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Le pape dénonce à Athènes une Europe «déchirée par les égoïsmes nationalistes»

Le pape François a pointé samedi, au premier jour de sa visite à Athènes, la responsabilité de l’Europe dans la crise migratoire et déploré qu’elle soit «parfois bloquée» et «déchirée par les égoïsmes nationalistes».

Temps de lecture: 3 min

Le souverain pontife argentin de 84 ans, arrivé peu après 11H00 à l’aéroport d’Athènes, a regretté que «l’Europe persiste à tergiverser» face aux arrivées de migrants «au lieu d’être un moteur de solidarité». Il s’exprimait devant la présidente de la République hellénique Katerina Sakellaropoulou et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis ainsi qu’un parterre de personnalités catholiques et de la société civile qui l’ont chaudement applaudi au palais présidentiel d’Athènes.

Si le pape François s’est rendu sur l’île grecque de Lesbos en 2016, où il retournera dimanche, c’est la première visite d’un pape à Athènes en vingt ans, depuis le déplacement de Jean Paul II en mai 2001. Il avait auparavant passé deux jours à Chypre où il a fustigé avec force «le mur de la haine» dressé contre les migrants, dont cinquante seront transférés à Rome, selon Nicosie.

A Athènes, le pape pontife a rappelé que la Grèce avait «reçu sur certaines de ses îles un nombre de frères et soeurs migrants plus élevé que celui des habitants eux-mêmes». Or «la communauté européenne, déchirée par les égoïsmes nationalistes, apparaît parfois bloquée et non coordonnée, au lieu d’être un moteur de solidarité», a-t-il dit devant les autorités politiques.

«Recul de la démocratie»

François a en outre relevé «un recul de la démocratie, et pas seulement sur le continent européen», estimant que «la démocratie exige la participation et l’implication de chacun», quand «l’autoritarisme est expéditif et les assurances faciles offertes par les populismes semblent tentantes».

Quelques minutes plus tôt, la présidente Sakellaropoulou avait évoqué l’«humanité des Grecs et la charge disproportionnée qu’ils ont supportée» dans la gestion de cette crise. «Notre pays s’efforce autant que possible d’empêcher les trafics illégaux de personnes», a-t-elle souligné. La présidente a aussi remercié le pape pour son «soutien chaleureux» lors de la conversion de l’ancienne basilique Sainte-Sophie d’Istanbul en mosquée, afin de la «conserver comme un symbole universel de culte religieux et un monument emblématique de l’héritage mondial».

Le pape a dit venir à Athènes «étancher sa soif aux sources de la fraternité» et renforcer ses liens avec ses «frères de foi», les chrétiens orthodoxes, séparés de l’Eglise catholique depuis le schisme de 1054 entre Rome et Constantinople. François s’entretiendra samedi avec l’archevêque de l’Eglise orthodoxe de Grèce Hiéronyme II et son entourage.

Dans une vidéo publiée peu avant son départ de Rome, le pape s’est présenté en «pélerin» à la rencontre de «tous, pas seulement les catholiques», une minorité d’1,2% dans un pays à grande majorité de religion orthodoxe, non séparée de l’Etat.

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1 Commentaire

  • Posté par Desmet Marc, samedi 4 décembre 2021, 15:16

    Il n'a pas tout à fait tort... tous ces religieux beaux parleurs devraient normalement accueillir ces malheureux, dans leurs églises, synagogues, mosquées et temples divers... beaucoup de théorie peu de pratique!

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