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Raoul Hedebouw est le seul candidat à la présidence du PTB

Le Liégeois succèdera à Peter Mertens après l’élection du 5 décembre lors d’un congrès statutaire.

Temps de lecture: 3 min

Raoul Hedebouw est le seul candidat à la succession de Peter Mertens à la présidence du PTB, a annoncé mercredi matin le parti dans un communiqué. Le Liégeois, cheville ouvrière du succès du parti communiste en Wallonie, deviendra sa figure nationale.

Le PTB élira son président le 5 décembre lors d’un congrès statutaire. La candidature de « Raoul » n’est pas une surprise. Par sa gouaille et son talent de tribun, le Liégeois a largement contribué à faire du PTB le parti politique montant dans la partie francophone du pays.

Comme d’autres figures du PTB, Raoul Hedebouw est l’un des « princes rouges » du parti. Son père Hubert, psychologue limbourgeois parti travailler en usine, a participé à la fondation d’AMADA (Alle Machten Aan De Arbeiders), ancêtre du parti.

Licencié en botanique de l’Université de Liège, ce passionné d’ornithologie participe en 1996 aux grèves étudiantes contre les plans du gouvernement de la Communauté française de l’époque. Il fait également une apparition remarquée un an plus tard durant la marche multicolore pour l’emploi organisée à Clabecq aux côtés du syndicaliste Roberto D’Orazio.

Premier mandat électoral en 2012

En 2012, Raoul Hedebouw décroche son premier mandat électoral en devenant conseiller communal à Liège. Aux élections législatives de 2014, il est l’un des deux élus du PTB à la Chambre aux côtés de Marco Van Hees. Il s’impose rapidement comme l’une des voix de l’opposition au gouvernement Michel. Les vidéos des interventions de ce parfait bilingue largement diffusées par le parti d’extrême gauche sur les réseaux sociaux connaissent un franc succès et assoient sa notoriété au sud du pays. Énergique, éloquent, à la fois comique et grave, il a le verbe cinglant et le sens de la formule. Le succès du PTB bouleverse l’échiquier politique francophone. Sa figure de proue essuie une série de critiques : héraut de la classe laborieuse pour les uns, populiste et démagogue pour les autres.

En 2019, il est réélu à la Chambre dans un mouvement qui porte 12 députés dans l’assemblée. Il en devient le chef de groupe. Le style de ses interventions ne change guère -pour ses détracteurs, elles se muent en « shows » à destination des réseaux sociaux- mais le néerlandais y est plus présent, signe sans doute d’un parti communiste qui lorgne les électeurs du nord du pays. Parti fondé en Flandre et dont bon nombre de cadres et même d’élus wallons sont flamands, le PTB vit ce paradoxe de connaître son succès au sud du pays, dans des bastions dominés jusqu’à présent par le PS.

De porte-parole à chef de file

Raoul Hedebouw est porte-parole du PTB. Fidèle aux méthodes de son parti, il s’affiche dans les grandes manifestations syndicales. Au Parlement, il porte la voix des marxistes surtout dans les matières liées à l’emploi. Il doit aussi répondre des ambiguïtés du parti d’origine maoïste dans certains dossiers, par exemple celui de la minorité ouïghoure en Chine.

En devenant président, le Liégeois aux origines limbourgeoises aura la tâche de poursuivre l’essor d’un parti commencé sous la direction de Peter Mertens. Si le succès est celui que prédisent les sondages, une question existentielle devra être résolue, celle de la participation au pouvoir dont le PTB se tient jusqu’à présent soigneusement éloigné.

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10 Commentaires

  • Posté par Webber Martin, mercredi 24 novembre 2021, 20:42

    "Seul candidat" à l'air de déjà vu depuis tant d'années chez le NVA, n'est pas (et cela contre leurs propres statuts)?

  • Posté par BEKE Eric, mercredi 24 novembre 2021, 14:56

    Il est populiste et retors, mais aussi intelligent et doué, donc dangereux. Et comme il n'a jamais exercé de responsabilité officielle, il n'a jamais commis d'erreur. Bref, le candidat idéal.

  • Posté par HERMAN Romuald, mercredi 24 novembre 2021, 9:48

    @Dagnelie & Lemaire : je vous rappelle qu’Elio Di Rupo s’est déjà présenté à la présidence du PS comme seul candidat ! Et les rares fois où il a eu un challenger, c’était comme quand il se présentait seul candidat : des scores staliniens aussi.

  • Posté par Desmet Marc, mercredi 24 novembre 2021, 9:41

    Le PTB et son "Tsar", qui conteste tout, mais ne fait strictement RIEN!. Attention, les inégalités sociales devenant si crapuleuses que certains n'ont plus rien à perdre en jouant la carte du "rêve communiste"...

  • Posté par Lemaire Laurent, mercredi 24 novembre 2021, 11:43

    @ Lison, relisez vos livres d'histoire sur le communisme. Et petit aparté, je n'ai jamais compris (second degré bien sûr) pourquoi les dirigeants communistes de l'époque du rideau de fer empêchaient leurs ressortissants d'aller à l'Ouest car le communisme étant le meilleur régime, ils seraient de toutes façons revenus en courant. A moins que le rideau et le mur aient été construits pour empêcher ceux de l'Ouest d'émigrer à l'Est afin de profiter de cet Eldorado mais alors les garde-frontières surveillaient le mauvais côté du rideau/mur.

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