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Caroline Désir justifie l’absence de masque pour les élèves de primaire: «C’est aux adultes de se protéger»

Le niveau fédéral n’a pas souhaité imposer le port du masque pour les enfants dès 9 ans dans les écoles, lors du Comité de concertation de ce 17 novembre.

Temps de lecture: 2 min

La ministre de l’Education en Fédération Wallonie-Bruxelles, Caroline Désir, a justifié l’absence des masques pour les élèves des écoles primaires, au lendemain du Comité de concertation. Elle était l’invitée de la RTBF ce jeudi soir.

Le Codeco de ce 17 novembre a décidé que les enfants devraient porter le masque à l’intérieur dès 10 ans, sauf à l’école. Les experts du GEMS avaient pourtant préconisé le port du masque pour les enfants dès 9 ans. Dans les autres pays, il y a énormément de pratiques différentes selon la ministre. Des obligations dès 2, 6 ou 12 ans. « Ce sont des choix de société, des choix politiques. »

> Port du masque dès neuf ans: un poids sociétal pour une très jeune génération

Selon elle, il y a principalement deux raisons à cette décision.

La première est que l’on sait « que c’est extrêmement difficile pour la plupart des enfants de porter un masque convenablement pendant huit heures d’affilée, sans le toucher, l’enlever, jouer avec, etc ». La deuxième est en lien avec les inconvénients du port du masque. « Les enfants français (qui portent le masque dès 6 ans) ont été interrogés. Il y a plus de la moitié des enfants français qui se plaignent de maux de tête persistants. Cela occasionne des troubles de l’apprentissage et de la concentration », selon Caroline Désir au micro de la RTBF .

Pour la ministre « les enfants ne souffrent toujours pas de formes graves du covid, et le variant Delta n’a pas changé la donne . C’est aux adultes de se protéger  ».

Les experts après le Codeco: «La semaine à venir sera cruciale»

Mises côte à côte et suivies à la lettre par tous les secteurs et les citoyens, les mesures peuvent agir sur l’épidémie. Mais celle-ci est déjà très avancée… trop peut-être.

Cheffe adjointe du service Société Temps de lecture: 5 min

En plein cœur de cette 4e  vague et face à l’explosion des contaminations qui fait grimper le taux d’incidence à plus de 1.100 cas/100.000 habitants sur les 14 jours, beaucoup s’attendaient à ce que le Comité de concertation (Codeco) de mercredi soir tire le frein d’urgence. Mais la succession de mesures sanitaires prises, aussi nombreuses soient-elles, n’implique ni fermeture de secteur ni même un confinement léger qui aurait réduit les heures de fermetures de certaines activités par exemple. Le Codeco a-t-il été trop frileux au regard de la situation sanitaire très inquiétante ? Les experts sont pour l’heure dans l’expectative. « La semaine à venir sera cruciale, ça passe ou ça casse, estime le biostatisticien de la KULeuven, Geert Molenberghs. Le problème est qu’on ne sait pas vraiment vers quoi on va. Il y a deux semaines, après une hausse des contaminations, on s’attendait à un ralentissement de celle-ci. Mais au lieu de cela, les choses se sont dégradées depuis les vacances de la Toussaint au point que l’on a enregistré 20.000 cas ce lundi. On verra très vite si les mesures prises ont un impact, mais très honnêtement, je reste inquiet en ce qui concerne les écoles primaires où le virus circule énormément. Pour moi, le paquet de mesures prises ce mercredi, c’est un peu la dernière chance avant le lockdown même si celui-ci ne sera certainement pas aussi lourd que celui qu’on a connu lors de la 2e  vague il y a un an. Les prochains jours devront être suivis de près et si cela se dégrade encore au niveau des contaminations alors probablement que le Codeco devra se réunir rapidement. »

Cette inquiétude, la présidente du Gems (le groupe d’experts qui conseille le gouvernement sur les mesures sanitaires à appliquer), Erika Vlieghe ne la cache pas non plus. « Je ne sais pas si les mesures prises suffiront, dit-elle. Cela dépendra de leur implémentation et de leur contrôle surtout. Si partout, on met bien le masque, on passe les tests correctement, on aère quand il faut et on vérifie les CST, alors oui, cela peut aider mais est-ce que cela suffira au regard de l’épidémie actuelle ? J’espère très sincèrement que ce n’est pas trop tard car ces recommandations, nous les faisons depuis au moins avant l’été en réinsistant presque tous les mois notamment sur le fait qu’il ne fallait pas tout relâcher malgré la vaccination. Cette fois, le Gems avait recommandé la fermeture de la vie nocturne et le port du masque dès 9 ans y compris à l’école. Chaque secteur doit y mettre du sien et je ne pense pas que beaucoup de choses ont été mises en place pour empêcher la circulation du virus dans les écoles. La question du masque chez les enfants est aussi discutée au sein du Gems, nous avons donné en toute transparence les arguments pour et contre et évidemment, cela supposait de fermer en même temps les discothèques. Ici, on a trouvé une sorte de compromis mais le virus adore les compromis ! »

Ce compromis autour des écoles, le pédiatre-infectiologue de l’Huderf, Pierre Smeesters, le trouve lui équilibré. « Il faut ramener du calme autour d’un sujet émotionnel qui, nous devons le constater, ne parvient pas à trouver un consensus scientifique y compris à l’international où les instances et les pays ont des recommandations différentes en ce qui concerne le masque à l’école pour les enfants plus jeunes, dit-il. Ici, la solution trouvée a aussi du sens sur le plan de l’efficacité. On retire le masque dans une situation de chronicité où il est censé être porté correctement de longues heures avec une bulle de personnes qui, a priori, se côtoie tous les jours. Mais on le met pour des moments plus courts dans des endroits où le brassage des populations et des bulles est très important et donc le risque de contamination aussi. La Flandre a imposé le masque aux 5e et 6e  primaires depuis la Toussaint et pourtant cela ne semble pas s’améliorer pour autant ! Prenons les mesures sous l’angle de l’efficacité et pour moi, la pose des détecteurs de CO2 dans les classes est vraiment une bonne intervention qui de plus, sera structurelle pour améliorer le renouvellement de l’air dans les classes. »

« Dans l’expectative »

Le virologue Steven Van Gucht, également expert au Gems, lui veut y croire. « Le Codeco a tout de même suivi une grande partie des recommandations des experts, dit-il. Passons sur les masques dans les écoles qui restent un sujet émotionnel. Mais tout de même le télétravail, 4 fois par semaine, c’est pas mal. La combinaison du CST avec le masque ou les tests, c’est une vraie mesure nouvelle et forte. Est-ce assez ? On est complètement dans l’expectative pour les prochains jours, si on voit encore une accélération de l’épidémie, on peut atteindre les 1.000 hospitalisés en soins intensifs, ce qui fait peser un risque sur le système hospitalier. Mais on peut encore y arriver : cela dépendra beaucoup du comportement des gens, de leur volonté à suivre les règles et les gestes barrières. Mais là aussi je suis confiant car en Belgique, on n’a jamais vraiment oublié le virus. Et le fait, maintenant, d’être confronté à une 4e  vague peut vraiment faire réfléchir les gens et les faire reprendre de bonnes habitudes. »

Bruxelles: les Plaisirs d’hiver auront bien lieu, avec masque et bracelet CST

La Ville de Bruxelles adapte le protocole sanitaire pour son marché de Noël, qui débute le 26 novembre. En Wallonie, les organisateurs de marchés de Noël sont encore dans le flou.

Info « Le Soir » - Cheffe Bruxelles Temps de lecture: 3 min

Bruxelles aura bien ses Plaisirs d’hiver, du 26 novembre au 2 janvier. Un événement soumis non seulement au port du masque mais aussi d’un bracelet. C’est le système mis au point par la Ville de Bruxelles pour contrôler le respect du Covid Safe Ticket (CST) par les visiteurs, sans pour autant bloquer l’accès à l’espace public (tout le centre-ville).

« Concrètement, nous avons pris comme critère la consommation, explique Delphine Houba, échevine (PS) des Grands événements. Pour boire un verre, manger un bout, acheter quelque chose à l’un des chalets, il faudra disposer d’un bracelet. Ceux-ci seront distribués, après vérification du CST, aux points d’accès. Nous allons en prévoir une petite dizaine, répartis sur le parcours. Ils seront de couleur différente chaque jour. » A charge, pour les commerçants, de réclamer le bracelet, avant de servir un vin chaud ou une part de tartiflette. « Nous allons les informer de cette nouvelle procédure. Mais je pense qu’ils ont tout intérêt à ce que les Plaisirs d’hiver puissent avoir lieu. »

C’est que le Comité de concertation (Codeco) a décidé mercredi que les marchés de Noël, s’ils sont autorisés, sont soumis au pass sanitaire. « Avec la difficulté, pour nous, qu’il est impossible de délimiter une zone fermée, pour des raisons de sécurité, vu la foule », souligne Delphine Houba. Avant d’entamer la promenade au milieu des chalets, il faudra donc passer par un stand, pour retirer le bracelet. Il vaudra, bien évidemment, pour les différentes attractions, réservées aux détenteurs d’un CST – les deux patinoires (place De Brouckère et bois de la Cambre), ainsi que le manège d’Andréa (place Sainte-Catherine) et les pistes de luge et curling au bois.

Un stand pour se faire tester

Pour celles et ceux qui ne sont ni vaccinés, ni guéris, ni testés PCR, donc n’ont pas de CST, la Ville installera, sur le piétonnier, un stand pour se faire tester et pouvoir, si le résultat est négatif, obtenir le bracelet du jour. L’emplacement précis de ces différents points de rendez-vous sera fixé dans les prochaines heures, à retrouver sur les plans et la carte interactive de Plaisirs d’hiver.

Le port du masque fera, lui aussi, l’objet d’une « localisation » précise. « Le parcours de Plaisirs d’hiver fait deux kilomètres, il a précisément été étendu, cette année, pour diluer les flux de fréquentation, souligne Delphine Houba. Nous devons délimiter des rues, sur lesquelles il faudra circuler masqué, afin de ne pas alourdir le quotidien de celles et ceux qui vivent ou travaillent dans le périmètre. On ne peut pas l’imposer sur tout l’espace public du Pentagone. Concrètement, le masque s’imposera sur l’axe Fontainas-De Brouckère et Sainte-Catherine/place du Musée. Et sur les artères qui relient les sites principaux. La mesure s’applique à partir de dix ans. »

Les marchés de Noël de nos villes wallonnes dans le flou

En Wallonie, si Pierre Luthers, organisateur du Village de Noël, a confirmé que la ville de Liège maintenait son marché, la situation reste tout de même imprécise quant aux moyens qui seront mis en place pour que les contrôles du CST soit efficaces. Le marché débutera, comme prévu, le 26 novembre prochain. Le marché de Noël de Durbuy aura lui aussi bien lieu. Du personnel y est prévu pour contrôler les CST à l’entrée. Il accueillera ses premiers touristes le 26 novembre. À Namur, ou à Charleroi, les choses sont plus floues. On ne parle pas d’annulation pour le moment, mais toutes les possibilités sont sur la table. Des réunions sont en cours.

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