Accueil Le direct Le direct économie

"La vigueur de la reprise doit inciter la Belgique à la flexibilité budgétaire" (2)

Face à la forte reprise économique en cours, la Belgique doit se tenir prête à adapter ses mesures de soutien budgétaire, a indiqué mercredi la Commission européenne en validant le plan budgétaire 2022 du pays.
Temps de lecture: 3 min

"Compte tenu de la vigueur de la reprise, la Belgique est invitée à réexaminer régulièrement l'utilisation, l'efficacité et l'adéquation des mesures de soutien et à se tenir prête à les adapter si nécessaire à l'évolution de la situation", note l'exécutif, dans son avis sur les budgets joints des différents gouvernements du pays, remis le 15 octobre dernier.

Pour le reste, la Belgique, contrairement à 12 autres pays comme la France, l'Allemagne et les Pays-Bas, mais surtout l'Italie, la Grèce et Chypre, ne souffre pas de déséquilibre macroéconomique, bien qu'avec la crise du Covid-19, sa dette, tant privée que publique, ait encore augmenté et "mérite d'être surveillée", dit la Commission.

C'est que le pays, tout comme quatre autres de la zone euro (France, Italie, Espagne et Grèce), connaît un niveau de dette publique "élevé" qui doit l'inciter à la prudence budgétaire lorsqu'il s'engage dans des mesures de soutien, ajoute la Commission, constante sur ce point par rapport à l'an dernier.

C'est d'autant plus vrai que la Belgique figure aussi parmi les seuls États membres dont le ratio d'endettement devrait augmenter en 2022, avec l'Estonie, la Lettonie et Malte, selon l'exécutif.

La dette publique belge devrait passer de 112,7% du PIB cette année à 114,6% en 2023, avait indiqué la Commission il y a deux semaines. Quant au PIB, après une contraction de 5,7% en 2020, il devrait augmenter de 6% en 2021, de 2,6% en 2022 et de 1,9% en 2023.

"Il faut trouver des solutions réalistes de réduction de la dette qui ne sapent pas la reprise économique", a résumé le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis. 

"L'expérience démontre que sans croissance, les économies ne peuvent réduire la dette ; c'est un équilibre difficile à trouver", a confirmé le commissaire à l'Économie, Paolo Gentiloni, en rappelant les nécessaires investissements dans les transitions verte et numérique.

L'Italie, par exemple, n'a "pas suffisamment" limité la hausse de ses dépenses courantes prévues pour l'an prochain. La Commission l'a donc invitée à prendre "les mesures nécessaires".

Aucune procédure pour déficit excessif n'est toutefois déclenchée: la clause dérogatoire générale du Pacte de Stabilité et de Croissance, qui a suspendu depuis l'an dernier les règles de discipline budgétaire pour permettre aux États d'investir lourdement dans leurs économies frappées par la crise sanitaire, est en vigueur jusqu'en 2023.

Si l'économie européenne connaît actuellement une forte croissance, elle reste soumise à des turbulences: forte augmentation des cas de Covid, pics d'inflation et problèmes persistants liés à la chaîne d'approvisionnement, a énuméré M. Gentiloni.

Il préconise pour la zone euro une orientation budgétaire "modérément expansionniste" pour 2022, axée sur l'investissement, ainsi que des mesures destinées à doter les travailleurs de nouvelles compétences et à préserver la solvabilité des entreprises viables.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

Aussi en Direct économie

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs