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Une première condamnation en Europe pour génocide à l’encontre des Yézidis

Pour la toute première fois, une cour européenne a condamné un djihadiste à la perpétuité. Un tribunal allemand a notamment reconnu cet Irakien coupable de génocide pour avoir laissé mourir de soif une fillette de 5 ans.

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Elles et ils ont vécu le calvaire, le pire de ce qu’un être humain peut infliger à un autre. Pour la première fois de l’histoire, un tribunal a condamné ce mardi un djihadiste pour « génocide » sur la communauté yézidi. La Haute Cour régionale de Francfort a reconnu l’Irakien Taha Al-Jumailly, 29 ans, « coupable de génocide, de crime contre l’humanité ayant entraîné la mort, de crimes de guerre et de complicité de crimes de guerre ».

A partir de 2014, le groupe Etat islamique avait asservi les Yézidis, les avait massacrés en masse, réduits en esclavage, violés et torturés… Une équipe d’enquête spéciale de l’ONU estime d’ailleurs avoir la « preuve claire et convaincante » d’un génocide. Les députés belges ont également reconnu ce « génocide » par un vote à la Chambre. Mais jusqu’à présent, aucune cour ne s’était emparée du crime des crimes, même si des affaires impliquant des membres de cette minorité religieuse sont déjà passées dans les mains de juges, notamment en Europe.

Morte de soif

Le djihadiste irakien avait laissé mourir de soif une fillette yazidie de cinq ans qu’il avait avec sa mère « achetée comme esclave », selon l’accusation. Il entendait la punir d’avoir uriné sur un matelas. La mère de la petite fille, Nora B., a raconté à la barre le calvaire enduré par son enfant, « attachée à une fenêtre » à l’extérieur de la maison par des températures « pouvant aller jusqu’à 50º», selon le parquet.

« Aujourd’hui est un jour historique pour l’humanité. Le génocide des Yazidis entre enfin dans l’histoire du droit pénal international », a indiqué à l’AFP Natia Navrouzov, avocate et membre de l’ONG Yazda qui rassemble les preuves des crimes commis par l’EI envers les Yazidis.

Pour juger cet Irakien, arrêté en Grèce en 2019, l’Allemagne applique le principe de la « compétence universelle » qui permet à un Etat de poursuivre les auteurs d’infractions les plus graves même quand elles ont été commises hors du territoire national.

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