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Bilan du gouvernement de la Communauté: la casserole scolaire est à ébullition

En décrétant que le cours de morale était (à ses yeux) philosophiquement engagé, la Cour constitutionnelle a explosé le jeu de quilles. Le gouvernement gère, tant bien que mal, mis sous pression par les lobbies scolaires.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 2 min

Un gouvernement dispose d’une feuille de route. C’est l’accord de majorité qui fixe les projets que les partis de la majorité ont décidé de lui assigner. Mais le labeur d’un exécutif ne se borne pas à cela. Il y a la gestion ordinaire des départements, la confection des budgets annuels. Et il y a les imprévus, plus ou moins nombreux, plus ou moins dérangeants.

L’arrêt que la Cour constitutionnelle a pondu le 12 mars est l’un des impondérables dont la Communauté française aurait volontiers fait l’économie. Au bout d’un raisonnement spécieux (et juridiquement fragile, possiblement), l’instance a jugé que le cours de morale non confessionnelle, dispensé dans l’enseignement officiel, était un cours de morale laïque, philosophiquement engagé. Conclusion : les élèves doivent pouvoir en être dispensés. Cet arrêt a conduit la ministre de l’Education à imaginer une échappatoire – ce sera l’EPA (encadrement pédagogique alternatif) où se retrouveront les élèves souhaitent être dispensés du cours de religion/morale. Préalablement, elle a organisé un sondage en demandant aux parents de dire, à blanc, quelle serait leur option. C’était de bonne politique – il s’agissait de prendre les devants, d’estimer le nombre d’enfants dispensés à encadrer. L’erreur : avoir donné du contenu à l’EPA après avoir engagé le sondage – on a laissé penser, un temps, que rien ne serait organisé pour les dispensés (d’où le nom de « cours de rien »). Désormais, l’existence même de cet EPA est remise en cause puisque Milquet a fait savoir qu’elle ne le concrétiserait que si les partenaires éducatifs (syndicats, pouvoirs organisateurs) étaient preneurs. La concertation est en cours et l’incertitude demeure, donc. Difficulté supplémentaire : à partir de 2006, le cours de religion/morale/EPA (si l’EPA est maintenu) descendra à 1 heure pour libérer 1 h pour un cours de citoyenneté à inventer. Et difficulté supplémentaire dans la difficulté supplémentaire : certains PS, comme André Flahaut, souhaitent passer à 2 h de citoyenneté – piste que le PS Demotte a barrée. A l’arrivée, il est difficile de ne pas constater que le gouvernement a été erratique et fort confus.

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