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Botox: Test Achats dénonce le manque d’information

L’association de défense des consommateurs a réalisé une enquête mystère dans les cliniques esthétiques qui proposent des traitements au botox et aux fillers. Les résultats sont plutôt inquiétants.

Temps de lecture: 3 min

Les injections à base de botox et d’acide hyaluronique ont le vent en poupe. Ces produits de comblement permettent temporairement de réduire les rides et de rajeunir le visage. Seulement, tout le monde n’est pas éligible à recevoir ce type de traitement. Il faut tenir compte d’éventuelles complications. Ce qui ne semble pas vraiment être respecté dans le secteur.

Pour réaliser cette enquête, deux clientes-mystères (âgées de 45 et 50 ans) se sont présentées pour des conseils dans 33 cliniques esthétiques (trois par province + Bruxelles). Elles se sont renseignées sur les avantages et inconvénients de ces traitements, ainsi que sur leur coût. Et plusieurs problèmes ont été constatés.

1

Un screening médical trop rare

Près de la moitié des professionnels visités se sont trop peu intéressés aux antécédents médicaux des enquêtrices, alors qu’il existe un certain nombre de cas dans lesquels le botox ou les produits de comblement sont contre-indiqués. De plus, l’enquête révèle que la plupart des professionnels de la santé ont cité seulement un ou quelques effets secondaires fréquents, mais que la moitié d’entre eux ont passé sous silence les risques potentiels les plus graves. Comme le risque d’affaissement temporaire de la paupière ou du sourcil, ou d’occlusion vasculaire.

2

Absence de formation obligatoire attachée au titre non-protégé de « médecin esthétique »

En Belgique, il faut être médecin pour être autorisé à injecter des produits de comblement. Cependant, il ressort des données de l’Inami et du SPF Santé publique que ces médecins ne sont pas tous des dermatologues ou des chirurgiens plasticiens.

« La majorité de ces praticiens se présente comme des “médecins esthétiques” alors qu’aucune condition de formation obligatoire n’est attachée à ce titre », explique Julie Frère, porte-parole de Test Achats. « Nous plaidons pour que le gouvernement, qui annonçait déjà en 2013 qu’il allait se pencher sur cette problématique, travaille de toute urgence sur des exigences de formation plus strictes. »

3

« La publicité n’a pas sa place dans ce genre de secteur »

La publicité et les rabais sont interdits dans un cabinet médical. Pourtant, dans la moitié de ces centres de beauté, les enquêtrices ont reçu des offres. Notamment lorsque le traitement concerne plus d’une zone du visage. « Le danger, c’est que ces offres peuvent amener un surtraitement », explique Aline Van den Broeck, représentante des organisations de consommateurs pour Test Achats. En outre, dans huit cliniques, les enquêtrices ont reçu une attestation de soins donnant droit à un remboursement de la caisse d’assurance maladie compris entre 10,08 euros et 27,53 euros. « En plus de faire payer le contribuable pour un soin purement esthétique, ils utilisent un numéro de nomenclature qui ne correspond pas au traitement, car il n’en existe pas pour les conseils esthétiques. C’est de la fraude ». Test Achats demande donc à l’Inami de communiquer clairement aux médecins qu’aucun remboursement n’est possible pour ce type de consultations.

Les experts ont également transmis leurs inquiétudes au ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke.

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