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Budget de la Région bruxelloise: la N-VA demande la démission du ministre des Finances

De nombreuses critiques ont été formulées sur la gestion du budget de la région bruxelloise.

Temps de lecture: 4 min

Avant l’ouverture des débats budgétaires proprement dits dans une semaine, la cheffe du groupe N-VA du parlement bruxellois, Cieltje Van Achter, a demandé lundi la démission du ministre régional des Finances, Sven Gatz (Open Vld).

Dans l’opposition le MR, le CDH et le PTB n’ont pas été jusque-là, mais au-delà de leurs très nombreuses questions en commission, ils ont déjà émis de nombreuses critiques en marge de la séance de lundi.

« La Cour des comptes dénonce un manque de transparence concernant quelque 700 millions d’euros de mesures de soutien et de relance liées au covid dans le budget 2021. Dans le budget 2022, la Cour des comptes ne peut vérifier si les 93,1 millions d’euros de soutien européen à la relance seront effectivement affectés aux mesures de relance promises. La Cour des comptes réitère également sa critique annuelle sur la décision du gouvernement bruxellois de maintenir un demi-milliard d’euros de dépenses en dehors de la trajectoire budgétaire de retour à l’équilibre… Trop c’est trop », a jugé Cieltje Van Achter, selon laquelle les promesses d’amélioration sont invariablement tenues d’année en année sans résultat.

Une évolution budgétaire « affolante »

La sortie de l’élue N-VA, en marge de l’ouverture des travaux budgétaires, lundi, en commission des Finances, a été vivement critiquée par le vice-président de, la commission des Finances, l’ex-ministre des Finances Guy Vanhengel (Open Vld), et le chef de file de Groen, Juan Ben Benjumea-Moreno (Groen).

Si la cheffe de file de la N-VA était cohérente, elle demanderait la démission de tous les ministres du Budget du pays, car les rapports de la Cour des comptes ne sont pas moins critiques à l’égard de leurs comptes 2020, notamment ceux de la Flandre, a déclaré M. Vanhengel.

M. Benjumea a rappelé que la Cour des comptes s’est abstenue sur les comptes flamands de 2020.

Sans suivre l’élue N-VA, la cheffe du groupe MR au parlement bruxellois, Alexia Bertrand, a jugé « affolantes » l’évolution budgétaire et les perspectives économiques pour la Région.

Pour elle, la Région bruxelloise bat « ses mauvais records précédents, en s’enfonçant un peu plus dans la mauvaise gestion des finances publiques. Le modèle bruxellois de dépenser toujours plus, en empruntant plus, mène la Région tout droit vers la faillite. La dette directe de la Région bruxelloise a ainsi augmenté de 73,2 % en à peine deux ans (3,4 milliards d’euros fin 2018, pour 5,8 milliards au 31 décembre 2020). En l’absence de réforme, elle devrait atteindre 8,6 milliards au terme de l’année 2022 soit une augmentation de + 152 %, tout cela sans grande nouveauté pour la capitale. La perspective de retour à l’équilibre ne tient pas debout », a jugé Alexia Bertrand.

La faute au covid ?

Pour l’élue libérale, les dépenses liées au covid n’expliquent pas tout. Le recours à l’endettement systématique pour couvrir les recettes insuffisantes et l’augmentation au fil des années des charges d’intérêt pèsent lourdement sur le budget bruxellois. Le risque d’emballement de la dette se concrétise au risque de nuire à la confiance des investisseurs historiques dans la capitale, a-t-elle ajouté.

Les libéraux fustigent également l’absence de réformes et d’ambition dans le chef de la majorité (PS-Ecolo-Défi-Groen-SP.A-Open VLD).

« La confiance est mise à rude épreuve. Après les erreurs et approximations dénoncées par la Cour des Comptes, on apprend maintenant dans les documents budgétaires que le retour à l’équilibre est reporté à 2025 alors que le gouvernement a toujours promis 2024. Le gouvernement bruxellois veut sauver la face jusqu’à la fin de la législature, et puis c’est +après moi, les mouches !+ », a déploré pour sa part Christophe De Beukelaer (cdH).

Des pistes à trouver

Parmi d’autres sources d’inquiétude, le député cdH a souligné que le gouvernement qui avait déjà misé l’an dernier sur une fin de crise et dans les aides covid l’an dernier remettait le couvert, le tout sans avoir financé un plan climat digne de ce nom », a-t-il poursuivi.

Pour le PTB le budget 2022 du gouvernement bruxellois nécessite « un changement de cap urgent, mais à gauche ».

Pour la cheffe de groupe PTB, Françoise De Smedt, il faut chercher des recettes supplémentaires chez ceux qui en ont les moyens, comme les grosses sociétés immobilières qui aujourd’hui éludent des droits d’enregistrement via des mécanismes fiscaux. Autre piste, selon elle, réformer les charges d’urbanisme pour faire contribuer les gros promoteurs immobiliers à la production de logements publics.

A ses yeux, il faut en outre mettre en place des politiques qui n’ont pas de coût pour les pouvoirs publics comme un encadrement des loyers pour redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs et indépendants.

L’élue d’extrême gauche propose de mettre une priorité sur la production de logements publics rapportant à terme via l’ensemble des loyers prélevés.

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1 Commentaire

  • Posté par lambert viviane, lundi 15 novembre 2021, 22:38

    Plus besoin de financer les grands travaux zinutiles de Pascal Smet et de GROEN.

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