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Les patrons d’Engie écrivent au Premier ministre: il faut sortir du nucléaire

Jean-Pierre Clamadieu et Catherine MacGregor, à la tête d’Engie, ont adressé un courrier à Alexander De Croo, « Le Soir » a pu en prendre connaissance. Ils appellent explicitement à sortir du nucléaire en 2025, excluant la possibilité de prolonger nos réacteurs. Une pièce dans le débat qui agite la Vivaldi, alors que Georges-Louis Bouchez, lui, maintient sa position.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 4 min

Les patrons d’Engie (l’exploitant de nos centrales), Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d’administration, et Catherine MacGregor, directrice générale, ont adressé un courrier au Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), dont nous avons pu prendre connaissance, où ils concluent explicitement à la nécessité de sortir du nucléaire en 2025.

Ils cadrent leur propos : « Nous suivons avec beaucoup d’attention le débat actuellement engagé sur l’évolution du système énergétique belge dont Engie est un acteur essentiel. Il nous paraît utile de préciser notre position ».

De fait, Jean-Pierre Clamadieu et Catherine MacGregor expliquent dans la foulée : « Comme nous l’avons rappelé de manière constante ces dernières années, la prolongation de 2 tranches (réacteurs, NDLR) de Doel 4 et Tihange 3 ne peut s’imaginer que dans le cadre d’un projet conduisant à une extension de durée de vie de 10 à 20 ans. Un tel projet nécessite un délai d’exécution que nous estimons à 5 ans en prenant en compte les études d’ingénierie et de sûreté, le dialogue avec les autorités, les processus législatifs et réglementaires et la réalisation même de l’investissement. Notre expérience de projets similaires nous a convaincus que ce délai est difficilement compressible. Dans ces conditions, il nous paraît impossible d’assurer le prolongement de l’activité de ces 2 tranches en 2025 ».

Les patrons d’Engie enfoncent le clou, recalant ici en substance le positionnement de Georges-Louis Bouchez (MR), entre autres, favorable à la prolongation de deux centrales, comme l’on sait : « Certains évoquent la possibilité d’une extension de courte durée dont la préparation pourrait être beaucoup plus rapide. Une telle décision n’aurait pas de précédent, et il n’existe pas aujourd’hui de cadre réglementaire ni technique pour la réaliser. Au total et dans ce contexte Engie considère qu’il n’y a plus d’autre option que d’engager le déclassement progressif des tranches nucléaires que nous exploitons ».

« Contribuer à la transition énergétique de la Belgique »

Enfin, Engie réaffirme au passage son « engagement à contribuer à la transition énergétique de la Belgique » en poursuivant ses investissements dans le domaine du renouvelable et en participant au « processus de CRM lancé » par le gouvernement, à savoir essentiellement la construction de centrales au gaz, lesquelles devront permettre de garantir l’approvisionnement du pays en électricité après l’abandon du nucléaire et avant le tout aux énergies alternatives. Pour rappel, Engie bâtira deux d’entre elles, aux Awir en Wallonie, à Vilvorde en Flandre en principe… A cet égard, Engie s’inquiète « des difficultés rencontrées pour obtenir le permis régional environnemental de la centrale de Vilvorde ». En l’occurrence, on sait que Zuhal Demir (N-VA), ministre flamande de l’Environnement, s’est montrée hostile au projet jusqu’à présent.

Bouchez réagit illico

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a réagi aussitôt, recadrant à sa façon le courrier des patrons d’Engie : « Ce courrier ne dit pas qu’il est impossible de prolonger le nucléaire mais bien qu’ils ne veulent pas et qu’il faut changer le cadre légal ». Le bleu prolonge : « Leurs envies ne sont certainement pas un élément pertinent pour décider du mix énergétique de notre pays ». Il réitère son choix au fond : « Garder le nucléaire est devenu une nécessité manifeste. On ne peut pas sortir du nucléaire sans sécurité d’approvisionnement. Ce serait inconscient de faire peser un tel risque à notre pays ». L’idée de Georges-Louis Bouchez, donc : « Changer le cadre législatif (la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire, NDLR) afin de raccourcir les délais pour faire en sorte, techniquement, que deux réacteurs puissent être activés au-delà de 2025, NDLR) tout en garantissant la sécurité. Il faut avancer désormais et garder deux centrales ». Le bleu assure donc vouloir maintenir sa position. Le débat dans la Vivaldi va redoubler de véhémence.

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56 Commentaires

  • Posté par STORDIAU Pierre, lundi 13 décembre 2021, 13:21

    Il est grand temps de réfléchir à la suite : faire SIGNER noir sur blanc à TOUS les responsables de ce dossier de "sortie nucléaire" ; un document les obligeant - sous peine d'amendes - a garantir la sécurité des PRIX et de l’approvisionnement ! Et à défaut; faire PAYER aux décideurs (ministres, etc.) en correctionnelle ! Comme c'est le cas en Flandre pour la question des compteurs pour P-V . Il faut RESPONSABILISER tous ces beaux parleurs là où cela fait mal : leurs portefeuilles!

  • Posté par Noelb Renzo, jeudi 9 décembre 2021, 9:18

    Et c'est parti. Je viens de recevoir un courrier d'Engie . Il me signale une hausse très importante de l'électricité et me conseille de revoir le montant mensuel facturé pour ne pas avoir de grosse surprise lors du solde annuel.Cela contredit les paroles des écolos, fieffés menteurs.

  • Posté par STORDIAU Pierre, lundi 13 décembre 2021, 13:14

    Vous vouliez dire ... les "ESCROLOS" ?

  • Posté par WEERENS Alain, jeudi 9 décembre 2021, 2:18

    les envies d'Engie (rappel: groupe français) qui prévoit de gagner encore un peu plus en nous vendant de l'électricité produit avec le nucléaire français (attention: ce qui ne nous met pas à l'abri d'un black-out si la production française est insuffisante par moment) et en construisant des centrales au gaz qui tôt ou tard devront disparaitre nous importent peu. Cela dit, une politique énergétique pensée et dirigée au niveau de l' Union Européenne est indispensable.

  • Posté par Fontesse Philippe, mercredi 8 décembre 2021, 22:38

    Pour Envie, c'est simple, fin du nucléaire et construction de centrales au gaz car ainsi ils vont toucher de l'argent pour le démontage des centrales nucléaires et de l'autre côté pour la construction pour celles au gaz, avec le fait de pouvoir lier plus fortement le prix de l'électricité avec le prix du gaz donc plus de profits. Pour rappel, nous avons payé à Electrabel pour la construction des centrales nucléaires, pour leurs entretiens, pour le démontage avec l'augmentation il y a des décennies mais jamais de réduction en justifiant les données ci-dessus. Oui, ça a été repris mais nous ne devons pas payer une deuxième fois, ceux qui ont eu l'argent doivent payer. Nos politiciens ont vendu beaucoup de choses et maintenant nous sommes dépendant des étrangers avec souvent des fermetures ou des prix plus important.

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