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De retour avec son nouvel album «Civilisation», Orelsan frappe fort

Dans son quatrième album paru ce vendredi, le rappeur français manifeste.

Journaliste au service Culture Temps de lecture: 4 min

Depuis L’école est finie, disque de diamant et trois Victoires de la Musique à la clé, Orelsan est devenu le vrai patron du rap français, le plus fédérateur aussi, avec un public tellement large, de tous âges, qu’il accentue plus que jamais sa différence. Né Aurélien Cotentin à Alençon il y a trente-neuf ans et citoyen de Caen depuis ses 16 ans, ce fils d’institutrice et de directeur d’école est un peu l’Eminem du rap français. Français bon teint, étranger à la scène rap d’origine allochtone des banlieues de Paris ou de Marseille, il s’est imposé par un talent fou pour la formule qui marque, le flow et ses textes chocs.

L’odeur de la manif

Loin des provocations de ses débuts (Sale pute et Saint-Valentin misogynes qui lui ont valu des soucis avec la justice), Orelsan revient avec Civilisation, dans la foulée du documentaire biographique Montre jamais ça à personne réalisé par son frère Clément et sorti en six épisodes sur Amazon Prime Video. Angèle (qu’il a retrouvée sur le tournage du nouvel Astérix de Guillaume Canet) utilise la même technique promotionnelle. À la différence qu’Orelsan a l’habitude de ne pas parler à la presse, préférant proposer quinze éditions limitées au visuel différent du même disque. Un disque très attendu puisqu’avant même sa sortie vendredi, grâce aux précommandes il était déjà disque d’or.

Jeudi, il frappe à nouveau très fort en révélant le titre et le clip coup de poing de L’odeur de l’essence, un brûlot sur le mal français, entre gilets jaunes ( Manifeste est une plongée en apnée de plus de sept minutes dans une manif’, véritable tour de force stylistique), médias « gratteurs de buzz » et montée des extrêmes, du populisme, de la peur de l’étranger et du racisme.

Avec Gringe et The Neptunes

Orelsan est bien remonté dans ce disque. C’est du propre (« Mes aïeux quelle époque, c’est du propre », dit-il). Il en a marre des réseaux sociaux, de la mode, de la superficialité et de tout le reste. Il rêve d’un autre monde dans Rêve mieux (car « Des gens sont payés pour t’baiser l’cerveau »). Il rêve d’un Jour meilleur, se sentant Seul avec du monde autour. Dans Civilisation, qui clôt l’album, il se demande si c’est bien sérieux d’avoir un enfant en 2022 : « J’sais pas comment sauver l’monde et si j’savais, j’suis pas sûr qu’j’ le ferais… Car « il faut qu’on soit meilleurs qu’nos parents ». Dans Baise le monde, il se retrouve en pleine teuf du samedi soir mais l’esprit piraté par la pollution de la planète et l’esclavagisme industriel.

Orelsan n’oublie jamais de se montrer tendre, que ce soit dans Shonen (un manga) où il reconnaît qu’il a fait des erreurs et qu’il en refera : « A quoi ça sert d’écrire des textes si j’sais pas dire aux gens qu’j’les aime ». Autobiographique est le très beau La quête où il rend hommage à ses parents en racontant son enfance et son adolescence. Il chante l’amour (Athéna) et la copine qui boit trop (Bébéboa), laissant parler le noir de son âme.

Maîtrisé de bout en bout

Au rayon des featurings, il est fidèle à sa bande, de Skread dans Ensemble à Gringe dans Casseurs Flowters Infinity. Tout en s’offrant le luxe de réaliser un rêve : bosser avec The Neptunes avec un texte de Pharrell Williams, dans Dernier verre.

Avec Civilisation, Orelsan ne donne pas de leçon mais commente un monde qui devient fou, tout en restant romantique. Il est un miroir et un observateur sans concessions. Il parle de sa meuf et de la société, comme il dit, dans un album maîtrisé de bout en bout, très varié dans ses sonorités, ses rythmes, son flow et ses mélodies. Tout est là. C’est impressionnant et séduisant à la fois. Orelsan est vraiment différent et au-dessus de la mêlée. Son disque sort le jour butoir pour être éligible dans les listes des Victoires de la Musique. Sûr qu’il va tout rafler en 2022 après avoir égayé les fêtes de fin d’année.

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2 Commentaires

  • Posté par Rahier Pierre, dimanche 21 novembre 2021, 14:07

    Je suis incapable d'écouter du rap, j'ai horreur de ça.

  • Posté par Usual Suspect, vendredi 19 novembre 2021, 20:25

    On peut ne pas aimer le rap, comme moi, on peut ne pas aimer les gros mots, comme moi, on peut ne pas aimer une certaine vulgarité, comme moi, mais comment ne pas être d'accord avec Orelsan qu'il y a comme une odeur d'essence dans l'air, que l'on ne sait plus vivre ensemble, et que le monde va droit au crash.

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