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La présidence française de l’UE doit être celle des droits sexuels et reproductifs

Lettre ouverte au président français Emmanuel Macron signée par plus de 60 organisations féministes européennes.

Carte blanche - Temps de lecture: 4 min

Monsieur le Président de la République,

Le 1er janvier 2022, la France prendra la présidence du Conseil de l’Union européenne pour six mois. Sur la question de l’égalité entre les femmes et les hommes, un principe pourtant inscrit dans la charte des droits fondamentaux de l’UE depuis plus de vingt ans, l’Europe est encore divisée. Les droits à l’avortement, à l’autodétermination de genre ou à l’éducation à la sexualité sont des droits humains qui découlent de textes auxquels tous les pays de l’UE sont astreints. Malgré cela, dans plusieurs pays, les mouvements conservateurs, opposés aux droits civiques et politiques, aux droits des femmes, et des personnes LGBTQI+, convergent pour pousser un agenda rétrograde antidémocratique, misogyne et contraire aux valeurs de l’Union européenne.

Alors que les mobilisations des féministes irlandaises et de leurs allié·e·s ont conduit à l’abrogation de l’amendement qui interdisait l’avortement, les femmes polonaises sont, elles, en proie à une attaque sans précédent de leur droit à disposer de leur corps, qui était déjà très limité ; les Italiennes se battent contre les médecins « objecteurs de conscience » ; et la Hongrie institutionnalise les discriminations en raison de l’orientation sexuelle, interdisant toute représentation de l’homosexualité devant les personnes mineures. La présidence française sera-t-elle celle qui défend de manière inconditionnelle les droits sexuels de tou·te·s ?

Sur de nombreux sujets, l’Union européenne a réussi à avancer collectivement. Les droits sexuels et reproductifs ne doivent pas faire exception. La France doit promouvoir leur inscription dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE ainsi que la ratification et la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul par l’Union européenne et ses États membres.

Faire valoir une certaine vision de société

Les obstacles réglementaires liés aux prérogatives de l’Union européenne ne justifient pas l’inaction. Les droits sexuels et reproductifs ont de nombreux·ses défenseur·e·s au sein du Parlement européen, des Etats de l’UE, et des mouvements féministes. L’enjeu est de faire valoir une certaine vision de la société.

Le projet politique de l’UE doit être celui de sociétés qui respectent les droits sexuels de tou·te·s, de sociétés où l’éducation à la sexualité et au consentement est appliquée, et non pas de sociétés qui moralisent ou criminalisent nos sexualités et nos corps. Une présidence française de l’UE forte sur ces enjeux aurait une résonance mondiale.

La France, qui a accueilli le Forum Génération Égalité en juillet, pilote une coalition d’action internationale sur la liberté à disposer de son corps. La présidence française de l’UE doit être la prochaine étape majeure de cet engagement.

Monsieur le Président, les féministes de l’Europe vous regardent.

*Cosignataires : Equipop ; Deutsche Stiftung Weltbevölkerung (DSW) ; Humanity Diaspo ONG ; AADH ; Les Passerelles des Savoirs ; Le Planning Familial ; ADHRB ; Médecins du monde France ; Unchained At Last ; RFSU/IPPF Sweden ; FOKUS – Forum for Women and Development ; Fundación Mexicana para la Planeación Familiar, A. C. MEXFAM ; International Campaign for Women’s Right to Safe Abortion ; Urgent Action Fund for Women’s Human Rights ; MSI ; Reproductive Choices ; Fòs Feminista ; Institut du Genre en Géopolitique ; Santé sexuelle Suisse ; FRONT Association / Feminism-Romania ; Sexul vs Barza / Sex vs The Storck Association ; Association Défense de la Démocratie en Pologne (ADDP) ; Austrian Family Planning Association (ÖGF) ; Global Justice Center ; International Planned Parenthod Federation ; Sex & Samfund ; Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception (ANCIC) ; Federation for Women and Family Planning ; Sidaction ; Women Deliver ; LAIGA ; Ipas ; White Ribbon Alliance ; Fundacion para estudio e Investigacion de la Mujer ; Women Engage for a Common Future – WECF International ; Network of rural women producers Trinidad and Tobago ; Manki maroua ; Images et Paroles ; Groupe Tawhida Ben cheikh ; Rawsa Mena ; Women’s Link Worldwide ; Royal College of Obstetricians and Gynaecologists ; Wecf France ; HERA – Health Education and Research Association ; Global Fund for Women ; Sonke Gender Justice ; UAF ; Association Nationale des Etudes Féministes (ANEF) ; SheDecides ; Fonds pour les femmes en Méditerranée ; Jan Reynders, Gender Justice Consultancy ; Amandine Clavaud, directrice de l’Observatoire égalité femmes-hommes de la Fondation Jean-Jaurès ; Catholics For Choice ; Sex og Politikk / IPPF Norway ; Civicus ; Amnesty International France ; Abortion Support Network and Abortion Without Borders ; Asso Maison des Femmes Thérèse Clerc ; Sedra-Federación Planificación Familiar ; Genderhood ; Alliance des Femmes pour la Démocratie ; IDsanté ; CFDT Cadres/CESE ; Fédération Parapluie Rouge ; CFE-CGC ; Center for Reproductive Rights ; Polish Women’s Strike ; Success Capital Organisation ; ECOM – Eurasian Coalition on Health, Rights, Gender and Sexual Diversity ; Global Network of Sex Work Projects (NSWP) ; Nangan.

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