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Démarrage de la mission de la Nasa pour dévier un astéroïde (2)

La Nasa a lancé mercredi depuis la Californie aux États-Unis sa première mission de défense pour tenter de dévier la trajectoire d'un astéroïde.
Temps de lecture: 3 min

La mission de l'agence spatiale américaine, baptisée DART (fléchette, en anglais), a décollé depuis la base de Vandenberg à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX, à 06h21 GMT (7h21 heure belge), selon les images diffusées par la Nasa en direct.

La mission doit aboutir dans 10 mois lorsque le vaisseau frappera sa cible, alors située à onze millions de kilomètres de la Terre.

La cible est double: d'abord un gros astéroïde, Didymos, qui mesure 780 mètres de diamètre, et, en orbite autour de lui, une lune, Dimorphos, de 160 mètres de diamètre. C'est sur cette lune que le vaisseau, environ cent fois plus petit qu'elle, viendra finir sa course, projeté à une vitesse de 24.000 km/h.

L'impact projettera des tonnes et des tonnes de matière. Mais "cela ne va pas détruire l'astéroïde. Cela va juste lui donner un petit coup", a détaillé Nancy Chabot, du laboratoire de physique appliquée de l'université Johns-Hopkins, qui conduit la mission en partenariat avec la Nasa. Ainsi, l'orbite du petit astéroïde autour du gros sera réduite de seulement "environ 1%", a-t-elle expliqué. De cette façon, "si un jour un astéroïde est découvert sur une trajectoire de collision avec la Terre [...] nous aurons une idée de la force dont nous aurons besoin pour que cet astéroïde manque la Terre", a précisé Andy Cheng, de l'université Johns-Hopkins.

L'orbite autour du Soleil de Didymos, le gros astéroïde, sera légèrement modifiée, du fait de la relation gravitationnelle avec sa lune, a-t-il ajouté.

L'Observatoire royal de Belgique est impliqué dans cette mission, indique ce dernier. Les scientifiques de l'Observatoire participeront au traitement des données de DART. 

Analyser les données de cette mission leur permettra d'étudier la structure interne des astéroïdes, dans le cadre des projets européens PIONEERS (Planetary Instruments based on Optical technologies for an iNnovative European Exploration using Rotational Seismology) et NEO-MAPP (Near-Earth Object Modelling and Payloads for Protection) auxquels l'Observatoire contribue. L'expérience de DART permettra aussi de mieux préparer la mission suivante, Hera, qui embarquera le gravimètre GRASS, développé par l'Observatoire avec son partenaire industriel espagnol EMXYS.

La société d'ingénierie logicielle Spacebel participera à cette prochaine mission (Hera) à plusieurs niveaux, indique-t-elle mercredi. Elle se charge en effet depuis 2018 du système logiciel du vaisseau spatial qui sera doté d'une autonomie embarquée extrême. Ce logiciel assure les fonctions en temps réel de l'engin (comme l'ordinateur de bord, la gestion des infrastructures, le traitement des données scientifiques, etc.). Spacebel développe également un simulateur devant assurer la validation logicielle pour accompagner la conception des équipements, assurer les tests système et servir pendant la phase d'exploitation. Enfin, l'entreprise est responsable du centre d'opérations de la mission Cubesat, qui sera installé à Redu, non loin de l'Euro space center. Ce centre supervisera les opérations de mission et gèrera les demandes de mission, la dynamique de vol, la télémétrie ainsi que les échanges de données entre le vaisseau spatial principal et les cubesats.

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