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Wallonie: La nouvelle PAC n'est "pas la 8e merveille du monde", mais a le mérite d'exister

"On aurait pu rêver mieux, mais un statu quo n'aurait pas été préférable", résume José Renard, secrétaire général de la Fédération wallonne des agriculteurs, au lendemain du vote par le Parlement européen de la réforme de la Politique agricole commune, la PAC. Après 3 ans et demi de tractations, les agriculteurs étaient impatients de voir aboutir cette réforme des aides agricoles qui sont souvent vitales à leurs activités.
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Les députés européens ont adopté mercredi la réforme de la politique agricole commune pour la période 2021-2027. Le texte comporte pour la première fois un volet écologique, mais il est jugé largement insuffisant par ses opposants. Les Etats membres ou les régions, comme c'est le cas en Belgique, doivent désormais rendre un plan stratégique pour le 31 décembre. 

La Fédération wallonne des agriculteurs (FWA) avait appelé à voter en faveur de la réforme. "Nous estimions que plus de trois ans après le début des discussions, il était temps de voir clair", explique José Renard. "Sur le plan du contenu, nous trouvons que ce qui était sur la table représente un compromis à peu près équilibré."

Une position que rejoint la Fugea, Fédération unie de groupements d'éleveurs et d'agriculteurs: "On se réjouit d'avoir un accord permettant d'au moins avoir une PAC pour les cinq prochaines années, dit Yves Vandevoorde, coordinateur à la Fugea. "Mais on aurait préféré avoir plus d'équité sociale."

La nouvelle PAC garde le même coeur de réacteur, à savoir des aides distribuées à l'hectare, ce qui favorise les grandes exploitations. "Les plus gros exploitants touchent le plus de primes, ce qui pousse à l'agrandissement des fermes", souligne Charles Culot, fils d'agriculteur et observateur cinglant du secteur. Comédien, il vient d'offrir un 2e opus à la pièce de théâtre "Nourrir l'humanité" (compagnie Adoc). 

"Malgré des mesurettes vertes, on est dans la continuité, alors qu'on a une transition écologique à mener. L'agriculture est pourtant un outil fondamental pour lutter contre le changement climatique", commente-t-il. 

Les éco-régimes sont la principale mesure verte prévue par la nouvelle PAC. Quelque 25% des aides de la PAC seront conditionnées à des pratiques environnementales vertueuses, qui devront être définies par les Etats membres. Que ces Etats membres puissent définir eux-mêmes les pratiques éligibles permet d'obtenir des mesures adaptées au terrain et aux agriculteurs locaux, souligne la Fugea.

Mais c'est aussi le risque de voir se déliter la visée verte de la mesure. Ainsi, la FWA demande aux autorités wallonnes de "trouver un équilibre entre l'ambition environnementale et une ambition plus réaliste" afin de permettre à un maximum d'agriculteurs de toucher ces aides. 

La Fugea, de son côté, appuie des éco-régimes "réalistes pour les agriculteurs, mais qui soient réellement efficaces pour la biodiversité et l'environnement". 

La Fugea demande par ailleurs au gouvernement wallon d'augmenter la part des aides dites redistributives (qui permettent d'aider davantage les petites exploitations, ndlr). La réforme européenne prévoit 10% de ces aides, alors que la Wallonie est déjà à 17%. La Fugea réclame 25%.

En Wallonie, 55% des exploitations reçoivent actuellement 80% des aides de la PAC, selon les chiffres de la FWA.

La réforme de la PAC doit entrer en vigueur le 1er janvier 2023.

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