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L’inspecteur de Resa aurait rançonné des cultivateurs de cannabis

Une peine de 5 ans a été requise contre cet agent du principal réseau de distribution d’électricité qui négociait un pot-de-vin contre son silence sur des activités illicites.

Temps de lecture: 3 min

Une peine de cinq ans de prison a été requise, ce jeudi au tribunal correctionnel de Liège, à l’encontre d’un Waremmien de 56 ans qui travaillait comme « inspecteur-indexier » chez Resa, principal opérateur des réseaux de distribution d’électricité et de gaz en province de Liège. Il aurait proposé à des cultivateurs de cannabis, moyennant finances, de fermer les yeux sur leur activité illicite. Il aurait également vendu ses services à des indépendants actifs dans des secteurs énergivores, comme des boulangers et des pizzaiolos, et réalisé un pontage de leurs installations pour faire baisser drastiquement leurs charges.

Le quinquagénaire travaillait depuis 2006 pour Resa au sein du département des « relations clients », pour le service « access & transit », où il avait pour mission d’enquêter sur les dossiers dans lesquels les factures d’énergie semblaient anormalement trop importantes, ce qui peut trahir la présence d’une plantation de cannabis. Pour le ministère public, le substitut Lycops a, ce jeudi, énuméré les multiples témoignages qui démontrent, selon lui, qu’une série de cultivateurs de drogue ont été, entre 2015 et 2017 à Herstal et Seraing, approchés par l’« inspecteur-indexier » afin que celui-ci « oublie » leur dossier et n’effectue pas les démarches qui devaient les mener vers l’ouverture d’une enquête judiciaire. Les montants évoqués par les différents coprévenus varient : pour fermer les yeux sur une plantation à Herstal, il aurait demandé 1.800 euros. Un boulanger de Flémalle aurait payé 20.000 euros au prévenu pour des travaux en noir mais aussi un pontage de son installation, un couple de Seraing aurait signé une reconnaissance de dettes de 12.000 euros pour des pontages dans leur restaurant et chez eux, où ils avaient une plantation illégale, tandis qu’un autre restaurateur a payé 1.500 euros.

Sur les 20 prévenus dont le Waremmien, huit sont poursuivis dans le cadre de plantations de cannabis, les autres devant répondre de vol simple d’électricité. La quantité dérobée est difficile à objectiver, et la s.a. Resa ainsi que la SCiRL Enodia (ex Publifin) se sont constitué parties civiles en réclamant un euro provisionnel. Tous les prévenus doivent également répondre de corruption de fonctionnaire (passive pour le quinquagénaire, active pour les autres), avec la circonstance que celui-ci avait un rôle de confiance, a exposé le substitut ce jeudi en ajoutant que les faits ont été commis au préjudice de l’ensemble des utilisateurs du réseau.

Le ministère public ne s’est pas opposé, pour l’ancien inspecteur-indexier, à l’octroi d’un sursis pour ce qui dépasse la détention préventive déjà subie de quatre mois. Les autres prévenus risquent des peines de 15 mois, 18 mois, 30 mois, deux ans ou encore 12 mois de prison. Huit peines de travail, deux absorptions de peine et un acquittement ont également été sollicités. Les plaidoiries de la défense ont été fixées au 25 novembre et au 9 décembre.

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