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2022: des actes, du soutien et de la reconnaissance pour une profession infirmière qui en a ras le bol et qui doit s’unir

Malgré quelques décisions positives émanant du politique, il reste beaucoup à faire pour améliorer l’exercice de la profession infirmière qui a été particulièrement sollicitée par les différentes vagues de covid.

Carte blanche - Temps de lecture: 5 min

A l’heure de réaliser le bilan de l’année écoulée et d’envisager 2022, une chose est évidente : l’année 2021 a de nouveau mis à rude épreuve l’ensemble de la profession, tout comme l’entièreté du système de santé !

Que l’on parle de vagues successives, de vaccination et de saturation des structures de soins… tout le système de santé est resté sous pression face à la réalité quotidienne, la morosité ambiante, l’abandon des promesses et l’absence de perspectives positives concrètes.

L’année 2021 aurait dû être l’année de la maturité, après un an de gestion de crise, après une année de pression incessante sur un système déjà à bout. Malheureusement, l’absence de concertation réelle, de décisions fortes, les maladresses et faux pas du monde politique sont restés, de trop nombreuses fois, au rendez-vous. Et ce qui s’apparente à de grandes décisions politiques, des avancées majeures, doit être remis dans son contexte de premier pas et non d’une réforme structurelle, d’une réelle revalorisation tant attendue. Encore dernièrement, l’extension de la pratique de la vaccination à des professionnels non compétents, refusée en masse par les infirmiers, était notre dernier cadeau au pied du sapin ! Au final, rassurons-nous, l’article 18 de cette loi prévoit que : « les responsables du lieu dans lequel les actes sont effectués, s’assurent du statut concernant les assurances en responsabilité et en accident du travail. » Quelle violence… mais rassurons-nous, nous parlons juste de la sécurité du patient et de la responsabilité de la personne qui accepte de réaliser le soin ! #Balancetonvaccinateur

Indépendamment de tout ceci, la profession a fait front et a toujours garanti une continuité des soins au prix de beaucoup de sacrifices amenant aux mêmes constats effarants en termes de détresse émotionnelle et d’intention de quitter la profession.

Quelques signes positifs

Cependant, il ne serait pas correct d’attirer uniquement le regard sur les éléments déficients et je ne citerai comme exemple qu’une partie de la dernière note diffusée par le ministre Vandenbroucke « Que faisons-nous pour soutenir les soins ? »

« … aujourd’hui, nos soignants sont au bout du rouleau. C’est précisément pour cette raison que nous devons tout faire ensemble pour que cette 4e vague soit la plus courte possible, et que les investissements doivent aussi se traduire sur le terrain…

… Une série de mesures de soutien et d’investissements supplémentaires sont nécessaires pour soulager la pression sur nos soignants et leur apporter l’oxygène nécessaire de manière durable. Pour qu’à long terme aussi, le secteur des soins redevienne vraiment attrayant – notamment grâce à de meilleurs salaires – et pour que travailler dans le secteur soit à nouveau un travail faisable… il doit y avoir des perspectives pour tous les membres du personnel soignant. C’est pourquoi ce complément de spécialisation doit s’inscrire dans un ensemble plus large de mesures à court, moyen et long termes – bien entendu dans les limites du cadre budgétaire – que nous devons définir puis élaborer conjointement avec les partenaires sociaux et les acteurs de terrain. »

Signe d’une réelle écoute et d’une volonté d’avancer dans la vision globale d’un plan d’attractivité et de fidélisation, il est important que la profession s’unisse et apporte des réponses concrètes et univoques aux questions posées, car il y a encore énormément de travail et là tout le monde est d’accord.

Quelques souhaits

Alors si nous avions des vœux ou des souhaits à formuler, ils seraient simples :

– A court terme, compenser la pénibilité et augmenter les mesures de soutien afin de mieux répartir la charge de travail.

– Une concertation incontournable de la profession infirmière pour les sujets qui la concernent ainsi qu’une représentation réelle et équilibrée des infirmièr(e)s dans les organes qui la concernent.

– Des normes d’encadrement de qualité pour des soins de qualité dans tous les secteurs des soins infirmiers.

– Une différenciation des fonctions équitable, correctement financée en regard des responsabilités et de l’employabilité de chacun.

– La reconnaissance de la profession infirmière comme métier pénible.

– Une prise en compte urgente de la détresse émotionnelle des soignants et des managers.

– Des moyens de formation (y compris la formation continue) adéquate et de qualité, avec des objectifs précis à court et à moyen terme.

– Des moyens (temps, matériel, salaire, valorisation) pour une pratique de qualité et une qualité de vie au travail, valorisant également les quatre années d’études (niveau master) et spécialisations.

– Un meilleur financement notamment, des soins infirmiers à domicile, de la recherche, la formation, l’éducation des patients, la coordination, et les activités de promotion de la santé.

Une fédération centenaire en mai

L’année 2022 sera également une année spéciale pour la fédération, l’année de ses cent ans. Cent ans d’existence, cent ans de combats pour promouvoir notre art, notre profession. Le 12 mai sera l’occasion de célébrer cela dignement !

Nous terminerons tout simplement en remerciant sincèrement l’ensemble des praticiens de l’art infirmier pour le travail effectué et la détermination au quotidien. Cette détermination représente la pierre angulaire de notre essentialité. Chacun et chacune pourrait en douter après les 21 mois écoulés mais nous devons continuer à y croire. Ne doutez pas et poursuivez comme vous le faites, car, pour reprendre Xavier Dolan, nous pensons que tout est possible pour celui qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais.

Nous vous souhaitons tous nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Stay cool, stay safe & stay optimist

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