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Carte blanche de Sammy Mahdi, secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration : «Il faut qu’on se parle»

Le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration s’exprime dans une carte blanche, après l’annonce de sa décision de retirer le titre de séjour de l’imam de la plus grande mosquée du pays.

Temps de lecture: 3 min

C’est la toute première fois que j’écris une carte blanche en français en tant que Secrétaire d’Etat. Généralement j’arrive à atteindre un public large sur les réseaux sociaux avec la traduction automatique, mais aujourd’hui je me dois de m’adresser à un public bien spécifique.

Avec la décision d’expulsion d’un imam sur base d’éléments de nos services de sécurité qui comportent le radicalisme et l’ingérence, je pense avoir fait le nécessaire. Ou plutôt, je sais que j’ai fait ce qui est juste et nécessaire. Et je vous remercie, ceux et celles, nombreux à m’avoir envoyé des messages de soutien. Venant de personnes de toutes les origines et toutes les confessions. Très souvent aussi venant de personnes qui ont la confession musulmane et qui eux aussi, sont exaspérées par une minorité qui prêche un message qui est loin de leur confession basée sur l’amour et non la haine.

Et pourtant aujourd’hui, des messages privés remplis d’insultes et d’intolérances m’ont été adressés. Il y a les créatifs, qui me traitent de Bounty (blanc à l’intérieur et noire à l’extérieur), pendant que moi je pensais qu’au final on était surtout tous les mêmes à l’intérieur. Le même sang, à une lettre et un + ou – de près. Humain. Peu importe la couleur de peau.

Il y a ceux qui se sentent trahis et me traitent de traître. J’essaie parfois de comprendre, même si j’avoue que c’est compliqué. Est-ce que certains auraient voulu que je nie les rapports des services de sécurité ? Parce que la personne concernée vient d’ailleurs et mes racines vont jusqu’à Bagdad ? Ou parce que j’ai un père musulman, qui m’a toujours appris à ne pas juger sur base de la confession ou la couleur de peau de l’homme mais sur base de ses actes ? En tout cas, le communautarisme, ce n’est pas ma tasse de thé. L’Ali de service, faudra le chercher ailleurs.

Il y a les politologues qui pensent qu’il faut être d’extrême droite pour combattre d’autres extrêmes. J’ai toujours combattu tous les extrêmes, qu’ils soient d’extrême droite, d’extrême gauche ou religieux. Le même combat, toujours aussi acharné.

Et il y a les très impolis. Ceux qui ne méritent pas d’être cités, mais qui me touchent quand même. Et qui me font questionner leur croyance. Certes, je suis loin d’être prêtre ou imam, mais j’ai toujours pensé que ceux qui croient en l’au-delà, le font avec l’amour pour l’Autre, et non avec l’espoir que du malheur lui arrive.

Enfin mon combat politique pour un monde meilleur ne s’arrêtera pas pour autant. Au contraire. J’ai moi-même grandi à Bruxelles. J’ai assez vu ce qui est beau et ce qui y est pourri. Et pour ces gamins et gamines qui jouent et grandissent dans nos rues, je ferai tout pour améliorer leurs conditions de vie. Un monde sans radicalisme, avec des religieux qui ne proposent pas de brûler des juifs. Des imams qui – après avoir vécu ici pendant presque 40 ans – parlent une des langues de notre pays après et avant tout la langue de l’amour et non de la haine. J’espère que ce n’est pas trop demander ?

À lire aussi sammy-mahdi-emu-par-les-insultes-defend-lexpulsion-de-limam-toujgani (3)

Carte blanche de Sammy Mahdi, secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration : «Il faut qu’on se parle»

Le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration s’exprime dans une carte blanche, après l’annonce de sa décision de retirer le titre de séjour de l’imam de la plus grande mosquée du pays.

Temps de lecture: 3 min

C’est la toute première fois que j’écris une carte blanche en français en tant que Secrétaire d’Etat. Généralement j’arrive à atteindre un public large sur les réseaux sociaux avec la traduction automatique, mais aujourd’hui je me dois de m’adresser à un public bien spécifique.

Avec la décision d’expulsion d’un imam sur base d’éléments de nos services de sécurité qui comportent le radicalisme et l’ingérence, je pense avoir fait le nécessaire. Ou plutôt, je sais que j’ai fait ce qui est juste et nécessaire. Et je vous remercie, ceux et celles, nombreux à m’avoir envoyé des messages de soutien. Venant de personnes de toutes les origines et toutes les confessions. Très souvent aussi venant de personnes qui ont la confession musulmane et qui eux aussi, sont exaspérées par une minorité qui prêche un message qui est loin de leur confession basée sur l’amour et non la haine.

Et pourtant aujourd’hui, des messages privés remplis d’insultes et d’intolérances m’ont été adressés. Il y a les créatifs, qui me traitent de Bounty (blanc à l’intérieur et noire à l’extérieur), pendant que moi je pensais qu’au final on était surtout tous les mêmes à l’intérieur. Le même sang, à une lettre et un + ou – de près. Humain. Peu importe la couleur de peau.

Il y a ceux qui se sentent trahis et me traitent de traître. J’essaie parfois de comprendre, même si j’avoue que c’est compliqué. Est-ce que certains auraient voulu que je nie les rapports des services de sécurité ? Parce que la personne concernée vient d’ailleurs et mes racines vont jusqu’à Bagdad ? Ou parce que j’ai un père musulman, qui m’a toujours appris à ne pas juger sur base de la confession ou la couleur de peau de l’homme mais sur base de ses actes ? En tout cas, le communautarisme, ce n’est pas ma tasse de thé. L’Ali de service, faudra le chercher ailleurs.

Il y a les politologues qui pensent qu’il faut être d’extrême droite pour combattre d’autres extrêmes. J’ai toujours combattu tous les extrêmes, qu’ils soient d’extrême droite, d’extrême gauche ou religieux. Le même combat, toujours aussi acharné.

Et il y a les très impolis. Ceux qui ne méritent pas d’être cités, mais qui me touchent quand même. Et qui me font questionner leur croyance. Certes, je suis loin d’être prêtre ou imam, mais j’ai toujours pensé que ceux qui croient en l’au-delà, le font avec l’amour pour l’Autre, et non avec l’espoir que du malheur lui arrive.

Enfin mon combat politique pour un monde meilleur ne s’arrêtera pas pour autant. Au contraire. J’ai moi-même grandi à Bruxelles. J’ai assez vu ce qui est beau et ce qui y est pourri. Et pour ces gamins et gamines qui jouent et grandissent dans nos rues, je ferai tout pour améliorer leurs conditions de vie. Un monde sans radicalisme, avec des religieux qui ne proposent pas de brûler des juifs. Des imams qui – après avoir vécu ici pendant presque 40 ans – parlent une des langues de notre pays après et avant tout la langue de l’amour et non de la haine. J’espère que ce n’est pas trop demander ?

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