tourner vers l’avenir et d’en tirer le meilleur parti pour plus d’ambition et d’actions concrètes, dans l’intérêt de toutes et de tous, aujourd’hui et demain, ici et ailleurs», a conclu Zakia Khattabi.

Un accord trop « fragile »

De son côté, la militante suédoise Greta Thunberg a déploré que la conférence se soit résumée à du « bla, bla, bla ». « Le vrai travail continue en dehors de ces salles. Et nous n’abandonnerons jamais, jamais », a déclaré sur Twitter la figure emblématique du mouvement Fridays for Future, à l’issue de la conférence mondiale sur le climat.

Dans un communiqué, Greenpeace a estimé que l’accord était « faible et fragile », même si « a été envoyé pour signifier que l’ère du charbon et des subventions fossiles se termine, mettant l’accent sur une transition juste ». L’organisation note malgré tout que les décisions importantes ont été reportées à l’année prochaine. « La supercherie que constituent les mécanismes de compensations carbone a pris encore plus d’ampleur à Glasgow. Il s’agit d’échappatoires intolérables qui mettent en danger la nature, les peuples indigènes et l’objectif de 1,5ºC lui-même. C’est très inquiétant », ajoute encore Greenpeace. Carine Thibaut, qui représente l’antenne belge à Glasgow, s’est montrée particulièrement critique face à l’absence d’accord fédéral, estimant que la Flandre tire la Belgique vers le bas. « Les inondations de l’été dernier sont apparemment déjà oubliées. Nos gouvernements doivent à présent collaborer et non se saborder, car le temps presse. Les progrès réalisés sur la scène climatique internationale sont tributaires des ambitions nationales. L’effort climatique belge doit donc être réparti au plus vite et transformé en politiques fortes et cohérentes entre entités », a-t-elle conclu.

La Coalition Climat appelle à l’action

La Coalition Climat a appelé les autorités à «passer réellement à l’action» samedi soir au terme de la COP26 de Glasgow dont la déclaration finale, jugée «loin d’être parfaite», permet néanmoins «de donner un coup d’accélérateur à la lutte contre la crise climatique», a-t-elle estimé.

«L’espoir de maintenir le réchauffement global à 1,5°C n’a pas disparu. Mais des progrès bien plus importants sont nécessaires», a souligné la Coalition Climat, qui réunit plus de 80 organisations de la société civile belge. «Nous sommes soulagés de voir que les engagements des Etats peuvent enfin se compter en années et non plus en décennies. Après de longues années de léthargie, on peut enfin espérer voir apparaître un tremplin concret pour le rehaussement global de l’ambition», estime la Coalition climat.

Elle déplore toutefois la «double image» de la Belgique «qui s’est montrée désunie» au cours de la COP26, juge-t-elle. «La délégation belge a joué un rôle constructif dans les négociations, et la Belgique a signé un certain nombre de déclarations importantes. Cependant, l’absence d’accord intra-belge sur la répartition des efforts climatiques continue de jouer des tours à la crédibilité de la Belgique», ajoute-t-elle.

«Nous attendons désormais des actions rapides et concrètes à tous les niveaux, avec une politique climatique audacieuse et juste qui ne laisse personne de côté», conclut la Coalition Climat.

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6 Commentaires

  • Posté par D Marc, dimanche 14 novembre 2021, 16:32

    Greta Thunberg a participé dans différents groupes à cette COP 26. Elle est donc une actrice dans ce "blablabla. Dans les faits, chacun des participants peut accuser l'autre de blablater.

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, dimanche 14 novembre 2021, 17:08

    On peut même ajouter une actrice omniprésente, et particulièrement "douée" dans le domaine...

  • Posté par Chalet Alain, dimanche 14 novembre 2021, 0:11

    Tant qu'on parlera de la Greta et de son blabla, on ne résoudra rien. En Belgique on peut commencer par une mesure utile: construire de nouvelles centrales nucléaires. Et alors, grâce à une électricité peu coûteuse et peu polluante, aller de plus en plus vers le tout électrique.

  • Posté par Esquenet Alexandre, samedi 13 novembre 2021, 23:16

    Texte avec zero contrainte: useless.

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, dimanche 14 novembre 2021, 9:29

    Commentaire itou.

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