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L’Audi RS Q e-tron: une avancée technologique sur le Dakar?

Mardi, Carlos Sainz a signé sa 40e victoire sur le Dakar au volant d’une voiture de la catégorie « motorisations alternatives ». L’Audi e-tron, qui fait référence à la gamme électrique de la marque, est dotée d’un réservoir de 295L qui alimente un moteur thermique.

Analyse - Temps de lecture: 4 min

Quand Audi débarque en compétition, c’est pour innover et… gagner. Dans les années ’80, le constructeur d’Ingolstadt a révolutionné le rallye avec le système Quattro. Jusque-là, les voitures qui se battaient pour la victoire étaient des propulsions. Avec leurs quatre roues motrices, les Audi n’en ont fait qu’une bouchée et instauré, définitivement, le système 4x4 sur tous les bolides de pointe.

Puis Audi s’est intéressé aux 24 Heures du Mans en y faisant gagner un moteur… turbo-diesel. À l’époque, c’était notamment pour conquérir le marché américain avec ce carburant uniquement destiné aux camions. Un argument qui fait sourire aujourd’hui.

La marque aux quatre anneaux qui a fait du Mans sa vitrine préférée (13 victoires à ce jour) fut aussi la première à imposer une voiture hybride dont le moteur électrique servait essentiellement à rouler à vitesse réduite dans l’allée des stands.

Et voilà la firme allemande au Dakar avec des protos qui pourraient sortir de Mad Max ou de la Guerre des Etoiles par leur look et le bruit strident qu’ils émettent au ralenti.

Ces derniers mois, Audi a beaucoup communiqué sur ces voitures électriques pilotées par deux cadors de la discipline (Stéphane Peterhansel et Carlos Sainz) et un pilote maison sans grande expérience (Mattias Ekström).

Elles intriguaient d’autant plus le monde du sport automobile qu’elles n’ont effectué aucun essai grandeur nature avant d’attaquer le bac à sable saoudien.

Tout le monde prédisait qu’elles n’iraient pas loin, victimes de pannes à répétition ou bloquées dans le sable mou en raison de leur poids. 2 tonnes selon la fiche du constructeur, 2,3 tonnes selon certaines sources.

Côté franchissement, les engins allemands ne rencontrent pas de soucis pour l’instant. Il est vrai que les pluies tenaces ont rendu le sable plus lourd, plus porteur. Sur le plan de la fiabilité, Peterhansel collectionne les pépins. En quatre jours, il a dû attendre son camion d’assistance par deux fois en bord de piste. Carlos Sainz, en revanche, évite les gros pépins. Plus fort : mardi, il a décroché sa 40e victoire d’étape sur le Dakar. La 1ère pour ce genre d’engin. Pour Audi, il faut remonter à 1985 avec une Quattro classique et Bernard Darniche au volant.

Cette 1ère place a suscité de nombreux commentaires et relancé la polémique à propos de cet engin.

Beaucoup applaudissent la performance à juste titre. Pour une voiture ‘sortie de nulle part’, c’est impressionnant et laisse augurer qu’elle se battra très vite pour la 1ère place au classement général. Les mêmes insistent sur le côté historique de l’événement : c’est la première fois qu’un véhicule de ce type devance des engins dotés de moteurs thermiques.

D’autres, en revanche, s’insurgent et crient, avec toute la nuance qu’on rencontre désormais sur les réseaux sociaux, à la supercherie. Il est vrai qu’Audi nomme son proton e-tron comme les engins électriques de la gamme alors que le bolide est hybride. Ce qui s’appelle une motorisation TFSI e dans le catalogue. « Cet engin est un non-sens technologique », nous a assuré un technicien qui préfère garder l’anonymat. « En aucun cas, cette Audi ne marque un progrès significatif vers une voiture moins polluante. »

Et d’étayer ses propos par des arguments fort convaincants. « Les protos Audi sont certes équipés de batteries puissantes qui animent deux moteurs issus de la Formula E. Mais elles ne peuvent afficher une autonomie suffisante pour boucler une étape complète. Aussi, les techniciens y ont ajouté le moteur thermique utilisé dans le championnat DTM. Celui-ci est alimenté par un réservoir d’essence de 295 litres. Quand les batteries sont à plat, le moteur thermique les recharge via un générateur. L’aberration vient du fait que si Audi avait utilisé une motorisation classique, la voiture aurait été moins gourmande en essence. Pour moi, il s’agit avant tout d’une formidable opération de communication mais pas d’une révolution. »

On imagine qu’Audi n’en restera pas là. Peut-être que d’ici deux ou trois Dakar, les batteries afficheront assez d’autonomie pour parcourir 800 km dans le sable. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

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