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Netflix: quand Angèle se raconte

Dans le documentaire que diffuse Netflix dès ce vendredi, Angèle se raconte sans fard, dans le bonheur comme avec douleur.

Journaliste au service Culture Temps de lecture: 3 min

Qui est Angèle ? C’est ce que se demande, en introduction de ce film, l’artiste de 25 ans au moment de dresser le bilan de ces quatre folles dernières années. Personne ne pouvait le raconter mieux qu’elle, mettre des mots sur ce qu’elle avait vécu. En s’aidant de ses journaux intimes, Angèle se confie, nous dit tout avec une franchise inouïe. « J’avais besoin de faire ce documentaire pour raconter des choses plus sincères que juste raconter l’histoire » nous a avoué Angèle.

Les réalisateurs Sébastien Rensonnet et Brice VDH ont monté des milliers d’images tirées aussi bien des archives familiales que des moments d’intimité. Brice VDH a fouillé dans tout ce qu’il a filmé depuis quatre ans, lui qui vit dans l’ombre de la manager Sylvie Farr : « On s’est lancé là-dedans sans réfléchir, juste en cherchant un angle à raconter, celui de l’introspection. Quand on a terminé ça, on a cherché un diffuseur. Cela aurait pu être la RTBF. C’est finalement Netflix qui nous a acheté le film. »

Angèle se raconte donc depuis le début : sa naissance, son enfance à Linkebeek où elle est heureuse mais a du mal à trouver sa place dans cette famille d’artistes. Elle manque de confiance en elle. Elle adore le piano et la musique mais sait qu’elle n’en fera jamais son métier, écrit-elle dans son journal intime. Et puis son ex-baby-sitter lui propose d’être sa manager et d’avancer, d’aller plus loin que de poster sur Instagram des petites vidéos chantées souvent comiques. Sylvie l’incite à monter sur scène. Débarque ensuite Nicolas Renard, un manager expérimenté. À eux trois, ils créeront le phénomène Angèle, le « projet » comme ils disent. Damso puis Roméo Elvis leur serviront d’anges gardiens.

Un coming out « volé »

Tout aurait pu aller dans le meilleur des mondes, comme le prouvaient les joyeuses stories quotidiennes sur Insta. Mais le bonheur fuira Angèle rongée par des crises de larmes, d’angoisse et d’insomnies. Elle ne comprend pas la violence dont elle est victime, que ce soit quand un magazine de charme publie sans son accord une photo d’elle dénudée, quand un animateur lui « vole » son coming out ou quand son statut de féministe engagée lui vaut une coulée de haine suite à un geste déplacé de son frère rappeur.

Elle a beau dorénavant imposer un contrôle total de son image et rêver de liberté, Angèle souffre d’appartenir aux gens, de ne pas savoir mentir, de ne pas savoir faire semblant, d’être spontanée. Les insultes pleuvent mais elle tient bon.

Un album plus introspectif

Angèle profite du confinement pour se poser les bonnes questions et écrire un deuxième album plus introspectif encore. On le découvrira le 10 décembre. On en parlera bientôt avec elle. Angèle a une véritable quête personnelle : elle rêve d’être plus sereine tout en rendant aux gens ce bonheur dont elle ne peut se passer, qui l’enrichit et la grandit.

Ce film est un document rare, celui d’une artiste refusant d’être fausse, s’attachant à la vérité pour oser se regarder dans la glace, exister fièrement, se battre et pouvoir rendre tout le bonheur récolté depuis quatre ans. Cet exercice thérapeutique est une vraie réussite. Il devrait servir aux artistes en herbe ou confirmés comme aux « fans dévoreurs » qui ne se rendent pas compte à quel point une « star » au succès phénoménal reste une artiste sensible, fragile, méritant le plus grand des respects.

« Angèle », documentaire de 1h24 réalisé par Sébastien Rensonnet et Brice VDH, est disponible dès ce vendredi 26 dans 190 pays.

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