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Feu vert au déploiement de la 5G

Les Régions et le fédéral se sont mis d’accord sur l’épineux dossier du quatrième opérateur mobile. Après plusieurs mois d’attente, le Comité de concertation a finalement donné son feu vert aux arrêtés royaux qui baliseront la mise en place de la 5G en Belgique.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 5 min

Le dernier gros obstacle au lancement de la 5G en Belgique est levé. Ce mercredi matin, le fédéral et les Régions réunis en Comité de concertation (Codeco) ont donné leur feu vert aux arrêtés royaux qui organisent la mise aux enchères des fréquences 5G. Maintes fois reportée, celle-ci devrait finalement avoir lieu dans le courant du deuxième trimestre 2022.

Ces arrêtés royaux posaient jusqu’ici un problème aux Régions parce qu’ils permettent à un quatrième opérateur d’entrer sur le marché télécom belge et ce, à des conditions préférentielles. Voulu par le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) pour doper la concurrence, ce quatrième opérateur n’était pas très bien vu par les Régions. Bruxelles n’y était pas favorable pour des raisons liées à la multiplication des antennes sur son territoire. La Région wallonne, quant à elle, était surtout inquiète quant à l’impact que cela allait avoir sur la couverture des zones blanches et grises. L’entrée d’un quatrième opérateur va faire baisser les prix mais aussi diminuer les marges des opérateurs télécoms et donc réduire leur capacité à investir dans des zones rurales peu rentables.

Pour lever ces réticences, le fédéral a revu sa copie. Il a fractionné le bloc de spectre réservé à un éventuel quatrième opérateur de façon à ce que celui-ci puisse choisir de n’acheter qu’une partie des fréquences afin de ne cibler que le marché B2B (« business to business »), soit les entreprises. Rappelons que l’intérêt principal de la technologie 5G se situe principalement au niveau des applications industrielles. Cette modification a visiblement permis de vaincre les réticences des Régions.

Dans un communiqué, la ministre des Télécoms Petra De Suttter (Groen) a néanmoins souligné qu’il était toujours possible pour « un casseur de prix » de rentrer sur le marché résidentiel belge en tant que quatrième opérateur, « avec des conséquences potentiellement positives pour tous les Belges qui paient des prix élevés pour leur abonnement GSM. Nous laissons au marché le soin de décider là où il y a le plus d’espace pour un surcroît de concurrence ».

La ministre De Sutter s’est fécilitée du déblocage du dossier. « C’est une très bonne nouvelle pour notre pays, a-t-elle indiqué. Après des années d’immobilisme, nous réalisons enfin ce que différentes instances attendent de nous : non seulement les organisations de consommateurs mais aussi l’Europe et les entreprises qui veulent développer des applications 5G ».

La Belgique à la traîne

La Belgique a en effet accumulé beaucoup de retard. Elle est l’un des derniers pays d’Europe à se lancer dans la 5G alors que le continent européen s’est déjà fait lui-même fortement distancié par l’Asie et l’Amérique. « On aura un retard de 3 à 4 ans par rapport à des pays comme la Chine (qui revendique 450 millions d’utilisateurs 5G, NDLR) ou la Corée du Sud, estime Remi de Montgolfier, patron de la filiale belge de l’équipementier Ericsson. En Corée, la couverture 5G du territoire est déjà de 95 %. Aux États-Unis, on est à 38 % et en Suisse à 35 % ». Il estime qu’une fois les fréquences attribuées aux opérateurs, il faudra encore compter entre 2 et 3 ans pour que le réseau 5G soit achevé.

L’absence de consensus autour du quatrième opérateur n’est pas le seul dossier à avoir bloqué l’avancement de la 5G dans notre pays. Deux autres problèmes ont aussi contribué à ce retard.

Il y a d'abord eu la question de la répartition du pactole issu de la vente des fréquences (plus de 800 millions d’euros). Les Communautés réclament une plus grande part du gâteau considérant que la 5G va surtout servir à faire transiter du contenu média (vidéos…), qui relève de leurs compétences, plutôt que des communications, du ressort du fédéral. Ce dernier ne l’entend pas de cette oreille et veut le maintien de la clé de répartition en vigueur jusqu’ici (80/20). Aucun accord n’a été trouvé sur ce point mais pour mettre un terme au blocage, le fédéral et les entités fédérés ont finalement décidé de mettre le problème au frigo. L’argent sera placé sur un compte bloqué en attendant qu’un accord intrabelge soit trouvé.

Il y avait ensuite le problème des normes régionales de rayonnement pour les antennes. Ces normes sanitaires étaient trop strictes pour permettre un déploiement de la 5G. En Flandre comme à Bruxelles, elles ont été adaptées ou vont l’être. En Wallonie, il n’y a pas encore de décision mais cela ne devrait tarder. Un groupe d’experts doit rendre début décembre un rapport au gouvernement sur la nécessité ou non de modifier le décret de 2009 relatif à la protection contre le rayonnement des antennes. La ministre wallonne de l’Environnement, Céline Tellier (Ecolo), doit, quant à elle, proposer d’ici la fin de l’année une proposition d’adaptation de la méthode de calcul de la norme.

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6 Commentaires

  • Posté par Marc HOREMANS, mercredi 24 novembre 2021, 15:03

    Pourquoi la Belgique est en retard : demandez aux rétrogrades écolos. Ce parti est incapable de gérer quoi que ce soit !

  • Posté par Staquet Jean-Marie, mercredi 24 novembre 2021, 13:45

    Faites attention, ça vous implante de l'adn-ribo-biglotron de chez pféézer via les ondes.

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, mercredi 24 novembre 2021, 15:53

    Et vous oubliez le <graphène> M. Staquet. Enfin le (di)oxyde de graphène, particulièrement "mutagène" pour le changement climatico-sceptique.

  • Posté par Legarou Marcel, mercredi 24 novembre 2021, 10:25

    B to B : comprendre on n'arrose pas qu'avec des microondes, mais avec beaucoup de pognon, si effets secondaires, on arrose un peu plus pour étouffer (recherches bidonnées et sponsorisées etc.) Comprendre aussi : on collecte via 5G un max de données, via un petit mouchard placé dans chacun de vos appareils (frigo, machine à laver) mais aussi bagnole, qui envoie tout ça à de petits concentrateurs 5G placés sur des poteaux d'éclairage par exemple. Ensuite on vend les données, et avec le pognon gagné, on arrose de nouveau une bonne fois les pouvoirs publics, medias, et influenceurs, pour faire seulement semblant de protéger la vie privée, et pas trop. Au besoin, on crée aussi quelques Intercommunales, c'est souverain pour guérir les problèmes de conscience. Ou alors une consultation populaire ( citoyenne ? ) complètement bidonnée et noyautée, c'est bien aussi ça.

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, mercredi 24 novembre 2021, 16:02

    Et vous n'avez pas "tout vu", la <6G> arrive très bientôt...

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