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Tensions, sommets, troupes… le mode d’emploi pour comprendre la crise ukrainienne

Alors que la tension est à son comble entre Occidentaux et Russes et que Joe Biden rencontre dans la soirée les dirigeants européens, retour sur la chronologie de cette crise.

Temps de lecture: 6 min

Les tensions se sont accrues ces derniers mois autour de l’Ukraine, que les Occidentaux estiment être sous la menace d’une possible invasion russe.

Kiev et Moscou sont à couteaux tirés depuis l’annexion par la Russie en 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée, suivie d’une guerre dans l’Est de l’Ukraine avec des séparatistes prorusses (plus de 13.000 morts) dont le Kremlin est considéré, malgré ses dénégations, comme le parrain militaire.

Mouvements de troupes

Le 10 novembre 2021, Washington demande des explications à la Russie sur des mouvements de troupes « inhabituels » à la frontière ukrainienne. En avril, Moscou avait déjà massé environ 100.000 militaires à la frontière, nourrissant de premières craintes d’invasion.

Le président russe Vladimir Poutine accuse lui les Occidentaux d’exacerber les tensions « en livrant des armes modernes à Kiev et en menant des exercices militaires provocants » en mer Noire et près de la frontière.

Crainte d’une offensive

Le 28 novembre, l’Ukraine assure que la Russie a massé près de 92.000 soldats à ses frontières, pour une offensive fin janvier ou début février. Les autorités russes nient cette intention, accusant l’Ukraine de masser des troupes dans l’Est du pays.

Sommet Biden-Poutine

Le 7 décembre, le président américain Joe Biden menace Vladimir Poutine de « fortes sanctions » économiques en cas d’invasion de l’Ukraine, lors d’un sommet virtuel bilatéral. Le président russe exige des « garanties juridiques sûres » empêchant l’Ukraine de rejoindre l’Otan.

Le 17, Moscou dévoile deux projets de traités prévoyant de bannir tout élargissement de l’Otan et l’établissement de bases militaires américaines dans les pays de l’ex-espace soviétique. Washington se dit prêt à « engager un dialogue diplomatique » avec Poutine mais juge « inacceptables » certaines de ses exigences.

Le 28, Moscou et Washington conviennent de pourparlers sur la sécurité en Europe.

Semaine diplomatique

Le 10 janvier 2022, Russes et Américains engagent des négociations tendues à Genève, première étape d’une séquence diplomatique.

Le 12, l’Otan et la Russie constatent leurs profondes « divergences » sur la sécurité en Europe, lors d’un conseil Otan-Russie à Bruxelles.

Cyberattaque massive en Ukraine

Le 14, plusieurs sites gouvernementaux ukrainiens sont ciblés par une cyberattaque massive. Les autorités ukrainiennes mettent en cause la Russie. Le même jour, Washington accuse Moscou d’avoir dépêché en Ukraine des agents chargés de mener des opérations de « sabotage » afin de créer un « prétexte » pour une invasion, des affirmations « gratuites » selon le Kremlin.

Troupes russes en Biélorussie

Le 18, Moscou commence à déployer des soldats en Biélorussie pour des exercices « impromptus » de préparation au combat aux frontières de l’UE et de l’Ukraine. Washington s’inquiète du possible déploiement d’armes nucléaires russes chez cet allié, et estime que Moscou peut attaquer l’Ukraine « à tout moment ».

Blinken en Ukraine

Le 19, Antony Blinken appelle Vladimir Poutine à choisir la « voie pacifique » lors d’une visite de soutien en Ukraine, début d’une tournée européenne. Washington débloque 200 millions de dollars supplémentaires d’aide sécuritaire au pays. Kiev assure ne prévoir aucune offensive contre les séparatistes pro-russes.

Biden s’attend à une « incursion »

Le 19 toujours, Joe Biden évoque la possibilité d’une « incursion mineure » de la Russie en Ukraine. La Maison Blanche clarifie ensuite ces propos, promettant « une réponse rapide, sévère et unie » des Etats-Unis et leurs alliés en cas de franchissement de la frontière de l’Ukraine par des forces militaires russes. Le 20, les Etats-Unis approuvent les demandes des pays baltes d’expédier des armes américaines à l’Ukraine.

Face-à-face Lavrov-Blinken

Le 21, Russes et Américains prennent rendez-vous « la semaine prochaine », après des pourparlers sur la crise russo-occidentale autour de l’Ukraine. Si le ton a été « franc et substantiel », selon Anthony Blinken, il a aussi dénoté une certaine détente, après des semaines d’escalade verbale.

Sergueï Lavrov a relevé que lui et le secrétaire d’Etat américain étaient « d’accord qu’un dialogue raisonnable (était) nécessaire » pour que « l’émotion retombe », après un peu moins de deux heures de discussions.

Le ministère russe des Affaires étrangères a toutefois assuré ensuite que si les Occidentaux continuaient d’ignorer ses « préoccupations légitimes » quant au renforcement de l’Otan en Ukraine et en Europe orientale, cela aura « les conséquences les plus graves ». « Cela peut être évité si Washington réagit positivement à nos projets d’accords sur les garanties de sécurité », a indiqué le ministère russe.

Londres accuse Moscou de « chercher à installer un dirigeant prorusse à Kiev »

Le 22, le Royaume-Uni accuse la Russie de « chercher à installer un dirigeant prorusse à Kiev » et d’« envisager » d’« occuper » l’Ukraine.

Dans un communiqué abrasif, la cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss a dénoncé « l’ampleur de l’activité russe visant à ébranler l’Ukraine ». « Selon nos informations, le gouvernement russe cherche à installer un dirigeant prorusse à Kiev, tandis qu’il envisage d’envahir et d’occuper l’Ukraine », ajoute-t-elle.

Le ministère des Affaires étrangères affirme que « l’ex-député ukrainien Ievgeniï Mouraïev est considéré comme un candidat potentiel », mais il n’est pas le seul : les services de renseignement russes entretiennent « des liens avec de nombreux anciens hommes politiques ukrainiens ».

Ce scénario selon lequel la Russie pourrait s’emparer de son voisin a à cet égard été qualifié d’« ineptie » par le chef de la Marine allemande, le vice-amiral Kay-Achim Schönbach. Des commentaires qui lui ont valu l’annonce par le ministère allemand de la Défense, dans la soirée, de sa démission.

Washington dramatise, l’Otan renforce ses défenses, Moscou dénonce une hystérie

Ce lundi 22, les Etats-Unis ont dramatisé la situation en Ukraine avec l’annonce d’une invasion russe « à tout moment » et l’Otan a décidé un renforcement de ses défenses à l’Est, dénoncé par Moscou comme une volonté d’« exacerber les tensions » avec des informations « hystériques ».

Surpris par les déclarations américaines, les pays de l’UE ont demandé des explications au secrétaire d’Etat américain Antony Blinken pendant un entretien en visioconférence avec ses homologues. L’Union européenne, par l’intermédiaire de Josep Borrell, a appelé en début de soirée à « éviter les crises de nerfs ». « Nous savons très bien quel est le degré des menaces et la façon dont il faut réagir. Il faut éviter de jouer avec nos nerfs et les réactions alarmistes qui ont même des conséquences financières », a averti le chef de la diplomatie européenne.

Dans ce climat tendu, l’Otan a annoncé placer des forces en attente et envoyer des navires et des avions de combat pour renforcer ses défenses en Europe de l’Est. L’Alliance dispose d’une force de réaction rapide de 40.000 soldats actuellement sous commandement français. « Les tensions sont exacerbées par les annonces et les actions concrètes des États-Unis et l’Otan », a quant à lui déploré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, dénonçant « une hystérie » en Europe sur une supposée invasion russe imminente de l’Ukraine.

Il a toutefois jugé « très élevé » le risque d’une offensive des troupes ukrainiennes contre les séparatistes prorusses.

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2 Commentaires

  • Posté par vlad noonza, mardi 22 février 2022, 19:27

    Récemment j'ai cherché les règles actuelles de franchissement de la frontière de l'Ukraine, trouvé le site https://welcomeukraine.today/fr, répondu rapidement à toutes mes questions, je recommande

  • Posté par Courtial Sosthène, mardi 25 janvier 2022, 14:06

    On oublie trop vite la violation du Mémorandum de Budapest par la Russie à la suite de son annexion de la Crimée et de son soutien au conflit du Donbass. « Why care about Ukraine and the Budapest Memorandum » https://www.brookings.edu/blog/order-from-chaos/2019/12/05/why-care-about-ukraine-and-the-budapest-memorandum/

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