Accueil Monde Europe

Allemagne: un accord gouvernemental en vue ce mercredi pour succéder à Merkel

Près de deux mois après les élections législatives marquées par une débâcle historique pour le camp conservateur de la chancelière, les sociaux-démocrates du SPD s’apprêtent à prendre les rênes du pouvoir.

Temps de lecture: 4 min

Trois partis politiques ont annoncé vouloir présenter mercredi après-midi un accord en vue de former un gouvernement dirigé par le centre-gauche en Allemagne et ouvrir ainsi une nouvelle ère après 16 années d’Angela Merkel. Près de deux mois après les élections législatives marquées par une débâcle historique pour le camp conservateur de la chancelière, les sociaux-démocrates du SPD s’apprêtent à prendre les rênes du pouvoir dans une alliance inédite avec les Verts et le parti libéral du FDP.

Formée des sociaux-démocrates du SPD, les Verts et le parti libéral du FDP, la coalition va présenter son « contrat » de gouvernement – détaillant leur programme et négocié depuis plusieurs semaines – à 15h locales à Berlin, ont-ils annoncé dans un communiqué.

Les portes de la chancellerie sont désormais grandes ouvertes pour le social-démocrate Olaf Scholz, 63 ans, qui devrait être investi chancelier début décembre par les députés du Bundestag. L’Allemagne tournera alors définitivement la page des années Merkel, celle-ci n’assurant plus que la gestion des affaires courantes depuis un mois.

L’accord de coalition sur un programme gouvernemental a été ficelé à l’issue de négociations menées tambour battant. Sa conclusion rapide devrait rassurer les autres pays européens, inquiets suite aux Législatives de voir l’Allemagne sans réel capitaine à bord au moment où la pandémie de Covid-19 reprend de plus belle. L’UE affronte en outre une nouvelle crise majeure à ses portes avec l’afflux orchestré par le Bélarus de milliers de Syriens et d’Irakiens à la frontière avec la Pologne.

Premiers pas

Olaf Scholz, rompu aux arcanes de la négociation, a déjà fait ses premiers pas sur la scène internationale en accompagnant Angela Merkel au sommet du G20 le mois dernier à Rome et en participant informellement aux principaux entretiens bilatéraux notamment avec le président américain Joe Biden.

Pour la première fois depuis 16 ans, le SPD, arrivé en tête avec 25,7 % des voix lors du scrutin législatif de septembre, va de nouveau diriger le gouvernement de la principale économie européenne.

L’Union chrétienne-démocrate (CDU) et son alliée bavaroise CSU entament quant elles une cure d’opposition avec pour objectif de se reconstruire après une cuisante défaite aux élections et un score historiquement bas de 18,9 %.

Concrètement, les dirigeants des trois partis en passe de gouverner doivent publier une feuille de route détaillée pour ces quatre prochaines années. Fruit d’un compromis, ce contrat de coalition doit définir toutes les réformes économiques, environnementales, sociétales que le prochain gouvernement, dont la composition devrait être annoncée sous peu, mettra en œuvre.

Il fera la part belle à la lutte contre le réchauffement climatique, au premier plan des débats durant la campagne électorale, alors que l’Allemagne, en raison de son poids industriel, figure parmi les des plus gros pollueurs de la planète. Il a été mis au point en un temps record : après des discussions exploratoires, sociaux-démocrates, Verts et libéraux étaient entrés dans le vif du sujet le 21 octobre seulement avec la constitution de plus d’une vingtaine de groupes de travail.

Le soir même des élections, tous avaient manifesté leur volonté d’aller vite pour ne pas répéter le scénario de 2017 quand Angela Merkel avait mis plus de cinq mois à constituer son gouvernement, paralysant l’Europe à un moment important.

Une femme à la diplomatie

Les trois formations doivent encore distribuer les portefeuilles ministériels. Fruit d’un savant dosage, cette répartition devrait notamment se traduire par la nomination pour la première fois d’une femme au ministère des Affaires étrangères.

Candidate malheureuse des écologistes à la chancellerie après une campagne ratée, Annalena Baerbock, 40 ans, devrait prendre la tête de la diplomatie allemande dans un gouvernement à parité hommes-femmes, selon les médias. Le très important et prestigieux maroquin des Finances devrait quant à lui échoir au chef du parti libéral FDP, Christian Lindner, tenant d’une ligne orthodoxe sur les déficits publics. Le populaire co-président des Verts, Robert Habeck devrait lui s’installer dans un « super ministère » de l’Economie, de l’Environnement et de l’Energie.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

1 Commentaire

  • Posté par Naeije Robert, mercredi 24 novembre 2021, 13:46

    Le livre que Mme Baerbock a publié en 2021 ne contient aucune idée originale, mais bien de nombreux plagiats qui ont été dénoncés. Très ennuyée, et punie par les sondages, elle avait promis de s'amender. La voici qui prend la tête de la diplomatie allemande. C'est très choquant.

Sur le même sujet

Aussi en Europe

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs