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Accord sur le nucléaire: «Nous assurons la sécurité grâce à un plan A renforcé, clair et ancré dans la loi»

Le gouvernement fédéral a conclu un accord sur la fermeture des centrales en 2025. Qui prévoit de recourir au nucléaire si les garanties en termes d’approvisionnement en électricité sont insuffisantes.

Temps de lecture: 3 min

Le gouvernement fédéral a trouvé jeudi matin un accord sur le dossier de la sortie du nucléaire à l’issue d’une nuit de discussion. Le scénario A, soit la fin des réacteurs nucléaires actuels en 2025, est « renforcé » mais 100 millions d’euros seront investis dans la nouvelle technologie nucléaire et le scénario B, soit la prolongation de deux centrales, n’est pas exclu.

Lors d’une conférence de presse ce jeudi matin, les ministres concernés ont fait le point. « Nous assurons la sécurité grâce à un plan A renforcé ponctué d’un processus claire et ancré dans la loi. C’est primordial car comme chacun le sait, la décision prise pour la centrale de Vilvorde avait semé un certain désordre. Il y aura plusieurs moments d’évaluations. Ne pas en avoir n’est pas la solution », a d’abord indiqué le Premier ministre Alexander De Croo.

« C’est avec un regard ouvert vers l’innovation et les nouvelles technologies que nous devons regardons le futur énergétique », a-t-il poursuivi.

Selon Georges-Louis Bouchez (MR), il n’y a pas de réelle décision qui a été prise, « le plan B est toujours sur la table ». Mais Alexander De Croo ne le voit pas du même œil, « le choix a été fait de renforcer le plan A. Nous savons qu’à cause du fait que Vilvorde n’a pas obtenu de permis jusqu’à présent, il y a des questions. On a fait un changement et on le fera en se basant sur une décision en Conseil des Ministres et au Parlement pour pouvoir débloquer réaliser le plan A. On a une sorte de “safetynet”, et si on ne l’avait pas fait, ce ne serait pas intelligent. C’est logique que dans un moment comme celui-ci, sachant qu’il y a quand même une difficulté qu’on a rencontré. On exécute maintenant le plan A, on sait aussi maintenant qu’on peut le faire mais tout en gardant de quoi contrer l’imprévu, en gardant un certain filet de sauvetage. Je pense que c’est normal, c’est du bon sens ».

Le plan B, défendu au sein de la majorité par le MR, n’est pas définitivement écarté et pourrait encore donner lieu à d’âpres débats. Il repose sur la prolongation de deux réacteurs au-delà de 2025, une option ouverte par l’accord de gouvernement et confirmée ce jeudi. Un rapport de l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) et du SPF Economie est attendu pour le 17 janvier. Ce document fera la liste et analysera les actions à entreprendre pour activer ce plan B si le CRM n’apportait pas une sécurité d’approvisionnement suffisante.

Une évaluation d’Elia, gestionnaire du réseau de transport de l’électricité, est également attendue. Une première – intermédiaire – le 17 janvier et une seconde le 18 mars. Si celle-ci démontre que la sécurité d’approvisionnement est suffisante, « toutes les activités du plan B s’arrêteront ».

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Nucléaire de nouvelle génération

Le gouvernement intègre par ailleurs le nucléaire de nouvelle génération dans le mix énergétique futur du pays, comme le font d’autres Etats européens. « Le développement des Small Modular Reactors pourrait jouer un rôle au même titre que d’autres formes d’énergie durable par rapport à l’objectif de neutralité climatique du système énergétique en 2050 », a-t-il décidé.

Une loi intégrant cette technologie aux côtés d’autres sources, comme l’hydrogène vert, sera adoptée. Un programme de recherche sera mis sur pied associant le Centre d’Etudes Nucléaires (CEN) de Mol ainsi que des partenaires industriels en vue d’une possibilité de production d’ici 2040. Cent millions d’euros durant les quatre prochaines années seront investis.

 

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11 Commentaires

  • Posté par STORDIAU Pierre, vendredi 24 décembre 2021, 0:39

    Les TROIS préalables ne sont pas remplis : 1)PRIX de l'énergie abordable non garanti ; 2) SECURITE d'approvisionnement spéculativement lié à d'hypothétiques CRM; et 3) on devait ARRÊTER de "re-carboner" l'atmosphère . Point barre.

  • Posté par Van Haesendonck Eric, jeudi 23 décembre 2021, 15:15

    Encore une fois on ne répond pas à la question principale: comment faire tourner ces centrale en cas de pénurie prolongée de gaz naturel, et ce sans impacter le prix du gaz de ville. Vas-t-on par exemple forcer l'exploitant de ces centrale à construire du stockage de gaz naturel supplémentaire ? Un terminal pour pouvoir importer plus de gaz des USA ? Pourquoi ne pas interdire aux nouvelles centrales de s'approvisionner entre octobre et avril quand la demande en gaz de chauffage est la plus importante ? Ce ne sont pas les solutions qui manquent mais le gouvernement ne fait rien et l'on court à la pénurie de gaz !

  • Posté par Baeyens Remi, jeudi 23 décembre 2021, 13:01

    Avec des si on met Paris dans une bouteille.C'est incompréhensible de la part du premier ministre que pour sauver sa majorité d'ignorer la réalité des faits et se lance dans des 'si's et élucubrations d'une ministre d'une incompétence scandaleuse qui n'hésite pas à ignorer les propres normes que son parti a imposées..La Belgique deviendra une mendiante auprès des voisins européens de subvenir aux besoins belges du point de vue économique et social. Ces voisins seront ils prêts à secourir la Belgique mais à quel prix ? Nous deviendrons le pays le plus pauvre de l'Europe.

  • Posté par Fonder Daniel, jeudi 23 décembre 2021, 12:29

    Clairement, c'est de la resucée avec aucune assurance de plus, des délais irréalistes, aucune assurance sur l'alimentation et sur les prix, aucune assurance de solution, des millions pour des plans annoncés comme l'hydrogène, l'ile énergétique et des SMB en coopération multinationale avec suffisamment de condition et une ministre antinucléaire à la manoeuvre. Autant dire qu'Alexandre a fait le grand Jacques avec des effets de jambe pour sauver sa tête. Mais il n'a sauvé ni sa réputation ni celle de son gouvernement qui vient de faire vivre à la Belgique sa journée la plus noire du siècle.

  • Posté par Tihon Gilles, jeudi 23 décembre 2021, 12:14

    Il n'assure que la sécurité de son gouvernement. Elia peut assurer que ses lignes sont suffisantes pour importer l'électricité, puisque c'est le gestionnaire de réseau haute tension, mais il est incapable d'assurer l'approvisionnement comme on nous le fait croire. Il ne gère pas les décisions des gouvernement français, hollandais, allemands. Ni celles de monsieur Poutine pour les exportations du gaz fossile qui sera nécessaire pour faire fonctionner les centrales au gaz prétendues sans émissions de CO2 par monsieur Nollet.

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