Accueil Monde Europe

Fête à Downing Street pendant le confinement: Boris Jonhson présente ses «excuses»

Accusé d’avoir participé à une fête dans les jardins de Downing Street en plein confinement, le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est expliqué mercredi lors d’une séance de questions devant le Parlement sous extrême tension.

Temps de lecture: 4 min

Acculé, le Premier ministre britannique Boris Johnson a reconnu mercredi devant les députés sa présence à une fête à Downing Street en plein confinement en 2020 et présenté ses « excuses », sans convaincre l’opposition qui demande sa démission.

Dans une chambre des Communes surchauffée, le chef du gouvernement conservateur a soutenu qu’il pensait que l’événement du 20 mai 2020 dans les jardins de sa résidence officielle était une réunion de travail.

A cette époque, en pleine première vague de Covid-19, seules deux personnes étaient autorisées à se retrouver en extérieur et de nombreux Britanniques n’ont pas pu dire adieu à leurs proches mourants, d’où l’ampleur de la colère provoquée par cet événement où auraient été invitées plus de 100 personnes avec comme consigne d’apporter à boire.

Boris Johnson a expliqué qu’il aurait dû estimer que si l’événement pouvait « techniquement » être considéré comme rentrant dans les règles, la perception des Britanniques, empêchés de rencontrer leurs proches, pouvait être tout autre. « Je présente mes excuses du fond du coeur », a-t-il lancé. Il a affirmé prendre la « responsabilité » des « erreurs » qui ont été commises.

Accusant Boris Johnson de « mentir comme un arracheur de dents », le chef de l’opposition travailliste Keir Starmer a jugé la défense du Premier ministre « tellement ridicule » qu’elle en est « insultante » pour les Britanniques. « Aura-t-il maintenant la décence de démissionner ? » a-t-il lancé.

Les indépendantistes écossais du SNP et les libéraux-démocrates ont également demandé son départ. Sur ce point, Boris Johnson a renvoyé à l’enquête interne menée par la haute-fonctionnaire Sue Gray.

Deux ans après sa victoire électorale historique, Boris Johnson a vu sa popularité, longtemps inoxydable, chuter ces derniers mois.

Confronté à une série de révélations en fin d’année dernière sur des fêtes organisées dans les cercles du pouvoir au mépris des règles sanitaires pour lutter contre le coronavirus en 2020, il a vu ces derniers jours les accusations se resserrer.

La chaîne ITV a révélé lundi soir l’existence d’un mail envoyé à une centaine de personnes par le secrétaire en chef du Premier ministre, Martin Reynolds, le 20 mai 2020. « Apportez vos bouteilles », lançait l’invitation qui appelait à « profiter du beau temps » lors d’un pot « avec distanciation sociale » dans les jardins de la résidence du Premier ministre.

Une trentaine ou quarantaine de personnes avaient répondu à l’invitation, selon la presse, dont le chef du gouvernement et sa fiancée Carrie qu’il a épousée peu après.

La colère gronde de plus en plus fort dans les rangs du parti conservateur au pouvoir, le chef de file du parti en Ecosse, Douglas Ross, réclamant une démission s’il s’avère que Boris Johnson a enfreint les règles. Selon les médias, certains estiment que la question n’est plus de savoir si Boris Johnson va devoir quitter le pouvoir, mais quand.

« Johnson perd le soutien des Tories », titre mercredi le conservateur Daily Telegraph, tandis le populaire Daily Mail se demande si « la fête est finie pour le Premier ministre ».

Outre les fêtes, sa réputation a été ternie par des soupçons de mensonge sur le financement de la luxueuse rénovation de son appartement de fonction, d’attribution de contrats entre amis durant la pandémie ou encore d’accusations de favoritisme.

S’il continue de refuser de partir, un vote de défiance au sein du parti, nécessitant 54 lettres pour être déclenché, suffirait à le renverser. Peu probable dans l’immédiat, cette option n’est cependant plus taboue chez les conservateurs, peu enclins à s’embarrasser de dirigeants dans la tourmente et qui pourraient lui préférer le ministre des Finances Rishi Sunak ou la cheffe de la diplomatie Liz Truss.

Si cette crise autour du respect des règles apparaît comme la plus grave Pour Boris Johnson, elle est loin d’être la première.

Il a déjà été confronté aux tempêtes provoquées par le déplacement à travers l’Angleterre en plein confinement de son ex-conseiller Dominic Cummings et son ex-ministre de la Santé Matt Hancock avait dû démissionner après avoir été filmé embrassant une collaboratrice, au mépris des règles anti-covid.

Les fêtes illégales qui plongent Boris Johnson dans l’embarras

Fête de Noël, pot de départ, vin et fromage au soleil,... Le gouvernement de Boris Johnson et les cercles du pouvoir sont pointés du doigt pour une dizaine de fêtes organisées en pleine pandémie quand les Britanniques devaient drastiquement réduire leurs contacts.

Temps de lecture: 3 min

— 15 mai 2020

Une photo publiée dans la presse montre le Premier ministre, sa femme Carrie (alors sa fiancée) et des collaborateurs partageant planches de fromages et verres de vin dans le jardin de Downing Street. Alors que de tels moments de sociabilité étaient proscrits durant le premier confinement, Boris Johnson a évoqué «des gens au travail, parlant de travail».

— 20 mai 2020

Une centaine de personnes sont invitées, dans un mail envoyé par le secrétaire particulier en chef de Boris Johnson, Martin Reynolds, à venir «profiter du beau temps» pour un pot «avec distanciation sociale» dans les jardins de la résidence du Premier ministre. Les Britanniques ne pouvaient alors légalement rencontrer qu’une personne à l’extérieur, dans un lieu public. Une quarantaine de personnes y auraient finalement participé, dont Boris Johnson et Carrie. Le dirigeant n’a pas fait de commentaire.

— 13 novembre 2020

Les médias font état d’une fête avec des collaborateurs dans l’appartement de fonction de Boris Johnson. Le dirigeant assure que «les règles ont tout le temps été respectées». Un deuxième confinement était alors en cours au Royaume-Uni.

— 27 novembre 2020

Un pot de départ aurait été organisé pour une collaboratrice du 10 Downing Street, durant lequel M. Johnson aurait fait un discours malgré le confinement. Une cinquantaine se seraient trouvées massées dans une pièce.

— 10 décembre 2020

Le ministère de l’Education a confirmé la tenue d’une fête où une vingtaine de personnes s’étaient retrouvées le 10 décembre autour de quelques «verres et canapés». Après le confinement, des restrictions étaient alors en vigueur à Londres qui interdisaient à différents foyers de se rencontrer à l’intérieur.

— 14 décembre 2020

Après la publication d’une photo dans la presse, le Parti conservateur a reconnu une fête non autorisée à son quartier général londonien, organisée par l’équipe du candidat d’alors à la mairie de Londres, Shaun Bailey. Ce dernier a depuis démissionné de la présidence du comité police et crime de l’assemblée de la capitale britannique.

— 15 décembre 2020

Le Sunday Mirror publie une photo du Premier ministre, flanqué de deux collaborateurs, participant à un quiz en ligne. Downing Street a admis que le dirigeant avait «brièvement» participé à l’événement, soulignant qu’il était virtuel.

— 16 décembre 2020

Le ministère des Transports a présenté des excuses pour une fête de Noël «inappropriée» organisée dans ses locaux.

— 18 décembre 2020

Une conseillère de Boris Johnson a démissionné après avoir plaisanté, dans une vidéo devenue virale, sur une fête qui aurait réunit une quarantaine de personnes ce jour-là à Downing Street. Se disant «furieux», le Premier ministre a affirmé qu’il lui avait «été assuré à plusieurs reprises» depuis le début de l’affaire qu’«il n’y avait pas eu de fête» et qu’«aucune règle» n’avait été enfreinte.

— D’autres infractions aux règles anti-Covid

Ancien influent conseiller de Boris Johnson et cerveau de la campagne victorieuse pour le Brexit, Dominic Cummings avait reconnu au printemps 2020 avoir contrevenu aux règles anti-Covid en effectuant des déplacements avec sa famille en plein confinement, ce qui était interdit. En juin dernier, le ministre de la Santé Matt Hancock avait démissionné pour avoir enfreint les règles sanitaires en entretenant une liaison avec une conseillère.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

2 Commentaires

  • Posté par DENAUW JEAN-LUC, mercredi 12 janvier 2022, 17:52

    Muté comme Premier ministre sur l'île de Pitcairn.

  • Posté par ADAM Jean-Victor, mercredi 12 janvier 2022, 14:53

    Boris mérite une fessée en public ...

Aussi en Europe

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs