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Pour éviter d’autres «affaires Crucke», le MR crée une procédure de concertation interne

Ce matin, lors d’une réunion au sommet, les libéraux se sont accordés sur une procédure de concertation à quatre niveaux pour gérer les dossiers importants arrivant sur la table des gouvernements. Président, chef de file gouvernemental, chef de groupe au Parlement et ministre concerné devront s’entendre.

Cheffe adjointe du service Politique Temps de lecture: 4 min

Après l’affaire Crucke, certains libéraux annonçaient des réunions internes tendues, ce lundi matin au MR. Et le député Denis Ducarme, l’ex-adversaire de Georges-Louis Bouchez à la présidence du parti, lançait effectivement le débat, ce matin sur DH Radio. Il déclarait avoir « un peu mal à mon parti après les tensions de ces derniers jours » et les attaques contre Jean-Luc Crucke « visé assez sensiblement en tant qu’homme » et accusé d’être « moins libéral que les autres ». Il concluait, concernant Georges-Louis Bouchez : « Je pense qu’en tant que président de parti, il a un rôle. Il a même un rôle difficile, mais un rôle qui doit rassembler plutôt que de se retrouver avec de telles situations sur la place publique. »

Mais quasi au même moment, une réunion au sommet du MR se tenait au QG du parti. Le président et les chefs de file gouvernementaux ou de l’opposition (Sophie Wilmès, Willy Borsus, Pierre-Yves Jeholet et Alexia Bertrand) s’accordaient pour « sortir par le haut » de « l’affaire Crucke ». Et « désamorçaient » la situation. Bouchez et Jean-Luc Crucke se sont aussi vus dans la foulée. Puis un bureau exécutif – durant lequel « Jean-Luc Crucke n’a pas dit un mot » – a entériné le compromis trouvé. Un compromis sous forme de procédure à respecter désormais quand un dossier important arrive sur la table d’un gouvernement.

Le ministre qui porte un projet devra en avertir le chef de file de son gouvernement, qui prendra alors contact avec le parti, puis avec le chef de groupe au parlement. Une concertation réunissant quatre parties, donc, et susceptible d’éviter, espèrent les libéraux, qu’un projet d’un de leur ministre ne soit ensuite contesté publiquement par des parlementaires et/ou le président, comme on l’a vécu avec le projet de décret de Jean-Luc Crucke pour une fiscalité plus juste.

Cette nouvelle procédure de gestion des dossiers passant en gouvernement a ensuite été expliquée au conseil du mouvement (bien plus large que le bureau MR, avec notamment les parlementaires). Mais pas de remous à attendre, nous assurait un bleu avant qu’il ne débute vers 10h30 : « Tout le monde va regarder ses chaussures. »

De fait. Pas de polémique en conseil.

On y a même « applaudi la décision », nous dit-on. Et seuls quelques mandataires ont pris la parole sur ce sujet : le ministre wallon Willy Borsus, le chef de groupe wallon Jean-Paul Wahl, la députée wallonne Sabine Laruelle et le député fédéral Michel De Maegd. « Pour dire qu’ils approuvaient la nouvelle façon de travailler », confie-t-on. Sans évoquer les protagonistes de l’affaire eux-mêmes, « pour ne pas en faire une question de personne ».

Selon un participant, Jean-Luc Crucke, lui, s’est fait « discret et taiseux » et Georges-Louis Bouchez s’est montré « serein », non sans « mettre les points sur les i quant aux propos off the record et à ceux qui jouent les “politologues” dans la presse. »

A la sortie du conseil, Jean-Luc Crucke a brièvement réagi au micro de la RTBF, estimant que « dans un dossier comme celui-là, personne n’a tout à fait raison et personne n’a tout à fait tort. Il faut savoir mettre de l’eau dans son vin ». Ajoutant : « Mais il y a des dossiers que je considère comme justes. Et ce dossier-là est juste. Et j’ai dit que je le défendrais. Chacun a sa ligne de conduite et ses comportements. J’assume tout ce que j’ai dit et fait et je continuerai comme ça. Vous n’arriverez pas à me changerez à mon âge. » Pas de déclaration, par contre, sur son intention de démissionner ou non après l’adoption du budget au parlement de Wallonie. Il a simplement repris les propos de François Bellot : « Si vous devez vivre avec de la rancœur, ne faites pas de politique ! »

Georges-Louis Bouchez a pour sa part déclaré, toujours à la RTBf : « Jean-Luc Crucke est toujours un ministre du gouvernement wallon. Il a la confiance du groupe puisqu’on travaille en équipe. A partir du moment où tout le monde se conforme à la ligne politique du MR et aux procédures, il n’y a aucun problème de confiance. Et Jean-Luc, ce matin, a exprimé à la fois son engagement dans la ligne et dans les procédures qui existent. Dans ce cas-là, il n’y a pas de difficulté. »

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19 Commentaires

  • Posté par Bricourt Noela, lundi 13 décembre 2021, 15:06

    Mr Crucke a des états d'âme. Pas du tout vis à vis de la population qu'il devrait protéger contre la flambée des taxes. Uniquement pour lui...et son statut. Pq ne pouvons nous pas être informé qu'il y a deux points de vue dans son parti? La prochaine fois, ils seront encore plus discrets.

  • Posté par Bastin Eric, lundi 13 décembre 2021, 17:14

    Je n'ai pas vraiment suivi sur le fond mais sur la forme, il y a quelque chose qui me dérange vraiment. Un ministre n'est pas le pion de son parti, même s'il lui doit, au départ, sa désignation à ce poste. La politique du gouvernement, qui est le fruit de compromis endossé par l'ensemble des ministres, se fait en conseil des ministres, de manière collégiale, sous la direction de celui qui le préside, et elle est soutenue au parlement, par les députés qui n'y ont pas été nommés par leur parti mais qui s'y trouvent par la volonté de l'électeur. Au final, c'est le peuple qui est souverain. Les partis et leurs présidents ne devraient pas interférer de cette manière dans les travaux d'un gouvernement. Qu'un ministre doive soumettre chacune de ses actions à l'approbation de son président de parti de manière formelle et statutairement organisée me semble une procédure aberrante.

  • Posté par Guiot Philippe, lundi 13 décembre 2021, 14:49

    Désopilant ! Dites-moi ce que f...... tous les mr lors des 3 lectures du projet ? Pendant 1 an, gloub n'a jamais eu connaissance du projet de son ministre ? Ou alors ils roupillaient tous ou n'étaient pas présents en seance ! À l'avenir les ministres mr percevront leurs "émoluments" indécents sans prendre la moindre initiative ! M(D)R

  • Posté par Tamo guillaume, lundi 13 décembre 2021, 13:15

    @tameyre Il ne me paraît pas illogique que l'ATN pour les voitures de société augmente puisque le prix des voitures ne fait qu'augmenter. Par ailleurs, si vous voulez échanger votre voiture de société avec les avantages (?) dont disposeraient à vous entendre les infirmiers et infirmières, je pense que beaucoup seront preneurs.

  • Posté par J.-M. Tameyre, lundi 13 décembre 2021, 14:16

    Oui et non. Un commercial ou un consultant doit se déplacer souvent, doit prendre un véhicule de société et doit payer l'ATN puisqu'il est censé effectuer des trajets privés avec sa voiture de fonction. Arguer d'un second véhicule dûment immatriculé pour plaider un remboursement fiscal des taxes indues pourrait ouvrir un débat amusant. Ceci dit, vous êtes-vous jamais demandé pourquoi le kms roulé qu'on peut déduire de ses frais professionnels reste depuis 25 ans au forfait de 6 BEF, soit 0.15€ ? Eh bien grâce à une "imposition fiscale juste" et à la lutte contre la "fraude", les infirmiers ont droit à ces cacahuètes-là (il y a 30 ans c'était sur base de factures mais quand on est passé au forfait, le législateur a "oublié" l'indexation).

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